Les sorties de la Société

SORTIE D'ÉTÉ DU 1er AOÛT 2019

 

 

Nous avions décidé, en prolongement de la communication de notre sociétaire Sylvie Marroux lors de la séance de décembre 2018, de consacrer la sortie d’été à la visite in situ du retable de l’église de Villesèque mais aussi de profiter des larges connaissances de notre guide en matière de patrimoine rural sur la commune, notamment par les remarquables maisons de Trébaïx.

Ce fut donc chose faite et, en dépit d’une arrivée fort arrosée, cette demi-journée devait s’achever sous un beau soleil retrouvé, sans heureusement revenir aux températures caniculaires du mois de juillet.

Nous ne nous attarderons pas sur le retable lui-même, abondamment décrit et illustré dans l’article de la dernière édition 2018 de notre BSEL, même si Sylvie Marroux nous en a fait sur place une nouvelle description érudite. M. le Maire, qui nous a fait l’honneur de nous accueillir, a opportunément rappelé dans son discours de bienvenue qu’on pouvait vivre dans une petite commune tout en bénéficiant, grâce à la solidarité de ses habitants, de services efficaces tout en jouissant d’un patrimoine préservé. À ce titre, la Municipalité et l’association de sauvegarde du patrimoine de la commune ont eu l’excellente idée de présenter autour de l’église une exposition permanente, sous forme de panneaux illustrés de dessins et photographies, ce qu’on a coutume d’appeler le « petit patrimoine rural ». Heureuse initiative que cette présentation pédagogique qui nous a permis, avant de l’admirer sur place, d’embrasser et de mieux comprendre l’architecture rurale du XIXe siècle, à la fois dans ses aspects techniques mais aussi dans le contexte économique qui l’éclaire, celui de l’apogée des campagnes. L’architecture rurale de la commune est marquée par l’œuvre des Compagnons du Tour de France dont notre guide, de panneau en panneau, nous retrace brièvement l’histoire ainsi que celle des maîtres maçons locaux.

La seconde étape de notre parcours a eu pour cadre Trébaïx, relevant autrefois avec Carnac de la commanderie templière de Lacapelle-Livron et paroisse indépendante, pour découvrir une première maison avec l’aimable autorisation de ses propriétaires, M. et Mme Foissac, que nous remercions de leur hospitalité. Cette belle demeure de laboureurs, souvent photographiée, s’ouvre en façade sur une galerie longitudinale à six piliers monolithes et escalier central surmonté d’un pigeonnier. Les piliers qui encadrent l’escalier portent la date de construction, 1865, le nom du maître maçon, Gras, et ses marques protectrices (crucifix et roue solaire ou « croix basque » avec en son centre l’étoile à cinq branches pointe en bas). La propre maison de Jean-Pierre Gras, compagnon, se situe une centaine de mètres plus loin, réalisation bien plus modeste dans ses dimensions mais de très grande qualité avec, elle aussi, sa galerie à piliers monolithes aux arêtes élégies et à escalier central. Cette maison rurale-témoin (on nous pardonnera l’anachronisme de l’expression) possède tous les aménagements et annexes nécessaires : étables, four, puits dont Sylvie Marroux nous rappelle au passage l’association traditionnelle avec le cyprès.

À quelque distance de la « tour de Trébaïx », propriété privée hélas non visitable, notre guide retrace un rapide historique de la présence templière puis hospitalière attestée à partir de 1290. Il reste de cette présence une tour barlongue des dernières années du XIIIe siècle ou du début du siècle suivant, amputée de son logis mais ayant conservé sa chapelle voûtée d’ogives.

La visite de Trébaïx s’achève par l’église du lieu, isolée sur une butte à quelque distance de la tour. Ce bel édifice, accolé à son presbytère (propriété privée), est une réalisation de la fin du XVe ou tout début du XVIe siècle, comme on le sait période d’intense reconstruction en Quercy. Elle est voûtée d’ogives mais sans doute bien postérieurement à la construction médiévale (1749). Aux clés de voûte ou au sommet des arcs ouvrant sur les deux chapelles latérales, on découvre la croix de Malte des hospitaliers, successeurs des templiers à Trébaïx, ainsi que des sculptures naïves et colorées de personnages encadrant l’agneau ou le monogramme du Christ. L'ensemble reste particulièrement harmonieux dans ses proportions et la restauration récente redonne beaucoup de séduction à l’édifice.

Nous remercions bien évidemment Sylvie Marroux, notre guide, Jean-Marie Oustry, maire de Villesèque, ainsi que l’ensemble des habitants qui nous ont facilité les visites d’un patrimoine préservé et superbement mis en valeur. Nous espérons également que ce bref compte-rendu encouragera nos adhérents et lecteurs à prévoir une halte à Villesèque et Trébaïx, ne serait-ce que pour visiter l’exposition permanente de l’enclos de l’église (les bâtiments sont fermés pour d’évidentes raisons de sécurité).

   

Le petit patrimoine rural : parcours pédagogique sur le parvis de l’église de Villesèque (photo SEL)

  

Patrice Foissac

 

SORTIE DE PRINTEMPS DU 19 MAI 2019

 

Le programme de notre sortie de printemps, journée « foraine » selon l’usage, nous ramène, une fois encore, dans le très riche Périgord pour plusieurs visites : le site de Commarque en matinée, le château de Losse et Montignac l’après-midi.

Commarque, commune des Eyzies, abusivement connu sous l’étiquette de « château de Commarque », présente en fait un ensemble castral médiéval ayant abrité plusieurs familles nobles donc plusieurs « châteaux » et, très certainement, un véritable village.

Le site est difficile d’accès, à la fois par la route et, sur place, par le cheminement de la visite qui débute par les plus bas niveaux pour se terminer en haut du donjon du château des Beynac qui domine l’ensemble. Mais il y a une logique à cette escalade puisque l’occupation du site – une vallée portant deux axes commerciaux importants, ceux de Cahors à Périgueux (notre excellent guide, archéologue, nous signale d’ailleurs y avoir trouvé des deniers cahorsins) et de Brive à Bergerac – est préhistorique. Des fouilles sont d’ailleurs encore en cours pour dégager des alluvions le réseau des abris sous roche et cavernes des falaises bordant le ruisseau de La Beune.

La visite commence donc par le « fort troglodyte », en léger surplomb du fond de vallée, où notre guide donne l’explication générale du site ainsi que son historique. Propriété privée, l’ensemble, après un très long abandon, a été racheté en 1968 par un descendant de la famille éponyme, Hubert de Commarque. Le site est alors non seulement réduit à l’état de ruines mais, envahi par une abondante végétation, il ne laisse apparaître que les ensembles les plus imposants, notamment le donjon des Beynac. C’est dire l’ampleur des travaux de dégagement entrepris depuis 1994 et accompagnés des indispensables recherches archéologiques qui ne permettent encore qu’une vue partielle du castrum. L’exploitation commerciale du site à travers des expositions, reconstitutions, animations et autres activités a donc pour but de financer la restauration et les explorations archéologiques.

Le parcours, essentiellement médiéval, permet de reconsidérer, nous le disions, la dénomination de « château » pour lui préférer le terme de castrum, familier à nos adhérents, le Quercy en général et le Lot en particulier n’en étant pas dépourvus. En dépit des travaux titanesques de dégagement qu’il exige encore, l’abandon a permis de conserver la topographie de ce castrum et de mettre en évidence la présence de plusieurs tours de chevaliers et maisons fortes qui s’étagent de l’entrée fortifiée jusqu’aux niveaux supérieurs où dominent les châteaux des deux familles éminentes, les Commarque et les Beynac. Nous ne saurions aller au-delà de la mention de quelques étapes : la chapelle castrale des Beynac, la maison dite « du four » (XIIIe-XIVe siècles) avec ses portes, baies ogivales et sa vaste cheminée, la maison-tour dite « des Escars (XIIIe siècle) et ses trois portes, puis, bien sûr la « maison-tour des Commarque » dont il ne reste hélas que les vestiges, les deux derniers étages ayant été arasés. Il faut bien sûr faire une mention spéciale à l’imposante forteresse des Beynac qui finissent par s’imposer comme seuls seigneurs dominants au prix de nombreux procès contre leurs voisins accompagnés de coups de main et autres violences. C’est la partie la mieux connue de l’ensemble castral avec son logis roman (XIIe siècle), ses salles et son donjon. Nous rappellerons à nos lecteurs que ces deux puissantes familles ont vu des branches cadettes s’installer en Quercy, les Commarque à Montcléra, les Beynac à Floressas et autour de Puy-L’Évêque. Pour en savoir plus, nous renvoyons à la lecture des nombreux articles de Jean Lartigaut dont « Le castrum de Comarque au Moyen Âge », in Châteaux et sociétés du XIVe au XVIe siècles, Actes des premières rencontres internationales d'archéologie et d'histoire de Comarque, 1986, p. 149-174. Enfin, n’oublions pas de citer que le mémoire de DEA soutenu par Gilles Séraphin, cadurcien bien connu de nos adhérents, est justement consacré à une étude exhaustive du site de Commarque (Le castrum de Comarque, DEA, Université de Toulouse-Le Mirail, 1995, 2 vol. résumé et complété par « Le castrum de Comarque », CAF Périgord, 1998 (Paris, SFA, 1999), p. 161-193).

Remercions les responsables de l’hôtel-restaurant Archambeau à Thonac d’avoir bien voulu patienter et nous servir avec bonne humeur – après le retard certain (plus d’une heure !) pris lors de la visite de Commarque – un excellent repas.

À seulement quelques kilomètres de là, le château de Losse nous a ensuite accueillis en deux groupes pour une visite des jardins et du château lui-même. Le site, au bord de la Vézère, est particulièrement intéressant pour ses aménagements successifs, de forteresse médiévale, dont il conserve les douves sèches et vestiges de la puissante enceinte extérieure flanquée de tours, au logis Renaissance. La famille de Losse, qu’on dit originaire de Flandres, est attestée dans la place dès le XIIIe siècle et s’illustre au service de la monarchie, restant fidèle au roi de France durant la guerre de Cent Ans. Le personnage le plus connu de la famille est sans conteste Jean II de Losse (1504-1580), célèbre capitaine des guerres contre les Impériaux, à qui l’on doit la transformation de la forteresse en demeure d’apparat tout en conservant de prudents éléments de défense comme le châtelet d’entrée à pont-levis, le couronnement de mâchicoulis sur le logis et les tours et quelques embrasures de bouches à feu. L’intérieur, avec de nombreuses pièces visitables conserve de beaux ornements Renaissance dont une spectaculaire cheminée et un intéressant mobilier des XVIe et XVIIe siècles.

La famille de Losse a conservé la propriété du château jusqu’à la Seconde Guerre mondiale mais les propriétaires actuels ont su préserver la demeure en l’état tout en l’ouvrant à la visite et en agrémentant les lieux de magnifiques jardins (roseraie, labyrinthes) dans l’esprit des créations anciennes qui permettent aux promeneurs de patienter ou de prolonger très agréablement la découverte de l’intérieur du château.

Le retard de la matinée n’ayant pas été vraiment rattrapé, la visite de Montignac qui réclamait une bonne heure a malheureusement dû être écourtée. Les moins pressés de nos sociétaires ont toutefois eu le temps de parcourir le centre de ce bourg marchand placé sous la protection d’une forteresse médiévale dont il ne reste que des soubassements sous des aménagements d’artillerie modernes, les guerres de Religion ayant été ici particulièrement destructrices. Mais nous nous sommes promis de revenir sur place pour consacrer à la ville et ses faubourgs le temps de visite initialement prévu.

Patrice Foissac  

 SORTIE DE JUIN 2018 : MOISSAC ET AUVILLAR

moissac

Notre sortie de printemps s’est effectuée cette année sur les marches sud-ouest du Quercy successivement à Moissac et Auvillar.

À Moissac, le choix a été fait d’ignorer la célébrissime abbaye Saint-Pierre parfaitement connue de la plupart de nos sociétaires pour consacrer la matinée à deux églises bien souvent ignorées des visiteurs : Saint-Martin et la chapelle du collège des Doctrinaires. Nous remercions le service patrimoine de la ville d’avoir bien voulu confier la visite à un guide dont nous avons tous apprécié au plus haut point la disponibilité et la compétence

En sortie de ville, l’église Saint-Martin, enclavée entre le talus des voies ferrées et la route départementale 813, abandonnée (et pendant longtemps masquée par une passerelle), n’offre rien qui puisse susciter au premier abord l’enthousiasme du visiteur. La façade de briques et pierre mêlées est d’une architecture banale et on devine de nombreuses adjonctions modernes des XVIIe et XVIIIe siècles. On pourrait donc légitimement ignorer, hors du Tarn-et-Garonne et des cercles érudits, que son sauvetage sur un site convoité est relativement ancien puisque Saint-Martin a été classée dès 1922 après les fouilles de Jules Momméja reprises et élargies au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par Armand Viré, notre illustre sociétaire dont les attaches moissagaises sont bien connues. Ce classement a été accepté en raison de remarquables peintures murales du XVe siècle, découvertes dans une chapelle latérale. Mais l’édifice réservait aux archéologues bien d’autres surprises. En effet, l’église occupe un site antique, un balnéaire de villa dont il reste des vestiges significatifs bien identifiés lors des fouilles de 2011-2012 menées par Bastien Lefebvre et ses étudiants : les trois bassins classiques sur hypocauste, frigidarium, tepidarium et caldarium, mais aussi les murs en élévation, conservés sur une hauteur d’environ 9 m et jusque-là attribués à l’époque mérovingienne. Le bâtiment antique a échappé à la destruction totale, peut-être parce que son propriétaire en a fait don à l’Église qui l’a transformé en lieu de culte, profitant de son orientation canonique et créant par une simple démolition des murs de séparation des bassins la nef d’un vaste édifice chrétien. Les textes font connaître l’église Saint-Martin pour avoir conservé les reliques de saint Ansbert, l’un des premiers abbés de Moissac au IXe siècle. Régulièrement agrandie, devenue paroissiale et dotée d’un cimetière, elle fait l’objet d’une restauration significative au lendemain de la guerre de Cent Ans qui la trouve hors les murs et donc dangereusement exposée. La chapelle Notre-Dame déjà évoquée, nous rappelle immédiatement, par son architecture du gothique flamboyant et ses peintures murales des scènes de la Passion, que nous sommes encore en Quercy. Les membres de la Société assidus aux sorties se souviennent aussitôt du registre ornemental d’une autre église Saint-Martin, celle de Canourgues, très proche de celui-ci.

Souhaitons que les prochaines campagnes de fouilles programmées sur l’ensemble du site enrichissent encore les découvertes et nous donnent l’occasion de revoir un édifice surprenant à plus d’un titre.

La visite nous réserve une autre surprise avec la découverte d’un ensemble habituellement fermé au public, le collège des Doctrinaires. Édifié au XVIIe siècle (à partir de 1659) pour l’instruction de la jeunesse moissagaise, le collège est confié aux Prêtres de la Doctrine chrétienne, dits  « doctrinaires », congrégation religieuse vouée à l’enseignement, fondée en 1592 par le bienheureux César de Bus. Le Collège des doctrinaires connaîtra le succès, regroupant environ 300 élèves en 1789 et ayant compté parmi ses professeurs de rhétorique et philosophie le célèbre Joseph Lakanal. La Révolution conserve les bâtiments en les affectant à des fonctions civiles : tribunal, prison, gendarmerie et, pour la chapelle, lieu de réunion de la Société populaire puis temple de la Raison et enfin temple décadaire. Le Concordat rend le collège à l’église qui devient paroissiale sous le vocable de Sainte-Catherine.

L’ensemble monumental à corps central et deux ailes sur cour étant partiellement occupé par l’administration fiscale, nous n’en visiterons que la chapelle (édifiée à parti de 1677). Là encore, la surprise vient des dimensions respectables du volume intérieur, l’aile qui la contient ne laissant extérieurement rien deviner de la présence d’un lieu de culte, à l’exception peut-être de la porte monumentale aujourd’hui donnant sur une rue publique. La chapelle est en cours de restauration et conserve encore un décor de grisailles ajouté au XIXe siècle qui assombrit une nef initialement enduite de blanc de chaux. Elle offre au visiteur un décor pictural de bonne facture, plusieurs tableaux ayant déjà retrouvé leurs couleurs primitives, et un magnifique retable baroque dont l’autel, restauré, a été déplacé dans une chapelle latérale. La découverte d’un riche mobilier occupe notre compagnie jusqu’au terme de la matinée, le repas prévu à Auvillar nous forçant au départ.

Le déjeuner à Auvillar nous permet enfin de goûter au charme des repas en terrasse, les averses orageuses annoncées nous ayant finalement épargnés tout au long de la journée.

C’est à quelques mètres de la très bonne table qui nous a accueillis, par la tour de l’Horloge, que nous débutons notre visite avec notre guide de l’après-midi, Michèle, membre de l’Association des Amis du vieil Auvillar qui mène un travail exemplaire de sauvetage et valorisation du patrimoine local. La tour d’enceinte sur porte « de l’Horloge » abrite le musée de la Batellerie, ce qui nous permet de saisir immédiatement les deux principales caractéristiques du site : un castrumdominant la Garonne, siège d’une petite vicomté éponyme, détachée de celle de Lomagne, aux confins de trois provinces : Quercy, Agenais et Gascogne (et, pour ceux qui y tiennent absolument, sur « le chemin de Compostelle »). La vicomté finira, au gré des diverses successions, par retourner à la Couronne avec les rois de Navarre et Henri IV. Signalons également qu’une plaque apposée sur la tour nous rappelle que le célèbre troubadour Marcabru y naquit.

Le fleuve, aujourd’hui assagi par les aménagements indispensables à la très proche centrale nucléaire de Golfech, coule aux pieds du village. Auvillar fut autrefois un port actif comme se plaît à le rappeler notre guide en nous faisant les honneurs de quelques étages de la tour consacrés à tous les aspects de la batellerie et de la vie du fleuve : transports, pêche, etc.  Maquettes et ex-voto, objets divers, cartes, photographies, témoignages font tout l’intérêt de ce petit mais indispensable musée qui renvoie aux lacunes du Lot en la matière…

Nous pénétrons à l’intérieur du castrum sur la place principale, triangulaire, encore bordée de quelques maisons médiévales et qui conserve en son centre une halle contemporaine (1824) mais très harmonieuse, circulaire – autre originalité géométrique – sous laquelle notre guide retrace l’histoire de l’activité politique et économique de cette bourgade. Grains, vins, draps, cuirs, plumes à écrire et plus tard faïence firent sa prospérité dès le XIIIe siècle (l’implantation d’un couvent de dominicains l’atteste). La visite de quelques rues du centre ancien permet de se rendre compte de cette prospérité marchande à travers les riches demeures à arcades et pans de bois, celles de la rue des Nobles particulièrement.

Avant de nous regrouper pour la visite du musée de la Faïence, notre guide nous conduit jusqu’à l’esplanade où se trouvait autrefois le château vicomtal dont il ne reste rien mais qui nous permet de découvrir un superbe panorama sur la vallée de la Garonne, en parti gâché, il est vrai, par les tours de la centrale de Golfech.

Nous ne pouvons que conseiller au lecteur la visite du musée de la Faïence, spécialité d’Auvillar dès le milieu du XVIIIe siècle et dont la description pourrait occuper plusieurs pages. Nous renvoyons donc les curieux à l’ouvrage dont la SEL a fait l’acquisition et qui figurera dans quelques jours dans notre bibliothèque. Rappelons seulement qu’à l’apogée de la faïencerie, au milieu du XIXe siècle, la ville comptera neuf établissements et 250 ouvriers.

Notre exploration du village s’achève par l’église paroissiale, autrefois celle du prieuré bénédictin Saint-Pierre. Notre guide nous propose un tour complet par le cimetière pour constater que l’édifice a été constamment remanié et présente une architecture extérieure hétérogène : vestiges du prieuré roman du XIIe siècle avec l'absidiole nord, nef et clocher du XVIe siècle, époque où disparaissent les bâtiments conventuels, bas-côté nord daté du début du XVIIe siècle. L’église n’en conserve pas moins une belle harmonie qui se confirme à l’intérieur où l’on retrouve quelques traces romanes (piliers et chapiteaux de l'arc triomphal) mais qui, pour l’essentiel, est fait de reconstructions successives, entamées dès la seconde moitié du XVe siècle pour s’achever sous le Second empire pour les voûtes de la nef et la façade occidentale.

Vers 17h, terme prévu et respecté de notre visite, nous nous séparons pour regagner nos co-voiturages respectifs, après avoir remercié notre guide bénévole pour le sacrifice de son dimanche.

Patrice Foissac

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