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20. 06. 11
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La rédaction d'une histoire populaire de Carennac et Magnagues portant sur la période 1789-1914 (quatre volumes dont deux à paraître) s'appuie sur la numérisation de l'ensemble des documents conservés aux archives municipales, soit 6 500 pages et des quelques documents déposés aux Archives départementales, dont l’état-civil en ligne. Il s'agit notamment des délibérations du conseil municipal, des correspondances entrantes, des instructions officielles et d'autres pièces techniques comme des rôles de contributions, les matrices cadastrales, etc. Le premier mérite du projet est donc la conservation et le classement de sources jusqu'ici inexploitées, et en danger de dégradation. La mairie soutient cette action. Après un premier volume consacré à la Révolution, voici la suite qui porte sur la période 1799-1815.

Carennac au temps de Napoléon

Dans cette deuxième partie, l’auteur fait revivre cette communauté rurale confrontée aux temps difficiles du Consulat et de l’Empire. La conscription amène bien des malheurs, mais de nombreux progrès datent aussi d’alors : le cadastre, le système métrique, le franc, le Concordat, dont on suit l’introduction dans la société villageoise plutôt conservatrice, récemment éprouvée par la Révolution.

L’analyse de quelque mille pages de documents inédits offre aussi une contribution à l’histoire du Lot, grâce à l’exemple d’une commune représentative.

Les données généalogiques ont été intégrées pour préciser le portrait des personnalités locales, en une sorte de biographie communale. De nombreuses anecdotes authentiques finissent de donner vie au récit.

Ce livre espère donc intéresser trois publics :

  • cette suite du tome 1 consacré à la Révolution espère trouver aussi la faveur des amis du village intéressés par son passé ;
  • dans ce tome 2, l’auteur a pris un soin accru à rapporter les renseignements inédits (non mentionnés dans les publications de la SEL, ni dans les histoires de Cajarc, Saint-Céré, Martel, etc.) mais susceptibles d’intéresser les historiens du Lot ;
  • vu la nature administrative des sources, il a été possible d’étudier l’introduction de multiples innovations de la période comme le cadastre, dont plusieurs ont perduré jusqu’à nos jours.

Depuis que la page du XXe siècle est définitivement tournée, le XIXe paraît moins proche et intéresse davantage. On est loin du commentaire hâtif que pouvait faire le chanoine Albe  en conclusion de son histoire du Prieuré-doyenné de Carennac (1913) qui se termine au 18 Brumaire. « Aussi le coup d’État, qui devait mettre fin au régime révolutionnaire, fut-il acclamé à Carennac comme partout. Et à partir de cette date, le petit peuple de ce village n’a plus d’histoire ». On constate maintenant que le tout début du XIXe siècle, c’est-à-dire l’époque napoléonienne, a vu au niveau local une histoire tout aussi fertile en enseignements que la décennie précédente. Et certains acquis, sur lesquels nous vivons encore, vont s’y manifester pour la première fois.

Les archives locales de Carennac, qui bien qu’en mauvais état de conservation, ont une grande contribution à apporter à l’histoire locale et départementale. On a bien distingué ce qui était propre à la commune de ce qui pourrait être valable pour au moins le nord du département. Pour que le travail soit exhaustif, aucun document, si modeste soit-il, n’a été négligé. On a également pris soin de vérifier et de référencer tous les textes officiels mentionnés dans les documents de la mairie, grâce aux ressources en ligne sur Gallica. Ces notes ont un intérêt bien au-delà du département.

Les documents locaux ont été scrutés à la lumière de l’histoire générale : l’ouvrage classique d’Adolphe Thiers* a été complété par les travaux de Thierry Lentz** : les données « de terrain » et le vécu des contemporains aident à trancher certains points encore en discussion. Au total, on constate bien que le riche héritage de la Révolution (l’égalité civile, l’organisation territoriale, le système métrique, le cadastre, le franc germinal, les contributions indirectes, etc.) a été consolidé grâce au retour de l’ordre dicté par le premier consul. Aussi, malgré son identification avec le personnage de Napoléon Ier et ses excès guerriers, la période 1799-1815 reste celle de grandes avancées qui contribuent finalement à la mise en place d’un ordre social apaisé et durable.

Deux innovations ont été particulièrement appréciées à Carennac : le nouveau cadastre a permis de donner une base solide à la gestion foncière, principale source de richesse du temps. Et le retour de la paix religieuse, rétablie à Carennac avant même le Concordat de 1801, a éliminé la principale cause de tension morale et sociale.

Nullement exceptionnelle, la situation de Carennac reste exemplaire de bien des communautés rurales de l’époque : la foi catholique de la grande majorité de la population n’a pas entraîné une agitation royaliste comme dans d’autres régions méridionales. L’engagement républicain, après s’être un temps reconnu dans l’empereur, s’en est peu à peu détourné, mais sans disparaître. Portée sans excès, cette aspiration permettra à la commune d’être en phase avec les changements sociaux qui s’échelonneront tout au long du siècle qui commence.

Située dans une région où une certaine violence était déjà endémique, la commune semble avoir évité le pire. On s’y assassine par amour ou cupidité, mais pas pour des raisons politiques. Parfois investie par les gendarmes et les garnisaires à la recherche des déserteurs, Carennac ne voit plus les colonnes mobiles après 1799.

L’équilibre social de la commune est mis à mal par la conscription, mais la robustesse des institutions administratives et le poids des notables permettent de préserver l’ordre public. Quelques incidents hauts en couleur émaillent cette chronique purement locale. À l’écart des grands axes, dirigée par un administrateur compétent et modéré, la commune a évité d’aggraver les fractures sociales nées sous la Révolution, malgré quelques épisodes résiduels de tension. Elle sera prête à profiter de la paix revenue en 1815.

En donnant de larges extraits des sources, et souvent le texte intégral conservé en mairie, nous espérons avoir aussi apporté un éclairage sur l’esprit de l’époque. Les affiches officielles et la presse nationale nous aident à comprendre les dilemmes vécus par les contemporains. Nous percevons combien ils ont pu avoir du mal à résister à la rhétorique impériale, qui mélange hommages à la paix et appel aux armes. Plus humain au départ que les dithyrambes révolutionnaires, ce langage se coupe peu à peu de la réalité locale pour tourner à vide.

En dépit de la démarche rigoureuse de traitement de documents surtout officiels, le matériau reflète souvent le vécu et contient suffisamment d’anecdotes amusantes ou intéressantes pour, on l’espère, soutenir l’attention du lecteur.

308 pages, illustrations, carte du bourg en 1816, tables, index, bibliographie, dossier électronique complémentaire : généalogie, cadastre, photos des sources, etc.  (25 €  port 5 €)

Tomes 1 (La Révolution) et 2 (L’Empire) : 45 € + port 7 €. Parution 1er juillet 2020.                                                                                   Commandes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ass. Amis de Carennac, Mairie, Le Bourg, 46110 Carennac

http://carennac.blogspot.com/p/association.html

 

L'auteur : Charles Montin est ancien élève de l'E.N.A. Diplômé de Sciences-Po et de la Sorbonne, il a été enseignant dans ces deux établissements.

 

(*) Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l’Empire ; Paris, Paulin, 1845-1862.

(**) Thierry Lentz, Le grand Consulat 1799-1804 ; Paris, Fayard, 2014 et Nouvelle histoire du Premier Empire (4 tomes), Paris, 2010.

20. 06. 09
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Je vais vous parler de mon dernier livre qui vient juste d’être publié. Son titre est : La rose du Quercy, une rose de cœur. Et c’est vrai qu’en tant que Quercynoise, il me tient particulièrement à cœur. Je souhaite vous faire partager ma passion pour ce joyau du patrimoine peu connu jusqu’ici et vous en montrer quelques images, très belles, qui sont dues au talent du photographe cadurcien Jean-Louis Nespoulous que je ne saurais jamais assez remercier.

La chapelle Notre Dame construite dans une abside de la cathédrale de Cahors à la fin du XVème siècle est décorée d’une centaine de roses sculptées, comme un hommage chrétien à la Vierge Marie. Ces roses fleurissent dans une abondance d’ornements, tels les soleil flamboyants, les lys, les monogrammes, les billes, les bâtons écotés : tous exaltent la sacralité du lieu rituel. C’est incontestable.

Dès que j’ai découvert ces roses épanouies du Quercy, ainsi qu’on les nomme, j’ai été saisie d’un soupçon : cette chapelle a eu comme marraine, Sicarde de Sorbier, selon les mots pudiques des historiens « la  familière » de l’évêque Antoine d’Alamand, l’initiateur de ce motif sculpté. Autant de roses dans une chapelle de 39 m2, associées à une moulure qui court sur les ogives ou les bas reliefs, à savoir le bâton écoté, tige ligneuse rectiligne, dont on a coupé court les branches adjacentes ! Surprenant ! Pourquoi autant de soin et de beauté, pourquoi cette insistance dans le message et ce rapprochement entre des images de rose épanouie et de bâton ? Pourquoi cette sensualité empruntée aux jardins, à l’instinct naturel, à la vie ? N’y avait-il pas une intention cachée de l’évêque à l’endroit de sa favorite dont le nom Sorbier se rapporte à la famille des rosacées ? Mon hypothèse s’est orientée vers la recherche d’une « pensée de derrière », comme écrivait Montaigne.

En l’absence d’archives, je suis allée explorer de nombreux textes, des sous-textes, des contextes, un univers culturel élaboré et mêlé pour en déchiffrer les soubassements et les ramifications : tout un faisceau d’indices. Je me suis appuyée sur la science littéraire, l’étude des signes, des figures et des tropes, en particulier des symboles et des allégories. J’ai tenté de m’avancer dans l’intentionnalité du texte, au-delà de l’intention déclarée de l’auteur. L’évêque Antoine d’Alamand était trop érudit pour faire fi de toute la lyrique médiévale où la rose s’imposait comme la reine des allégories de l’amour. Chez les troubadours occitans, elle donnait ses couleurs au sentiment, au désir comme à l’expérience érotique.

Il fallait donc rechercher les codes dans l’érudition du prélat et dans la poétique médiévale, au temps où les poètes et plus tard Clément Marot chantaient le don d’amoureuse liesse.   

Cette enquête à l’affût des sens cachés dans les univers artistiques et littéraires, pas si éloignés que cela des symboles religieux d’ailleurs (je pense au Cantique des Cantiques), se double d’une visite ou d’une redécouverte poétique du patrimoine. Puisque tous ces ornements sculptés ont essaimé pendant 70 ans en Quercy et dans ses confins sur les édifices religieux et civils, dans les architectures gothiques, sur les façades des châteaux comme sur le linteau des cheminées.

En ce printemps confiné, offrez-vous la rose du Quercy, une rose de cœur. Le livre est publié aux éditions Tertium au prix de 15,90 €, et vous pouvez passer commande à toutes les librairies, dans le Lot ou ailleurs.

               

                                               Geneviève Houdent, historienne de l’art, le 9 mai 2020

20. 06. 10
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L'université de Toulouse a pris forme entre 1229 et 1245 et a acquis ses statuts défi nitifs au début du XIVe siècle. Elle atteignit alors son apogée médiéval ; ses e ectifs de maîtres et d'étudiants en faisaient la seconde université française après celle de Paris et son aire de recrutement s'étendait de l'Atlantique à la Méditerranée, du Massif central aux Pyrénées, avec d'importants prolongements dans la péninsule Ibérique. Après 1350, elle entre dans un siècle de di cultés : guerres, épidémies, désordres religieux, mutations politiques, incertitudes morales et intellectuelles. Elle parvient cependant à surmonter, mieux que d'autres, ces crises successives et dans les années 1470 une importante série de réformes lui permettent de reprendre sa croissance et d'entrer dans une ère nouvelle, celle de l'humanisme et de la Renaissance. L'université de Toulouse a été l'une des plus anciennes et des plus importantes universités occidentales du Moyen Âge. Elle s'est illustrée en particulier, comme les autres grandes universités du versant méridional de l'Europe – Bologne, Padoue ou Salamanque –, par l'excellence de ses enseignements juridiques. Mais elle ne se réduit pas à un modèle préexistant. Elle a été une création originale, qui se distinguait par l'équilibre de ses institutions, l'ampleur de son rayonnement et le dynamisme de ses maîtres – les doctores Tholosani. Tout en préservant son autonomie, elle s'intégrait profondément dans le tissu social et culturel de la ville de Toulouse et de la région toulousaine ; elle est devenue un élément de leur identité même, y fondant, sur des bases historiques solides, une tradition d'enseignement supérieur qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours.