Bulletin 2022 N°3 (Juillet – Septembre)

SOMMAIRE DU BULLETIN
Jean-Michel Mazin – Le site à ichnites de Crayssac (Lot) – Tithonien inférieur, Jurassique225
Anaïs Charrier – L’ancienne église paroissiale Saint-Laurent à Cahors 245
Jacques Carral – Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, citoyen251
Hubert Delpont – Le refus de l’impôt des 45 centimes dans le Lot La récurrence des soulèvements en Bouriane et des prises de Gourdoin 265
Gilbert Piécourt – La toise du Pérou, le pied du roi et les mesures agraires en Bas-Quercy avant la Révolution275
Patrice Foissac – Sortie du jeudi 4 août à Puy-L’Évêque .292
150e anniversaire de la SEL. 1872-2022300

Extraits


LE SITE À ICHNITES DE CRAYSSAC (LOT) TITHONIEN INFÉRIEUR, JURASSIQUE SUPÉRIEUR (-150 MA) Jean-Michel Mazin

J’ai été invité à parler du site à ichnites de Crayssac dans le Bulletin de la Société des études du Lot. J’en suis ravi. Et même flatté. Les sociétés savantes, comme on les appelle depuis longtemps, jouent un rôle primordial dans la conservation et la transmission de la connaissance locale et régionale, là où peu de revues s’aventurent, même les plus puissantes et prestigieuses. Si je ne me trompe pas, plus de 500 de ces sociétés savantes sont aujourd’hui détentrices et actrices des connaissances et des savoirs locaux en France. Et, comme toutes ou presque disposent de leur bulletin, c’est un très grand nombre de pages qui sont offertes aux communautés d’historiens, d’artistes, de scientifiques et potentiellement à tous.
Cet article est donc l’occasion de compléter et de transmettre la connaissance concernant ce gisement paléontologique hors du commun, intitulé « le site à ichnites de Crayssac ».


L’ANCIENNE ÉGLISE PAROISSIALE SAINT-LAURENT À CAHORSAnaïs Charrier

En 2021, la vente de la maison d’habitation installée dans la partie est de l’ancienne église SaintLaurent (parcelle CH 764), et le suivi archéologique des travaux d’aménagement qui lui ont succédé, ont été l’occasion de faire un point sur les connaissances que nous avions sur cet édifice.
Située dans les quartiers sud de la ville, au cœur des Badernes, l’église Saint-Laurent donne sur la Grand-Rue médiévale, aujourd’hui rue Nationale.
Cette paroisse existait encore au moment de la Révolution et fut supprimée par un décret de l’Assemblée nationale en date du 10 novembre 1790 réduisant à trois (cathédrale, Saint-Barthélemy, Saint-Géry) les neuf paroisses existantes de la ville de Cahors.
Ce décret succédait à une décision du Directoire du département du Lot daté du 31 octobre 1790 et à un inventaire complet des objets existants dans l’église le 2 novembre 1790


JEAN-JACQUES LEFRANC DE POMPIGNAN, CITOYEN – Jacques Carral

La pensée politique de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est à découvrir. Cet auteur, né en 1709 à Montauban et mort à Pompignan en 1784, n’est pas, comme ont voulu le soutenir certains, le simple porte-parole d’une « caste », celle de la petite noblesse provinciale qui fonde sa légitimité sur l’ordre, la religion et la propriété foncière.
Dans le domaine des lettres comme dans celui du droit, Lefranc [il se nommait ainsi quand il était jeune] est un génie précoce. Entre quinze et dix-sept ans, il découvre les auteurs de l’antiquité gréco-latine et les textes sacrés grâce à l’enseignement dispensé par les Jésuites du collège Louis-le-Grand, puis les fondements de la science juridique au cours de la formation qu’il reçoit durant trois ans à l’École de droit de l’université de Paris. Il est âgé d’à peine vingt ans quand il devient avocat général à la Cour des aides de Montauban. Sa pensée politique va se construire progressivement tout au long de son existence, pendant presque un demi-siècle, alors que le royaume de France, sous le règne de Louis XV, puis de Louis XVI, connaît de profonds bouleversements.
Quelles sont ses idées ? Sont-elles cohérentes au point de former une « doctrine idéologique »? Conservateur ? Libéral ? Progressiste ? Comment le qualifier si l’on se réfère aux différentes nuances de notre échiquier politique ?


LE REFUS DE L’IMPÔT DES 45 CENTIMES DANS LE LOT
La récurrence des soulèvements en Bouriane et des prises de Gourdon – Hubert Delpont

Le refus de l’impôt des 45 centimes dans le Lot
Le département du Lot est connu pour avoir été celui où l’opposition à l’impôt des 45 centimes, créé le 16 mars 1848 pour faire face aux difficultés de trésorerie du gouvernement provisoire issu de la Révolution de 1848, fut la plus forte.
. Curieusement, le Bulletin de la Société des études du Lot garde peu de traces de cette opposition: dans la suite d’articles « Le Lot sous la Seconde République » que le chanoine Eugène Sol publia dans notre bulletin entre 1948 et 1952, on ne trouve qu’une allusion très fugitive à cette opposition, lorsqu’il cite la lettre d’un citoyen de Saint-Germain-du-Bel-Air qui évoque des
troubles dans sa commune, de même qu’à Peyrilles où un mai portant l’écriteau « défense de payer les 45 centimes » fut dressé, et à Uzech où un citoyen ayant acquitté l’impôt fut molesté . Plus récemment, dans « Les maires et les villages quercynois de 1800 à 1848 », Françoise Auricoste a signalé la participation à l’agitation antifiscale du maire de Nozac et de l’adjoint de Cahus
.

LA TOISE DU PÉROU, LE PIED DU ROI ET LES MESURES AGRAIRES EN BAS-QUERCY AVANT LA RÉVOLUTION – Gilbert Piécourt

Ce sont les recherches menées par les astronomes de l’Académie, missionnés par Louis XIV pour réaliser une carte de France de bonne qualité, qui vont conduire à définir, dès 1669, des unités de longueur plus précises.
En 1669 et 1670, sous la conduite de Picard et grâce aux instruments qu’il met au point, les dimensions de la terre sont connues (avec la précision de ce temps). Pour ces mesures, il a utilisé la même toise de référence et constate que les unités de longueur n’étaient pas uniformes d’une zone à une autre du pays. Il propose pour unifier les références de définir l’unité de longueur à partir de celle du pendule simple battant la seconde.
Quelques décennies plus tard, deux expéditions, se dirigeant l’une vers l’équateur terrestre au Pérou (La Condamine, Bouguer) et l’autre vers la Laponie (Maupertuis, Clairault), confirment l’aplatissement de la terre aux pôles et conduisent, en 1739-1740, à une vérification, par Cassini, de la mesure de la Méridienne de France.
Une autre expédition scientifique, conduite par Lacaille, qui durera de 1750 à 1754, se rend en Afrique du Sud, à La Réunion et à l’Île Maurice ; elle rapporte un catalogue sur les positions de 10000 étoiles, références pour les astronomes.


SORTIE DU JEUDI 4 AOÜT A PUY-L’ÉVEQUE – Patrice Foissac

Le CA de la Société avait souhaité que la traditionnelle sortie d’été ait lieu cette année à Puy-L’Évêque que nous n’avions pas visité depuis fort longtemps.
Malheureusement, la canicule de ce début août a quelque peu réduit les effectifs des sociétaires, d’habitude fort nombreux à y participer en cette période de vacances et de regroupement familial. Nous n’étions donc qu’une quinzaine à avoir bravé la chaleur de cet après-midi d’été mais, grâce à l’énergie de Madame
Marie-Paule Baudienville, notre sociétaire et propriétaire du palais de l’Ychairie, qui avait sollicité ses nombreux amis, nous avons pu profiter d’un excellent programme de visites qui n’a laissé aucun regret aux participants
Le rendez-vous était fixé devant l’Hôtel de ville, sur la place-esplanade qui offre une vue imprenable sur la vallée du Lot jusqu’aux portes de l’Agenais. C’est là que notre sociétaire Pierre Foissac, guide-conférencier habitué des lieux, nous retrace l’histoire du castrum médiéval et de ses environs. Bien entendu, il s’appuie sur deux ouvrages incontournables: Puy-l’Évêque au Moyen Âge. Le castrum et la châtellenie (XIIIe -XVe siècles), de Jean Lartigaut (1991) et Puy-L’Évêque. Découverte et mémoire de mon village, de Jacques Mayssal (2010) qui propose le « plan de visite » adopté par notre guide

150 e ANNIVERSAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT 1872 – 2022