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PV des séances de la Société

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Index



SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 2015

Présidence : M. Foissac

Carnet

- Jean-Luc Obereiner, de Labastide-Murat [Nous rendrons dans notre prochain Bulletin un hommage particulier à J.-L. Obereiner, hommage suivi d’un article que notre sociétaire nous avait adressé cet été].

Nouveaux membres

- Jacques Carral, de Saint-Étienne-de-Tulmont

- Bertrand Valette, de Payrignac.

.

Ouvrages et articles reçus

- Patrice Béghain, Écrivains et artistes en Quercy, Rodez, éditions du Rouergue, 1999, 200 p.

- Didier Rigal, « Diagnostic archéologique autour de l’église de Guéret », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 60, 2014-2015, p. 409-415.

Communications

[En raison de l’ordre du jour chargé de l’Assemblée générale, la communication de la séance a été écourtée en accord avec les intervenants ; elle complète celle du mois précédent dont le compte-rendu figure ci-dessus]

3 Présents : Mmes Bonnemort, Calvet, Delsahut, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Lagarrigue, Pendino, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean ; MM. D’Alençon, Auvray, Baux, Brugnéra, Calvet (Jean), Calvet (Robert), de Chalani, Deladerrière, Denjean, Foissac, Genebrières, Gérard, Germain, Le Camus, Linon, Rausières, Réveillac, Royère, Savy, Serin, Vincent.

« UN MAÎTRE D'AUTREFOIS : MONSEIGNEUR JEAN CALVET (1874-1965 » (Christian Gallot)

Christian Gallot, le biographe de Mgr Calvet, empêché lors de la dernière séance a bien voulu intervenir lors de cette séance, même écourtée par la tenue de l’Assemblée générale, et nous l’en remercions chaleureusement. Il a eu le souci d’éviter, en accord avec le docteur Jean Calvet, les redites de la précédente intervention dont Étienne Baux a fait le compte-rendu. Nous reproduisons la postface de l’ouvrage « Un maître d’autrefois : Monseigneur Jean Calvet (1874-1965) recteur émérite de l’Institut catholique de Paris » paru en 2015 aux éditions L’Harmattan dans la collection « Religions et spiritualité » :

« Il est des “Maîtres” d’autrefois dont on ne parle plus aujourd’hui mais qui méritent d’être remis en lumière : c’est certainement le cas de Mgr Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut catholique de Paris.

Professeur de lettres agrégé de l’université, auteur de nombreux ouvrages, dont le célèbre manuel de littérature, critique reconnu, il a été aussi disciple du P. Portal précurseur de l’oecuménisme, cheville ouvrière du rassemblement des écrivains catholiques et représentant d’une société ecclésiastique sur le plan culturel, social et politique.

Se rappeler, grâce à Jean Calvet, un passé dont il a été témoin et acteur, ne peut sans doute qu’aider à mieux comprendre l’évolution de la France catholique. »

Ajoutons que l’ouvrage s’enrichit d’une préface de Mgr Philippe Bordeyne recteur de l’Institut catholique de Paris.

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SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 2015

Présidence : M. Baux

Nouveaux membres

- Jacques et Marie-Claude Chopineau, de Pradines

- Mireille Picard, de Cahors.

Ouvrages acquis ou reçus

- Projet de Parc naturel régional des Causses du Quercy, étude socio-économique, avril 1998, (Bibliothèque S. Juskiewenski).

- Marcelle Capy, Une voix de femme dans la mêlée, réédition, 1° édition en 1916, 2° en 1936, Virieu, Entre-temps éditions, 2015.

- Gilles Lades, Anthologie des poètes du Quercy, des troubadours à nos jours… Martel, éd. du Laquet, 2001.

- Nicolas Savy, Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre, Pradines, éd. Archéodrom, 2015.

- Benjamin Findinier, Stéphanie Lebreton, Cacher, Coder, 4000 ans d’écritures secrètes, musée Champollion, les écritures du monde. Catalogue de l’exposition du 10 juillet au 1er novembre 2015, Figeac, éd. Ville, Musée Champollion, 2015.

- La Source Salmière, l’oasis du Causse ou le mariage thermal de Miers et d’Alvignac les eaux, Brive-la-Gaillarde, éd. du Ver Luisant, 2015. Publication de l’Association Racines.

- Léonard Liggio, Charles Dunoyer et le libéralisme classique français, Paris, éd. Institut Coppet, 2014.

- Gilles Fau, Jean Gasco, Histoire des fouilles, découvertes archéologiques à Roucadour (Thémines, Lot), 1925 – 2000, Gramat, éd. Association Racines, 2001.

- A. Hugo, France pittoresque : département du Lot (tiré à part), Paris, éd. Delloye, 1835.

2 Présents : Mmes Azaïs, Chopineau, Lagarrigue, Pendino ; Mlles Brun, Denjean ; MM Audouin, Austruy, Azaïs, Balan, Baux, Brugnera, Calvet, Chopineau, Conte, Deladerrière, Denjean, Gérard, Linon, Royère, Serin.

- Louis Gay, Charles Valéry, Au service de l’agriculture lotoise, Cahors, éd. Imp Dhiver, (1950 ?).

- Usages locaux traditionnels en vigueur dans le département du Lot, Cahors, éd. Quercy Recherche, réédition de 1899, 1998.

- Martine Claustre, Pascal Jean, Les tourneurs sur bois de Saint-Cirq-Lapopie, Concots, éd. Carnet de notes, 1998.

- Station hydrominérale de Miers- Salmière, éd. Centre de Tourisme, années 20 ?

- Benjamin Philip, Priscilla Malagutti, 14-18 Figeac, Figeac, éd. ville de Figeac, juin 2015.

Communication

« JEAN CALVET (1874-1965) » (Docteur Jean Calvet)

Un Quercynois quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant personnalité de premier plan que son petit neveu, le docteur Jean Calvet est venu évoquer.

C’est un enfant de Castelnau-Montratier qui lui a consacré, l’été dernier une commémoration chaleureuse. Il a d’abord mené une enfance heureuse, celle d’un petit paysan d’alors, dans une atmosphère de travail et de piété, fréquentant l’école des Frères où il vécut le rude apprentissage de la vie et des hiérarchies sociales.

Le père accepta son départ, le 1er octobre 1886, pour le petit séminaire de Montfaucon alors pépinière du clergé lotois. La vie y était spartiate, sans feu, en sabots, les vacances rares où il revenait garder le troupeau familial. Il y acquit une maîtrise solide de la langue latine et des humanités classiques, le goût pour l’étude et, en même temps, des habitudes de piété qui guidèrent toute sa vie. Ses qualités lui permirent un succès facile au baccalauréat. On allait alors à Toulouse pour les épreuves et il a raconté que c’est un jeune professeur, Jean Jaurès, qui fut son examinateur en philosophie.

Devenu prêtre après ses années d’études au grand séminaire de Cahors il poursuivit ses études jusqu’à la licence ès Lettres (1897). À 23 ans, il retrouva alors Montfaucon quitté peu d’années auparavant, car on avait besoin d’un professeur de rhétorique. Mais Mgr Énard, son évêque, lui permit de partir pour Paris préparer l’agrégation encore ouverte aux membres du clergé. Après son succès en 1902 il fut nommé professeur à l’Institut catholique de Toulouse.

Déçu par la fermeture et la raideur de ses collègues tout comme des dirigeants de l’Église de France, Jean Calvet sut préserver son indépendance d’esprit dans un contexte très difficile : anticléricalisme, séparation des Églises et de l’État, crise moderniste qui, au sein de l’Église, déchira bien des consciences. Lui-même réprouvait les imprudences des modernistes qui risquaient de vider le catholicisme de son essence même. Cependant, jugé imprudent, il fut renvoyé de l’Institut catholique de Toulouse et, privé de tout emploi, il put grâce à ses amis revenir à Paris et enseigner au collège Stanislas. Après la guerre, dans un climat plus serein, il devint professeur à l’Institut catholique de Paris.

Il s’affirma alors dans de nombreux travaux qui lui valurent sa réputation : une monumentale histoire de la littérature française, une grammaire latine, de multiples articles et conférences. Professeur mais aussi observateur averti de son temps, on lui doit une monographie du diocèse de Cahors en 1904 qui fait toujours autorité. Militant aussi, avec moins de succès, de la cause de l’Unité auprès des anglicans.

Il devint vice-recteur de l’Institut catholique de Paris à son corps défendant, en fait recteur, et réussit à grand peine à maintenir la maison en activité malgré la tragédie du désastre et de l’Occupation. En 1941, il a créé l’Institut supérieur de pédagogie pour l’enseignement libre. Le docteur Jean Calvet a tracé de son grand-oncle un portrait de prêtre fervent, de professeur

exigeant et humain, soucieux du quotidien des étudiants. Il fut élevé à la prélature par Mgr Baudrillart.

Il aimait revenir en Quercy auprès de sa famille. Gravement diminué par la perte progressive de sa vue, il ne cessa jamais jusqu’à sa mort en 1965 de recevoir et de témoigner.

Une biographie de Mgr Calvet, récemment parue, sera présentée à notre Société lors de sa séance de décembre.

Étienne Baux

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SÉANCE DU 1er OCTOBRE 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Pierre Louis Crabol, de Bordeaux

- Éric Gramon, de Bordeaux

- Christian Landes, de Sainte-Colombe

- Musée Champollion, de Figeac

- Brigitte Pern-Levasseur, de Luzech

- Quercy-Découvertes, de Cahors

- Claude Soirot, de Blars.

Manifestations signalées

- La Société a participé cet été à la Route des Livres de la vallée du Célé, au Salon du Livre ancien et moderne (12 et 13 septembre), elle participera également aux animations autour du transfert du monument-tombeau du sergent Lavayssière à Castelfranc (3 octobre) ainsi qu’à celles organisées en l’honneur de Galiot de Genouillac à Assier sur l’invitation de l’Association des artilleurs (4 octobre).

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Catherine Lamic, Paroles paysannes du Haut-Quercy. Le pays où pousse la pierre, Vayrac, éd. Tertium, 2015, 200 p.

- Edgar Auber, Une insurrection à Saint-Céré au moment du coup d’état du 2 décembre 1851, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2015, 162 p.

- Les Amis de Lalbenque, Les poilus de Lalbenque. Centenaire de la Première Guerre mondiale, Lalbenque, 2014-2015, 203 p. (don de Lucienne Bach)

- Collectif, Dordogne au fil de l’eau, une rivière en Quercy. Géologie, faune, flore, pêche bacs, lessives, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2014, 255 p.

- Jacques Tixier, Méthode pour l’étude des outillages lithiques, Luxembourg, éd. Foni Le Brun-Ricalens CNRA, 2012, 195 p. (don de l’auteur).

1 Présents : Mmes Azaïs, Bergounioux, Deladerrière, Dreyfus-Armand, Foissac, Lagarrigue, Marcillac, Mariotto, Pendino, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Crabol, Deladerrière, Denjean, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Gérard, Réveillac, Roques, Royère, Sabatier, Savy, Serin.

- Dominique Crébassol, Didier Taillefer, « Des jardins au pied des murs », Midi-Pyrénées Patrimoine n°42, été 2015, p. 38-43.

- Aimé Noël, Figeac d’hier et d’aujourd’hui de l’an 750 à 1980, Aurillac, Imprimerie moderne, 1984, 207 p. (Bibliothèque de Serge Juskiewenski, don d’Étienne Baux).

- Jean-Pierre Ramel, Journal du commandant de la Garde du Corps législatif de la République française déporté en Guyane, Londres, 1799, 159 p.

- Françoise Auricoste, Nelly Blaya, Histoire de Gindou, Gindou, éd. Mairie de Gindou, 2015, 253 p.

- Françoise Auricoste, Histoire de Pomarède, Pomarède, 2015, 293 p. (don de l’auteur)

- Thierry Crépin-Leblond, Guillaume Fonkenell, Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, Paris, Réunion des musées nationaux, 2015, 55 p.

- Druy de Constant-Scribe, La vie du général baron Ramel, 1768-1815, réimpression de l’édition de 1912, Paris, L. Fournier, Université de Californie, 2015, 180 p.

- Marguerite Guély, « Les temples dans la vicomté de Turenne en dans le bas Limousin », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 303-327.

- Jean-Pierre Girault, Marguerite Guély, « Le repaire de Roqueblanque et la motte castrale du Bois-Grand de Besse », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 39-64.

- Jean-Pierre Poussou, « Histoire du vignoble, de la viticulture et de la consommation du vin en France », Actes de l’Académie de Bordeaux, t. XXXIX, 2014, p. 91-127.

- Jean Dufour, Les évêques d’Albi, de Cahors et de Rodez des origines à la fin du XIIe siècle, Paris, éd. du CTHS, 1989, 92 p.

- François Cangardel, Catalogue de la bibliothèque de la ville de Cahors, Cahors, Laytou, 1887, 720 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Marcellin Pellet, Émilie Pillias, Léonie Léon, amie de Gambetta, Paris, Gallimard, 1935, Nrf, 304 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Pierre-Barthélemy Gheusi, La vie et la mort singulières de Gambetta, Paris, Albin Michel, 1932, 318 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Raymond Rey, La sculpture romane languedocienne, Toulouse, Privat, 1936, 387 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Distribution solennelle des prix, présidence Delbos, 13 juillet 1942, Lycée de jeunes filles de Cahors, Cahors, Coueslant, 1942, 55 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Jacques Lagrange, Jean Secret, L’abbaye de Chancelade en Périgord contenant le plan de visite, s.l., Office de tourisme Dordogne, 1972, 25 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Fabien Lesage, Jean-Claude Maigne, Souillac-sur-Dordogne, histoire d’une confluence, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2013.

- La ville en bois, construction du viaduc du Boulet dans les années 1880, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2010.

- Cérémonie de remise de la « Médaile des Justes parmi les nations » au couvent des Filles de Jésus à Vaylats, deux DVD, Cahors, 2009.

Communications

« L’OUVERTURE DU LOT AU TOURISME » (Étienne Baux)

Notre vice-président prend bien soin de préciser que sa communication s’appuie sur l’un des nombreux mémoires de maîtrise qu’il a eu l’occasion de lire lorsqu’il était en poste à l’université de Toulouse-Le Mirail, en l’occurrence celui de Sophie Trinque (septembre 1996) dont il avait d’ailleurs fait un compte-rendu étoffé dans notre BSEL. Il souligne immédiatement le poids contemporain de l’économie touristique qui génère plus de 4000 emplois directs avec plus de dix millions de nuitées. Cette activité, devenue un pilier de l’économie lotoise, a déjà un passé qu’on peut faire débuter au milieu du XIXe siècle même si les statistiques restent relativement imprécises avant 1940. L’activité touristique peut précocement s’appuyer sur les trois piliers que sont Rocamadour, Padirac et Alvignac mais elle rencontre aussi des freins non négligeables dans une société rurale conservatrice peu encline à s’approprier d’aussi radicales nouveautés. Il va de soi qu’à l’échelle du pays, elle reste confidentielle et longtemps réservée à la bourgeoisie, la masse de la population n’étant pas vraiment concernée avant 1936 et les premiers congés payés. L’essor des transports routiers, une nouvelle politique tarifaire des chemins de fer, avec des billets touristiques, expliquent le développement progressif du tourisme départemental.

Miers-Alvignac bénéficie assez tôt de la mode des cures thermales. Autour de la source salmière et de ses « eaux sulfatées sodiques », elle ambitionne de devenir le Carlsbad français. Mais, en dépit de la création de la Société des Eaux de Miers et d’investissements importants dans un « complexe thermal » avec hôtels, casino, café-concert, promenades, la progression est lente : 550 curistes en 1835, 1000 en 1876, 1500 en 1907 pour retomber à 1065 en 1938. Classée « ville d’eaux » en 1911, dotée d’un Grand hôtel de la source en 1913 avec ses 45 chambres de luxe, la station thermale stagne avec la concurrence des stations d’Auvergne. Le coup de grâce est donné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le retrait de l’agrément de la Sécurité sociale et la station ferme (définitivement ?) en 1980.

Le sanctuaire de Rocamadour, pourtant jugé « horrible » par Richeprey, est restauré sous Mgr Bardoux par l’abbé Chevalt, architecte diocésain. L’ouverture de la gare, inaugurée en 1862, reliée au village par un omnibus-tramway à vapeur, permet d’amener au sanctuaire touristes et pèlerins. La progression du nombre de visiteurs est spectaculaire : 21 573 voyageurs en gare de Rocamadour en 1905, 25 234 quatre ans plus tard.

Enfin, le gouffre de Padirac, exploré par E. A. Martel en 1889, perd sa réputation de lieu maudit que lui valaient nombre de chutes ou même disparitions suspectes. La création de la Société du gouffre de Padirac – dont la SEL est encore actionnaire ! –, l’arrivée de l’électricité et des aménagements de descente expliquent le bond des visites de 13 000 en 1913 à plus de 100 000 en 1936 !

Le département commence alors à prendre conscience de ses atouts et Armand Viré crée, en août 1917, la première Commission de tourisme, rattachée au ministère de l’Instruction publique. Cette consécration officielle avait été précédée par des initiatives locales dont le premier « Syndicat d’initiative de Cahors et du Quercy » fondé en 1905 par une vingtaine de notables. Toutefois le Lot n’en comptera que neuf en 1939… Le Conseil général se montre

également assez timoré et ne va guère au-delà des indispensables aménagements routiers et de quelques subventions aux associations et particuliers. L’ouverture ou le développement de nouveaux pôles dans l’Entre-deux-guerres, notamment autour des cavités (Lacave) et de la restauration de quelques châteaux par de généreux mécènes (Fenaille, Mouliérat), ne parviennent pas à corriger le déséquilibre touristique nord-sud et la relative frilosité des Quercinois.

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SÉANCE DU 4 JUIN 2015
Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres
- Hervé et Martine Dufour, du Montat.
- Gary Foster, de Cahors.

Manifestations signalées / Actualités de la Société
- Exposition « Cahors Mundi », jusqu’au 31 août à la Maison de l’eau à Cahors (65e anniversaire de la « Route mondiale de la Paix »).
- Exposition photographique « Patrick Batard, Aquae » à la Maison de l’eau à Cahors jusqu’au 27 septembre.
- Exposition « Pour l’amour du Groenland - La collection d’art populaire du Prince consort de Danemark », jusqu’au 30 août au Grenier du chapitre à Cahors, rue Saint-James.
- Exposition « Cadences » au Musée Henri-Martin de Cahors jusqu’au 31 décembre.
- Conférence sur l’architecture du XXIe siècle par Geneviève Furnémont, le mardi 15 septembre à 18h30, salle Henri-Martin, Hôtel de ville, Cahors.
- Salon du Livre ancien et moderne de Cahors, les 12 et 13 septembre 2015, avec
la participation de la SEL à une table ronde sur le thème de la rivière et de la batellerie fluviale.
- Le samedi 3 octobre, à Castelfranc, aura lieu la cérémonie de transfert du Monument Lavayssière sur un nouvel emplacement (monument-tombeau du héros de Sidi-Brahim, cf. BSEL 2015-I).

Ouvrages et articles reçus
- Charles-Olivier Carbonell, L’autre Champollion. Jacques-Joseph Champollion-Figeac (1778-1867), Toulouse, Presses de l’IEP et Asiathèque, 1984, 331 p. [don des Archives départementales du Lot].
- Roger Lagrèze, Arcambal, petites histoires vécues, Cahors, Publi-Fusion, 2007, 77 p.
- Dominique Crébassol, « Pour une architecture de collections (Musée Henri-Martin de Cahors) », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 30-31.
- D. C., « Centre culturel du Théron. Retrouver le chemin du château », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 8.
- Étudiants du master Patrimoine de Cahors, « Sous la terre du Lot. Pierre, argile, charbon, fer, phosphate, eau… », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 26-28.


Communications
« LA GROTTE DE LA SABLIÈRE, COMMUNE DE QUISSAC (LOT) » (Marina Escolà et Jean-Pierre Lagasquie)
Marina Escolà, anthropologue, et Jean-Pierre Lagasquie, préhistorien, nous présentent ce soir l’une des très nombreuses grottes méconnues du Quercy, celle de La Sablière, longtemps attribuée à la commune de Caniac-du-Causse mais relevant à quelques mètres près de celle de Quissac. Cette précision topographique effectuée, J.- P. Lagasquie rappelle que l’invention récente de la cavité (1990) est à mettre à l’actif de deux membres du spéléo-club de Figeac, Jean Vayrac et Christian Miquel, désobstruant le fond d’une ancienne carrière de sable pour découvrir une galerie encore
vierge. Alertés par la présence de restes humains, les inventeurs informent fort heureusement J.-P. Lagasquie de leur découverte. La grotte est donc intacte et révèle de nombreuses traces d’occupation humaine : des ossements, dont un crâne simplement déposé et plusieurs tibias, mais surtout des charbons de bois en nombre très important.
Quelques années plus tôt, en 1960 puis 1989, Marie-Roger Séronie-Vivien et Marina Escolà avaient pu explorer le porche précédant la galerie, relevant dans les débris qui l’encombraient des restes de faune (cervidés), une perle en os et quelques ossements en apparence humains. La désobstruction de 1990 renforce donc la connaissance de cette grotte, lui attribuant une fonction de nécropole de plusieurs individus, au moins cinq, souvent jeunes (le crâne appartient à un jeune adulte décédé à moins de 20 ans).
Nos deux intervenants déplorent que les viols successifs de cette cavité, qu’ils avaient pourtant de nouveau obstruée après leurs premières investigations, rendent désormais toute interprétation quasiment impossible. Un signalement avait pourtant été fait mais aucune mesure de protection n’a été prise. C’est surtout sur ce thème que la discussion s’engage aussitôt. Les sociétaires présents s’indignent que des sites aussi intéressants ne puissent être exploités, non par faute de personnel compétent mais par des rigidités administratives que l’on croyait appartenir au passé. Cette communication fera au moins l’objet d’un article dans notre Bulletin. Prolongeant ce débat sur la fragilité des sites archéologiques, M. Foissac présente quelques photographies, communiquées par des sociétaires inquiets, qui témoignent de la présence sur le chantier de construction du futur hôtel, au 118, rue André-Breton à Cahors, d’un grand égout-collecteur antique. La SEL forme le voeu que cette découverte puisse être exploitée par les archéologues de la cellule départementale présents à proximité sur le site du CHAI.

 

SÉANCE DU 7 MAI 2015
Présidence : M. Foissac


Ouvrages et articles reçus :
- DVD de l’émission télévisée diffusée sur Arte dans la série « Paysages d’ici et d’ailleurs » : « la vallée du Lot » avec la participation de nos sociétaires Patrice Foissac et Nicolas
Savy.
- DVD des Registres consulaires de Gourdon de 1329 à 1446, transcription et traduction de Max Aussel (édition papier en 12 volumes également disponible à la SEL).
- Michel Coste, Nicolas Faucherre, Bonaguil, genèse et histoire de la construction, Bonaguil, Librairie du château, 2015, 128 p.
- Pierre Poujol, Bateliers du Lot, Rodez, Éditions du Rouergue, 2015, 176 p.
- Jean-Pierre Lagasquie, Arawa. Une jeunesse à l’ombre des dolmens, Saint-Céré, éd. Amis du Pays de Saint-Céré, 2015, 187 p.
- Jean-Jacques Lagasquie, Thierry Pélissié, Les clefs des paysages des causses du Quercy, géologie et géomorphologie, Arcambal, Édicausse, coll. Les essentielles du Parc, 2014, 112 p.
- Jean Bascle, Résister pour être libre. Souvenirs de résistance et de Déportation, tapuscrit,
Cahors, 2015, 41 p.
- Brigitte et Gilles Delluc, « L’exécution du maréchal Ney en 1815. Un Périgordin témoigne », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 142, 2015,
p. 109-118.
- Patrice Goulard, « Généalogie de la famille Guilhou en Quercy », Moi, Géné… ?!, n° 92, ARHFA, Cahors, 2014, 18 p. [tiré à part].
- Nina Guilhou, « Souvenirs de Nina Guilhou », Moi, Géné… ?!, n° 92, ARFHA, Cahors, 2014, 49 p. [tiré à part].
- Mme Lobréau, Recherche étymologique des lieux-dits habités et des hameaux de Figeac, Cambes, éd. Impression numérique 46, 2015, 82 p.

Communications

« ARCHÉOLOGIE ET MORTIER DE CHAUX : PRINCIPES, ÉTUDES ET RÉSULTATS »
(Frédéric Rivière)
Frédéric Rivière appartient, pour notre bonheur, au groupe restreint des quatre ou cinq archéologues français capables de « faire parler » les mortiers de chaux ; jeune membre de notre compagnie, nous avons la chance de l’accueillir ce soir pour nous présenter son métier et surtout une spécialité largement méconnue du grand public. En effet, les mortiers, par l’analyse microscopique de leur composition et la constitution d’une typologie en découlant, renseignent utilement les archéologues sur les différentes étapes et les péripéties des chantiers sur lesquels ils travaillent. Après nous avoir sommairement rappelé ce qu’est un mortier de chaux et les différentes origines de ses constituants (sable, pierre, tuileau, etc.), Frédéric Rivière présente plusieurs chantiers sur lesquels il a travaillé pour nous faire observer in situ et comprendre les apports de sa spécialité ; il faut d’ailleurs féliciter l’orateur pour la qualité des images présentées.
Il commence par le chantier cadurcien ayant mis au jour l’amphithéâtre gallo-romain de Divona. Les plus anciens d’entre nous se souviennent des nombreux fours à chaux visibles alors sur le site lui-même. Mais son intervention s’est surtout concentrée sur les parties maçonnées et a pu ainsi démontrer qu’un pan entier du mur de soutènement avait dû être repris et consolidé à cause de la mauvaise qualité du mortier utilisé. Ces observations nous rappellent immanquablement celles de notre dernière sortie d’été faites par Didier Rigal sur les défectuosités de certaines maçonneries de l’aqueduc de Murcens à Cahors. F. Rivière a lui aussi pu travailler sur un aqueduc, celui de Traslay à Bourges-Avaricum. Après plusieurs sondages effectués sur l’ensemble du parcours,
il a pu observer que le matériau utilisé dans la constitution du mortier variait selon la distance qui le séparait des sources d’approvisionnement (les maçonneries pouvant être liées soit au mortier à la chaux et au sable, soit au béton fait de chaux, de sable et de cailloutis calcaires), montrant ainsi que les ingénieurs et maîtres d’oeuvre romains étaient des gens pragmatiques, capables de s’adapter aux contraintes des chantiers et de se fournir en matériaux au moindre coût. Enfin, quittant l’Antiquité, F. Rivière a également illustré l’utilité de ses observations sur des constructions médiévales à Bourges même, montrant là encore par la typologie des mortiers qu’un nouveau chantier urbain pouvait alimenter des restaurations dans des constructions préexistantes.
De nombreuses questions lui ont été posées prouvant, s’il en était besoin, qu’un sujet en apparence aride peut combler les curieux lorsqu’on sait faire usage d’une pédagogie adaptée.

 

 

SÉANCE DU 2 AVRIL 2015
Présidence : M. Foissac


Nouveaux membres
- Anne Durand, de Cahors.

Ouvrages et articles reçus ou acquis
- Jean Tulard, Murat, Paris, Hachette, 1983, 252 p.
- Olivier Hiard, Une collectivité anarchosyndicaliste espagnole dans le Lot, Aymare,1939-1967, Saint-Georges-d’Oléron, Éd. Libertaires, 2014, 167 p.
- Pascal Semonsut, Jean Clottes. Un archéologue dans le siècle, Arles, Éd. Errance
(Actes Sud), 2015, 223 p.
- Vincent Haegele, Murat. La solitude du cavalier, Paris, Perrin, 2015, 791 p.
- Georges Passerat, « Cels de Montalba. Les chevaliers du Quercy et du Toulousain au temps de la Croisade », Bulletin de la Société Archéologique du Tarn-et-Garonne, t. 138, 2013, p. 25-35.
- Sylvain Ducasse, Jean-Marc Pétillon, « Le cadre radiométrique de la séquence solutréo-badegoulienne du Cuzoul-de-Vers. Lecture critique et compléments. », Paléo n° 25, déc. 2014, p. 37-58.
- Jean-Guillaume Bordes, Maria Lorenzo Martinez, « L’industrie lithique du Paléolithique moyen récent de Roc de Combe (Payrignac, Lot, France). Un nouvel exemple de Moustérien discoïde à denticulés », Paléo, n° 25, déc. 2014, p. 101-124.
- Jean-Jacques Mayssonnier, « Du commerce des truffes entre Quercy et Périgord de 1880 à 1914. », Art et Histoire en Périgord Noir, n° 140, p. 27-34.

Communications

« VOYAGE AU PAYS DU PHOSPHATE » (Thierry Pélissié)

Thierry Pélissié, que nous recevons ce soir, sait que son nom est indissolublement lié aux fameuses phosphatières de Bach. Le titre qu’il a délibérément choisi, emprunté à un vieil ouvrage sur la question, confirme les talents de pédagogue que tous ses auditeurs lui reconnaissent. Le sujet est en effet difficile et pourrait rapidement dérouter ceux qui n’ont pas eu la chance d’être initiés aux richesses géologiques mais aussi historiques et humaines qu’il recouvre. C’est donc un voyage complet, nourri de ces différents aspects, que nous propose Thierry Pélissié. À partir de 1865, on découvre et généralise l’usage des engrais chimiques : nitrates, puis phosphate de chaux. Partout en Europe c’est la ruée vers les gisements, initiée par les Anglais principaux promoteurs
de ce type d’amendement. En Quercy, le premier gisement apparaît près de Caylus vers 1870 et l’exploitation s’étend bientôt à une grande partie du Causse de Limogne ; une carte permet d’en mesurer l’étendue. Des photographies d’époque, dont certaines appartiennent au fonds photographique de la SEL, nous font découvrir des sites miniers aux installations parfois précaires, voire périlleuses, d’échafaudages et échelles de bois.
Les accidents du travail sont d’ailleurs fréquents et parfois meurtriers. Le minerai est conduit jusqu’aux moulins de la vallée du Lot (Coty à Cahors, Mercuès, Roumégous, etc.) où il est broyé et exporté par la rivière. On connaît ainsi un curieux équipage de locomobile routière tirant quelques wagons de Concots à Cahors mais aussi plusieurs lignes de chemin de fer à voie étroite construites dans le même but par des sociétés anglaises puis françaises – aux existences souvent éphémères – dont la « Compagnie des engrais, phosphates et produits agricoles du Lot ». La concurrence de gisements plus fournis et plus accessibles, au Maroc notamment, interrompt très vite l’exploitation quercinoise. De brèves reprises durant les deux guerres mondiales ne parviendront pas à relancer cette industrie minière. Mais ces phosphatières présentent, on le sait, un grand intérêt scientifique par les remarquables fossiles qui en ont été extraits dès les premières investigations. Thierry Pélissier nous présente d’ailleurs quelques-unes de ces pièces de collection étudiées par les spécialistes du monde entier mais malheureusement dispersées. L’intervalle chronologique dans lequel sont inclus ces fossiles est exceptionnel : de 52 à 20 millions d’années avant notre ère mais il est impossible de développer ici tout ce que la richesse des gisements peut offrir à la communauté scientifique. Rappelons tout de même que les phosphatières du Quercy font l’objet d’un classement en cours en Réserve naturelle nationale d’intérêt géologique (avec la Plage aux ptérosaures de Crayssac) puis peut-être en « Géopark européen » et enfin, à plus long terme, un classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. De justes récompenses en perspective pour Thierry Pélissié et ses partenaires.

 

 

SÉANCE DU 5 MARS 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Marie-Thérèse Marché, de Cahors

 Manifestations signalées / Actualités de la Société

 - Le CA de la Société a décidé de tenir chaque séance mensuelle à 18h15 au lieu de 20h30 pour permettre à nos sociétaires qui habitent loin de Cahors de regagner leur domicile à une heure moins tardive. Cette décision s’appliquera à compter du prochain cycle de nos séances mensuelles, c’est-à-dire à partir du mois d’octobre 2015 inclus.

Nous relayons l’information du site http://www.musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/programme_des_festivites_1515_territoire_national.pdf

« Jacques Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, musée national de la Renaissance, 23 mai 2015 – septembre 2015

Le musée national de la Renaissance consacre une exposition-dossier à Jacques Galiot de Genouillac (vers 1465-1546) une figure oubliée de l’histoire. Pourtant sa carrière militaire de

premier plan et son statut de commanditaire éclairé dans de nombreux domaines artistiques en font une figure très représentative de la situation et des ambitions de la noblesse française au temps de la Renaissance. Dès 1512, Galiot est nommé “capitaine de l’artillerie” ; il est

donc chargé d’une arme alors relativement nouvelle dont on ne maîtrise pas encore toutes les possibilités. Il démontre brillamment le rôle qu’elle peut jouer lors de la première

campagne du jeune roi François Ier en Italie et contribue activement à la victoire de Marignan en 1515, dont on dit parfois qu’il est “l’autre vainqueur”.

L’exposition consacrée à Galiot de Genouillac sera également présentée cet été au château d’Assier (Lot) ».

- Le service du patrimoine de la ville de Figeac organise une exposition intitulée « Figeac dans la Grande Guerre », du 27 juin au 15 novembre, espace Patrimoine, à l’hôtel de ville.

Ouvrages et articles reçus

- Nicolas Bru, « De remarquables mais trop rares objets de culte dans le Lot au Moyen Âge », Midi-Pyrénées Patrimoine, hiver 2014-2015, p. 86-95, photos Nelly Blaya.

- Dominique Crébassol, « Comment attirer une population aisée dans un centre ancien qui se paupérise ? », Midi-Pyrénées Patrimoine, hiver 2014-2015, p. 38-43.

Cahors, les chantiers 2014. Inventaire, archéologie, mise en valeur, Service Territorial de l’architecture et du patrimoine, 2014.

Communications

LE SERGENT LAVAYSSIÈRE, HÉROS LOTOIS DES COMBATS DE SIDI-BRAHIM EN 1845 (Hervé Thiébaut)

La communication de cette séance mensuelle n’a pas pour seul objet d’honorer la mémoire du sergent Jean Lavayssière. On doit en effet à notre intervenant et sociétaire, Hervé Thiébaut, d’avoir entrepris une véritable œuvre de sauvetage du monument-tombeau du héros, menacé par un projet d’aménagement routier au cœur de son village natal de Castelfranc. Délégué de la FNAC (Fédération nationale des amicales de chasseurs à pied, alpins et mécanisés), Hervé Thiébaut, en collaboration avec la municipalité, a initié un projet de déplacement du monument mais aussi de valorisation de la mémoire par la création d’une salle-musée et d’un parcours associant les communes natales des héros de Sidi-Brahim. L’orateur rappelle bien entendu à l’assistance les circonstances du combat qui a valu à Jean Lavayssière, caporal au 8e bataillon de chasseurs d’Orléans, de devenir un héros national. En septembre 1845, en Algérie, les 82 survivants d’une colonne française tombée dans l’embuscade tendue par le célèbre émir Abd-El-Kader, réfugiés dans le marabout de Sidi-Brahim, vont résister plusieurs jours à 5000 cavaliers, repoussant tous les assauts. Réduits à une quinzaine d’hommes, les rescapés forcent le siège et parviennent, sous la conduite de Jean Lavayssière, à rejoindre les lignes françaises. Sidi-Brahim va devenir pour la troupe d’élite que sont les chasseurs à pied, l’équivalent de Bazeilles pour les marsouins ou Camerone pour la Légion étrangère. Le retour de Jean Lavayssière dans sa petite patrie est difficile ; il est certes nommé sergent, fait chevalier de la Légion d’honneur, récompensé d’une carabine d’honneur, mais notre homme, d’un caractère emporté, a du mal à se réadapter à la vie civile. Devenu père de famille et éclusier, il perd en 1863 cette place réservée pour avoir jeté son supérieur dans le canal ! Réduit à s’occuper de quelques vignes, suisse à l’église du village, il connaît vite la misère, perd un œil et finit par solliciter le chancelier de la Légion d’honneur pour le tirer de ce mauvais pas. La solidarité des chasseurs va dès lors lui assurer l’essentiel jusqu’à sa mort en 1892. Tout d’abord inhumé dans le cimetière du village, son corps est transféré en 1911 dans le monument élevé par souscription des 50 bataillons de chasseurs et autres militaires devant sa maison natale, œuvre d’Antonin Rougé. Le monument-tombeau déplacé et restauré sera inauguré le samedi 3 octobre 2015 à 10h30 en présence des autorités civiles et militaires et avec la participation de la fanfare du 27e Bataillon de chasseurs alpins qui ne manquera pas de faire retentir en hommage au héros la célèbre marche de Sidi-Brahim, devenue l’hymne des chasseurs.


La Société des études du Lot s’honorera d’y participer et s’associe à l’appel à souscription lancé par la FNAC pour couvrir les frais engagés dans cette œuvre de mémoire (tous les renseignements utiles sont disponibles sur son site www.bleujonquille.fr ou auprès de la SEL).


Le monument tombeau actuel

SÉANCE DU 5 FEVRIER 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Émile Gérard Fages, de Figeac

- Anne Jodris, de Montaigu-de-Quercy

- Jean de Chalain, de Cahors

Manifestations signalées / Actualités de la Société

 

- La Société remercie vivement les enfants du colonel Jean Bergues qui ont bien voulu l’instituer donataire de divers ouvrages et documents (dont de nombreuses photographies et diapositives) se rapportant aux recherches menées par Jean Bergues sur Galiot de Genouillac, sa carrière militaire et les diverses fondations réalisées en Quercy ou ailleurs.

- Le mardi 20 janvier, la SEL, représentée par M. Foissac, a été invitée par l’UIVC et l’équipe de recherches sur le vin de Cahors (Sorbonne, université Michel de Montaigne de Bordeaux et alii) à une table ronde pour un point sur cet important projet de recherches. La SEL y apportera bien sûr son concours.

- La Société a accepté de participer au prochain Salon du Livre ancien et moderne de Cahors dont le thème sera la voie fluviale et la batellerie du Lot.

- Serge Austruy, notre dévoué « webmaster », a entrepris une refonte du site internet de la SEL afin de le rendre plus lisible. La nouvelle formule sera très prochainement en ligne.

Ouvrages et articles reçus

- Nelly Blaya, Nicolas Bru, Le mobilier des églises du Moyen Âge dans le Lot, Toulouse, éd. Conseil régional de Midi-Pyrénées, 2014, 122 p., ill.

- Patrice Foissac, Cahors au siècle d’or quercinois (1450-1550), Portet-sur-Garonne, éd. Midi-Pyrénéennes, 2014, 410 p., ill.

- Paul Laval, Le Ségala et la Résistance dans le Lot. Études historiques, géographiques, touristiques, économiques…, Aurillac, Imp. Gerbert, 1954, 220 p.

- François Nadaud, Payrac de 1900 aux années d’après-guerre, la belle endormie… , Payrac, Société historique et archéologique du Payracois, 2014, 443 p., ill.

- Eugène Sol, Dans la tourmente révolutionnaire, Paris, Auguste Picard, 1926, 419 p.

Mémoires de quartiers, Cahors-Saint-Henri. Journées européennes du Patrimoine 20 et 21 septembre 2014, Cahors, Service patrimoine, 2014, 26 p., ill.

 

Communications

« LES DESSOUS DU LOT » (Master Patrimoine de Cahors)

La désormais traditionnelle présentation du thème de recherches de la classe de Master Patrimoine est cette année consacrée à un sujet inédit : les ressources du sous-sol lotois dans un département dont on a plus étudié la ruralité que les aventures industrielles. À notre connaissance, ce thème n’a jamais été abordé dans sa globalité même si l’on connaît assez bien aujourd’hui certaines de ses déclinaisons comme les phosphatières de Bach, les carrières de pierre de Crayssac ou les eaux minérales de Miers. Réservant l’essentiel de leur communication à une prochaine exposition, les étudiants ont choisi de ne traiter ce soir que quelques-unes des problématiques les plus originales soulevées par l’exploitation du sous-sol comme l’immigration et la main-d’œuvre étrangère, les exploitations illicites et les projets avortés. S’appuyant sur les recherches de Françoise Auricoste et de Jean Lartigaut, ils rappellent opportunément que le Quercy a attiré dès le Moyen Âge des ferriers basques dans la vallée de la Masse et ses environs. Le relais a été pris beaucoup plus tardivement par les immigrants étrangers, italiens et espagnols, dans les mines de charbon de Saint-Perdoux, les briqueteries de Puy-Blanc ou Boissières dans l’Entre-deux-guerres et les carrières de Crayssac qui ont fixé une importante communauté portugaise à partir des années 60 du XXe siècle. Il va de soi que cette immigration est restée confidentielle et n’a jamais atteint les effectifs des grands bassins industriels voisins de Decazeville ou Carmaux. Les bassins d’exploitation lotois sont réduits à quelques matériaux : argile, calcaire, charbon, fer, phosphates et aux eaux minérales. À l’aide de cartes et de photographies, l’un des étudiants nous présente succinctement les grandes étapes de leur mise en valeur qui seront développées dans l’exposition à venir. Les projets avortés se sont intéressés aux gisements de matériaux précieux, or et argent, ou plutôt plomb argentifère et aurifère, autour de Figeac. Trop ambitieux, portés par de simples particuliers plus que par de véritables industriels, aventuriers parfois, ils se sont heurtés pour la plupart à des refus administratifs. Quant aux exploitations illicites, elles ont pour cadre principal les gisements de houille de Saint-Perdoux mais aussi les sources avec des projets plus ou moins farfelus qui s’inspirent du succès des eaux de Miers-Alvignac. De nombreuses questions et demandes de précisions prolongent le dynamique exposé à trois voix des étudiants. Nous ne manquerons pas de signaler les dates et lieux de leurs prochaines interventions et de faire une large place à l’exposition qui valorisera leurs recherches.

 

SÉANCE DU 8 JANVIER 2015

Décès

 - M. Jacques Bouzerand, de Paris

- Mme Madeleine Lafon, d’Albas

Nouveaux membres

 - Philippe Andlauer, de Labastide-Murat

Manifestations signalées / Actualité de la Société

 

[ndr : À compter de ce fascicule et dans le souci de laisser plus de place aux ouvrages, articles et communications, nous n’inscrirons dans cette rubrique que les manifestations encore actives à la date de parution du Bulletin. Nous continuerons bien évidemment à communiquer en séance, sur notre site et sur notre « page facebook » les annonces de manifestations qui nous auront été signalées.]

Ouvrages et articles reçus ou acquis

 

-Patrick Ferté, La grande généralité de Montauban – Quercy, Rouergue, Gascogne, pays de Foix – sous Louis XIV d’après le Mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne (1699), et son complément par A. Cathala-Coture (1713) ;tome 1 : Mémoire de l’intendant de Montauban « Pour l’instruction du duc de Bourgogne », 566 p. ; tome 2 : « Mémoire historique de la généralité de Montauban et des païs en dépendans » par Antoine Cathala-Coture, 676 p., Paris, éd. du CTHS, 2014.

- Gilles Séraphin (dir.), Donjons et châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne, éd. Midi-Pyrénéennes, 2014, 383 p.

- Joseph Restany, « Le Sarladais au cœur d’une entreprise clandestine de fabrication d’armement en 1941 et 1942 », Revue d’art et d’histoire de Sarlat et du Périgord Noir, n°139, décembre 2014, p. 160-172.

- Jean-Marc Fabre, Didier Rigal, « Les vestiges d'ateliers sidérurgiques de l'âge du Fer sur les sites de l'autoroute A 20 : Courcan (Cours, Lot) », dans P.-Y. Milcent (dir.), L'économie du fer protohistorique : de la production à la consommation du métal. Actes du XXVIIIe colloque de l'AFEAF, Toulouse 20-28 mai 2004, Aquitania suppl. 14-2, Bordeaux, 2007, p 125-131. Don de Didier Rigal.

- Nicole Gangloff, Lionel Izac-Imbert, Didier Rigal, « Trois sites à enclos fossoyés de la fin de l'âge du Fer : le Bois de Dourre (Montalzat), Larsou (Réalville) et Al Claus (Varen), (Tarn-et-Garonne) : première étude comparative dans leur contexte régional », dans Les âges du Fer dans le sud-ouest de la France, Actes du XXVIIIe colloque de l'AFEAF, Toulouse, 20-23 mai 2004, Aquitania suppl. 14-1, Bordeaux, 2007, p. 345-384 : ill., bibliogr. Don de Didier Rigal.

- Laurent Carrière, Capdenac en Quercy, histoire d’un village vu par sa population, Capdenac, 2002, 103 p.

- Adèle Antignac, Corinne Bourrières, Château Lagrézette, sculptures, blasons et ornements ou la gloire de Marguerite de Massaut, Caillac, éd. Château Lagrézette, 2013, 44 p., ill.

- Édouard Alfred Martel, Padirac, historique et description sommaire, Saint-Céré, Libraire Vertuel, 1928, 32 p.

- Ministère de la Culture, Bilan DRAC du Service régional de l’Archéologie, 2010, 196 p.

Communications

LE COLONEL PIERRE BONAFOUS, COMTE DE MELITO (France Marsanne)

Mme France Marsanne a bien voulu nous présenter l’ouvrage qu’elle a consacré à ce parent peu connu de notre illustre compatriote Joachim Murat, roi de Naples. Cet ouvrage est le fruit d’une rencontre fortuite ; Mme Marsanne étant devenue propriétaire de la maison acquise par les Bonafous à Mercuès, elle s’est heureusement intéressée à l’histoire de ses anciens occupants dans un village marqué par la présence d’un autre compatriote célèbre lié au roi de Naples, Michel Agar comte de Mosbourg. Pierre Bonafous est l’un des quatre enfants d’Antoinette Murat, sœur de Joachim, mariée à un simple laboureur de Montgesty, Jean Bonafous, résidant au hameau de Crabillé dans la propriété que la bonne fortune de la famille transformera bien vite en château. Devenu le grand personnage que l’on sait, Joachim Murat va tirer de l’obscurité ses neveux, faisant accomplir aux garçons une carrière militaire. Deux d’entre eux, Pierre et Eugène, deviennent officiers de cavalerie et le dernier, Joseph, capitaine de frégate. Pierre, parvenu au grade de colonel, est l’aide de camp de Joachim et le suit bien entendu à Naples. Son oncle l’y fera « comte de Melito », le décorera de l’Ordre royal de Naples et de la Légion d’honneur. Mais la carrière du colonel Pierre Bonafous connaît une fin aussi spectaculaire que sa précédente ascension puisqu’il est contraint par la chute de l’Empire et celle de son oncle et protecteur à chercher refuge dans sa famille. Il va alors mener sous la Restauration une vie difficile, réduit au statut de demi-solde, sans que ses demandes de réintégration dans l’armée aboutissent. Quittant Crabillé, isolé et peu sûr, il s’installe avec son épouse, Julie Andrieu, auprès de son beau-frère Agar de Mosbourg (qui a épousé une sœur de Julie) à Mercuès. Il recueille sa mère et élève là ses sept enfants dont quatre seulement survivront, l’aîné, Gustave, finira interné, le cadet Lucien deviendra officier de cavalerie. En 1828, les Bonafous quittent Mercuès pour revenir à Crabillé et finalement résider à la Mouline de Labastide-du-Vert, village dont il devient maire de 1838 à 1848, renouant ainsi avec une forme de vie publique. Il a la satisfaction de voir son petit-cousin, le prince Lucien Murat, devenir député du Lot. Il s’éteint, le 19 janvier 1853, dans son château de Crabillé, à l’âge de 67 ans, et est inhumé le lendemain à Montgesty. Rappelons que son frère Joseph, le marin, propriétaire du château d’Anglars, est le premier maire de la nouvelle commune d’Anglars-Juillac et le donateur au Musée de Cahors de la statue du dieu polynésien Rongo.

 SÉANCE DU 1er OCTOBRE 2015[1]                                                    

                                                   Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

 

  • - Pierre Louis Crabol, de Bordeaux
  • - Éric Gramon, de Bordeaux
  • - Christian Landes, de Sainte-Colombe
  • - Musée Champollion, de Figeac
  • - Brigitte Pern-Levasseur, de Luzech
  • - Quercy-Découvertes, de Cahors
  • - Claude Soirot, de Blars.

Manifestations signalées

 

  • - La Société a participé cet été à la Route des Livres de la vallée du Célé, au Salon du Livre ancien et moderne (12 et 13 septembre), elle participera également aux animations autour du transfert du monument-tombeau du sergent Lavayssière à Castelfranc (3 octobre) ainsi qu’à celles organisées en l’honneur de Galiot de Genouillac à Assier sur l’invitation de l’Association des artilleurs (4 octobre).

Ouvrages et articles reçus ou acquis

 

- Catherine Lamic, Paroles paysannes du Haut-Quercy. Le pays où pousse la pierre,  Vayrac, éd. Tertium, 2015, 200 p.

  • - Edgar Auber, Une insurrection à Saint-Céré au moment du coup d’état du 2 décembre 1851, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2015, 162 p.
  • - Les Amis de Lalbenque, Les poilus de Lalbenque. Centenaire de la Première Guerre mondiale, Lalbenque, 2014-2015, 203 p. (don de Lucienne Bach)
  • - Collectif, Dordogne au fil de l’eau, une rivière en Quercy. Géologie, faune, flore, pêche bacs, lessives, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2014, 255 p.
  • - Jacques Tixier, Méthode pour l’étude des outillages lithiques, Luxembourg, éd. Foni Le Brun-Ricalens CNRA, 2012, 195 p. (don de l’auteur).
  • - Dominique Crébassol, Didier Taillefer, « Des jardins au pied des murs », Midi-Pyrénées Patrimoine n°42, été 2015, p. 38-43.
  • - Aimé Noël, Figeac d’hier et d’aujourd’hui de l’an 750 à 1980, Aurillac, Imprimerie moderne, 1984, 207 p. (Bibliothèque de Serge Juskiewenski, don d’Étienne Baux).
  • - Jean-Pierre Ramel, Journal du commandant de la Garde du Corps législatif de la République française déporté en Guyane, Londres, 1799, 159 p.
  • - Françoise Auricoste, Nelly Blaya, Histoire de Gindou, Gindou, éd. Mairie de Gindou, 2015, 253 p.
  • - Françoise Auricoste, Histoire de Pomarède, Pomarède, 2015, 293 p. (don de l’auteur)
  • - Thierry Crépin-Leblond, Guillaume Fonkenell, Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, Paris, Réunion des musées nationaux, 2015, 55 p.
  • - Druy de Constant-Scribe, La vie du général baron Ramel, 1768-1815, réimpression de l’édition de 1912, Paris, L. Fournier, Université de Californie, 2015, 180 p.
  • - Marguerite Guély, « Les temples dans la vicomté de Turenne en dans le bas Limousin », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 303-327.
  • - Jean-Pierre Girault, Marguerite Guély, « Le repaire de Roqueblanque et la motte castrale du Bois-Grand de Besse », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 39-64.
  • - Jean-Pierre Poussou, « Histoire du vignoble, de la viticulture et de la consommation du vin en France », Actes de l’Académie de Bordeaux, t. XXXIX, 2014, p. 91-127.
  • - Jean Dufour, Les évêques d’Albi, de Cahors et de Rodez des origines à la fin du XIIe siècle, Paris, éd. du CTHS, 1989, 92 p.
  • - François Cangardel, Catalogue de la bibliothèque de la ville de Cahors, Cahors, Laytou, 1887, 720 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • - Marcellin Pellet, Émilie Pillias, Léonie Léon, amie de Gambetta, Paris, Gallimard, 1935, Nrf, 304 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • - Pierre-Barthélemy Gheusi, La vie et la mort singulières de Gambetta, Paris, Albin Michel, 1932, 318 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • - Raymond Rey, La sculpture romane languedocienne, Toulouse, Privat, 1936, 387 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • Distribution solennelle des prix, présidence Delbos, 13 juillet 1942, Lycée de jeunes filles de Cahors, Cahors, Coueslant, 1942, 55 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • - Jacques Lagrange, Jean Secret, L’abbaye de Chancelade en Périgord contenant le plan de visite, s.l., Office de tourisme Dordogne, 1972, 25 p. (don de la famille de M. Louis Claval).
  • - Fabien Lesage, Jean-Claude Maigne, Souillac-sur-Dordogne, histoire d’une confluence, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2013.
  • La ville en bois, construction du viaduc du Boulet dans les années 1880, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2010.
  • Cérémonie de remise de la « Médaile des Justes parmi les nations » au couvent des Filles de Jésus à Vaylats, deux DVD, Cahors, 2009.

Communications

« L’OUVERTURE DU LOT AU TOURISME » (Étienne Baux)

Notre vice-président prend bien soin de préciser que sa communication s’appuie sur l’un des nombreux mémoires de maîtrise qu’il a eu l’occasion de lire lorsqu’il était en poste à l’université de Toulouse-Le Mirail, en l’occurrence celui de Sophie Trinque (septembre 1996) dont il avait  d’ailleurs fait un compte-rendu étoffé dans notre BSEL. Il souligne immédiatement le poids contemporain de l’économie touristique qui génère plus de 4000 emplois directs avec plus de dix millions de nuitées. Cette activité, devenue un pilier de l’économie lotoise, a déjà un passé qu’on peut faire débuter au milieu du XIXsiècle même si les statistiques restent relativement imprécises avant 1940. L’activité touristique peut précocement s’appuyer sur les trois piliers que sont Rocamadour, Padirac et Alvignac mais elle rencontre aussi des freins non négligeables dans une société rurale conservatrice peu encline à s’approprier d’aussi radicales nouveautés. Il va de soi qu’à l’échelle du pays, elle reste confidentielle et longtemps réservée à la bourgeoisie, la masse de la population n’étant pas vraiment concernée avant 1936 et les premiers congés payés. L’essor des transports routiers, une nouvelle politique tarifaire des chemins de fer, avec des billets touristiques, expliquent le développement progressif du tourisme départemental.

Miers-Alvignac bénéficie assez tôt de la mode des cures thermales. Autour de la source salmière et de ses « eaux sulfatées sodiques », elle ambitionne de devenir le Carlsbad français. Mais, en dépit de la création de la Société des Eaux de Miers et d’investissements importants dans un « complexe thermal » avec hôtels, casino, café-concert, promenades, la progression est lente : 550 curistes en 1835, 1000 en 1876, 1500 en 1907 pour retomber à 1065 en 1938. Classée « ville d’eaux » en 1911, dotée d’un Grand hôtel de la source en 1913 avec ses 45 chambres de luxe, la station thermale stagne avec la concurrence des stations d’Auvergne. Le coup de grâce est donné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le retrait de l’agrément de la Sécurité sociale et la station ferme (définitivement ?) en 1980.

Le sanctuaire de Rocamadour, pourtant jugé « horrible » par Richeprey, est restauré sous Mgr Bardoux par l’abbé Chevalt, architecte diocésain. L’ouverture de la gare, inaugurée en 1862, reliée au village par un omnibus-tramway à vapeur, permet d’amener au sanctuaire touristes et pèlerins. La progression du nombre de visiteurs est spectaculaire : 21 573 voyageurs en gare de Rocamadour en 1905, 25 234 quatre ans plus tard.

Enfin, le gouffre de Padirac, exploré par E. A. Martel en 1889, perd sa réputation de lieu maudit que lui valaient nombre de chutes ou même disparitions suspectes. La création de la Société du gouffre de Padirac – dont la SEL est encore actionnaire ! –, l’arrivée de l’électricité et des aménagements de descente expliquent le bond des visites de 13 000 en 1913 à plus de 100 000 en 1936 !

Le département commence alors à prendre conscience de ses atouts et Armand Viré crée, en août 1917, la première Commission de tourisme, rattachée au ministère de l’Instruction publique. Cette consécration officielle avait été précédée par des initiatives locales dont le premier « Syndicat d’initiative de Cahors et du Quercy » fondé en 1905 par une vingtaine de notables. Toutefois le Lot n’en comptera que neuf en 1939… Le Conseil général se montre également assez timoré et ne va guère au-delà des indispensables aménagements routiers et de quelques subventions aux associations et particuliers. L’ouverture ou le développement de nouveaux pôles dans l’Entre-deux-guerres, notamment autour des cavités (Lacave) et de la restauration de quelques châteaux par de généreux mécènes (Fenaille, Mouliérat), ne parviennent pas à corriger le déséquilibre touristique nord-sud et la relative frilosité des Quercinois.

                                                                  

                                                           

                                          SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 2015[2]                                                    

                                                      Présidence : M. Baux

Nouveaux membres

  • - Jacques et Marie-Claude Chopineau, de Pradines
  • - Mireille Picard, de Cahors.

Ouvrages acquis ou reçus

 

  • Projet de Parc naturel régional des Causses du Quercy, étude socio-économique, avril 1998, (Bibliothèque S. Juskiewenski).
  • - Marcelle Capy, Une voix de femme dans la mêlée, réédition, 1° édition en 1916, 2° en 1936, Virieu, Entre-temps éditions, 2015.
  • - Gilles Lades, Anthologie des poètes du Quercy, des troubadours à nos jours… Martel, éd. du Laquet, 2001.
  • - Nicolas Savy, Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre, Pradines, éd. Archéodrom, 2015.
  • - Benjamin Findinier, Stéphanie Lebreton, Cacher, Coder, 4000 ans d’écritures secrètes, musée Champollion, les écritures du monde. Catalogue de l’exposition du 10 juillet au 1er novembre 2015, Figeac, éd. Ville, Musée Champollion, 2015.
  • La Source Salmière, l’oasis du Causse ou le mariage thermal de Miers et d’Alvignac les eaux, Brive-la-Gaillarde, éd. du Ver Luisant, 2015. Publication de l’Association Racines.
  • - Léonard Liggio, Charles Dunoyer et le libéralisme classique français, Paris, éd.  Institut Coppet, 2014.
  • - Gilles Fau, Jean Gasco, Histoire des fouilles, découvertes archéologiques à Roucadour (Thémines, Lot), 1925 – 2000, Gramat, éd. Association Racines, 2001.
  • - A. Hugo, France pittoresque : département du Lot (tiré à part), Paris, éd. Delloye, 1835.
  • - Louis Gay, Charles Valéry, Au service de l’agriculture lotoise, Cahors, éd. Imp Dhiver, (1950 ?).
  • Usages locaux traditionnels en vigueur dans le département du Lot, Cahors, éd. Quercy Recherche, réédition de 1899, 1998.
  • - Martine Claustre, Pascal Jean, Les tourneurs sur bois de Saint-Cirq-Lapopie, Concots, éd. Carnet de notes, 1998.
  • Station hydrominérale de Miers- Salmière, éd. Centre de Tourisme,  années 20 ?
  • - Benjamin Philip, Priscilla Malagutti, 14-18 Figeac, Figeac, éd. ville de Figeac, juin 2015.

Communication  

« JEAN CALVET (1874-1965) » (Docteur Jean Calvet)

Un Quercynois quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant personnalité de premier plan que son petit neveu, le docteur Jean Calvet est venu évoquer.

C’est un enfant de Castelnau-Montratier qui lui a consacré, l’été dernier une commémoration chaleureuse. Il a d’abord mené une enfance heureuse, celle d’un petit paysan d’alors, dans une atmosphère de travail et de piété, fréquentant l’école des Frères  où il vécut le rude apprentissage de la vie et des hiérarchies sociales.

Le père accepta son départ, le 1er octobre 1886, pour le petit séminaire de Montfaucon alors pépinière du clergé lotois. La vie y était spartiate, sans feu, en sabots, les vacances rares où il revenait garder le troupeau familial. Il y acquit une maîtrise solide de la langue latine et des humanités classiques, le goût pour l’étude et, en même temps, des habitudes de piété qui guidèrent toute sa vie. Ses qualités lui permirent un succès facile au baccalauréat. On allait alors à Toulouse pour les épreuves et il a raconté que c’est un jeune professeur, Jean Jaurès, qui fut son examinateur en philosophie.

Devenu prêtre après ses années d’études au grand séminaire de Cahors il poursuivit ses études jusqu’à la licence ès Lettres (1897). À 23 ans, il retrouva alors Montfaucon quitté peu d’années auparavant, car on avait besoin d’un professeur de rhétorique. Mais Mgr Énard, son évêque, lui permit de partir pour Paris préparer l’agrégation encore ouverte aux membres du clergé. Après son succès en 1902 il fut nommé professeur à l’Institut catholique de Toulouse.

Déçu par la fermeture et la raideur de ses collègues tout comme des dirigeants de l’Église de France, Jean Calvet sut préserver son indépendance d’esprit dans un contexte très difficile : anticléricalisme, séparation des Églises et de l’État, crise moderniste qui, au sein de l’Église, déchira bien des consciences. Lui-même réprouvait les imprudences des modernistes qui risquaient de vider le catholicisme de son essence même. Cependant, jugé imprudent, il fut renvoyé de l’Institut catholique de Toulouse et, privé de tout emploi, il put grâce à ses amis revenir à Paris et enseigner au collège Stanislas. Après la guerre, dans un climat plus serein, il devint professeur à l’Institut catholique de Paris.

Il s’affirma alors dans de nombreux travaux qui lui valurent sa réputation : une monumentale histoire de la littérature française, une grammaire latine, de multiples articles et conférences. Professeur mais aussi observateur averti de son temps, on lui doit une monographie du diocèse de Cahors en 1904 qui fait toujours autorité. Militant aussi, avec moins de succès, de la cause de l’Unité auprès des anglicans.

Il devint vice-recteur de l’Institut catholique de Paris à son corps défendant, en fait recteur, et réussit à grand peine à maintenir la maison en activité malgré la tragédie du désastre et de l’Occupation. En 1941, il a créé l’Institut supérieur de pédagogie pour l’enseignement libre. Le docteur Jean Calvet a tracé de son grand-oncle un portrait de prêtre fervent, de professeur exigeant et humain, soucieux du quotidien des étudiants. Il fut élevé à la prélature par Mgr Baudrillart.

Il aimait revenir en Quercy auprès de sa famille. Gravement diminué par la perte progressive de sa vue, il ne cessa jamais jusqu’à sa mort en 1965 de recevoir et de témoigner.

Une biographie de Mgr Calvet, récemment parue, sera présentée à notre Société lors de sa séance de décembre.

                                                                                                                      Étienne Baux

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                                         SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 2015[3]                                                    

                                                   Présidence : M. Foissac

Carnet

  • - Jean-Luc Obereiner, de Labastide-Murat [Nous rendrons dans notre prochain Bulletin un hommage particulier à J.-L. Obereiner, hommage suivi d’un article que notre sociétaire nous avait adressé cet été].

Nouveaux membres

  • - Jacques Carral, de Saint-Étienne-de-Tulmont
  • - Bertrand Valette, de Payrignac. 

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Ouvrages et articles reçus

  • - Patrice Béghain, Écrivains et artistes en Quercy, Rodez, éditions du Rouergue, 1999, 200 p.
  • - Didier Rigal, « Diagnostic archéologique autour de l’église de Guéret », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 60, 2014-2015, p. 409-415.

Communications

[En raison de l’ordre du jour chargé de l’Assemblée générale, la communication de la séance a été écourtée en accord avec les intervenants ; elle complète celle du mois précédent dont le compte-rendu figure ci-dessus]

« UN MAÎTRE D'AUTREFOIS : MONSEIGNEUR JEAN CALVET (1874-1965 » (CHRISTIAN GALLOT)

Christian Gallot, le biographe de Mgr Calvet, empêché lors de la dernière séance a bien voulu intervenir lors de cette séance, même écourtée par la tenue de l’Assemblée générale, et nous l’en remercions chaleureusement. Il a eu le souci d’éviter, en accord avec le docteur Jean Calvet, les redites de la précédente intervention dont Étienne Baux a fait le compte-rendu. Nous reproduisons la postface de l’ouvrage « Un maître d’autrefois : Monseigneur Jean Calvet (1874-1965) recteur émérite de l’Institut catholique de Paris » paru en 2015 aux éditions L’Harmattan dans la collection « Religions et spiritualité » :

« Il est des “Maîtres” d’autrefois dont on ne parle plus aujourd’hui mais qui méritent d’être remis en lumière : c’est certainement le cas de Mgr Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut catholique de Paris.

Professeur de lettres agrégé de l’université, auteur de nombreux ouvrages, dont le célèbre manuel de littérature, critique reconnu, il a été aussi disciple du P. Portal précurseur de l’œcuménisme, cheville ouvrière du rassemblement des écrivains catholiques et représentant d’une société ecclésiastique sur le plan culturel, social et politique.

Se rappeler, grâce à Jean Calvet, un passé dont il a été témoin et acteur, ne peut sans doute qu’aider à mieux comprendre l’évolution de la France catholique. »

Ajoutons que l’ouvrage s’enrichit d’une  préface de Mgr Philippe Bordeyne recteur de l’Institut catholique de Paris.

[1] Présents : Mmes Azaïs, Bergounioux, Deladerrière, Dreyfus-Armand, Foissac, Lagarrigue, Marcillac, Mariotto, Pendino, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Crabol, Deladerrière, Denjean, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Gérard, Réveillac, Roques, Royère, Sabatier, Savy, Serin.

[2] Présents : Mmes Azaïs, Chopineau, Lagarrigue, Pendino ; Mlles Brun, Denjean ; MM Audouin, Austruy, Azaïs, Balan, Baux, Brugnera, Calvet, Chopineau, Conte, Deladerrière, Denjean, Gérard, Linon, Royère, Serin.

[3] Présents : Mmes Bonnemort, Calvet, Delsahut, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Lagarrigue, Pendino, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean ; MM. D’Alençon, Auvray, Baux, Brugnéra, Calvet (Jean), Calvet (Robert), de Chalani, Deladerrière, Denjean, Foissac, Genebrières, Gérard, Germain, Le Camus, Linon, Rausières, Réveillac, Royère, Savy, Serin, Vincent.

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