Historique du siège

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de 6 personnes),
LA SÉANCE DU 4 FEVRIER 2021 EST ANNULÉE et l’AG aussi par conséquent…

Nous organiserons l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE par correspondance, les modalités seront
précisées dans le prochain Bulletin à paraitre d’ici le 15 avril.
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2.L’INSCRIPTION LATINE DE L’ARCHIDIACONÉ SAINT-JEAN, SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT (B)SEL 2012-4

Au premier étage de l’aile occidentale de l’archidiaconé, la pièce sud placée sous un beau plafond à la française conserve dans la partie haute des murs une inscription latine dégagée très partiellement par quelques sondages réalisés dans la couche de peinture qui la recouvre. Comme l’a mentionné Bruno Tollon[1], le texte en grandes capitales romaines noires sur fond blanc s’étire sur le pourtour de la pièce sur un phylactère bordé d’un liseré noir placé au centre d’une large banderole ocre rouge.

CLA et O HOSTIO ORA constituent les parties les plus lisibles ; le reste du texte courant sur les parois étant composé de caractères isolés les uns des autres.

On lit dans l’Evangile selon saint Matthieu (Chapitre VI, verset 6) dans la traduction qu'en fit saint Jérôme entre les IVe et Ve siècles et qui porte le nom de Vulgate Clémentine[2] :

«TV AVTEM, CVM ORAVERIS, INTRA IN CUBICVLVM TVVM, ET CLAVSO HOSTIO ORA PATREM TVVM IN ABSCONDITO ET PATER  TVVS, QUI VIDET IN ABSCONDITO, REDDET TIBI.»

«Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre et, porte fermée, prie ton Père dans les secret et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.».

A partir de CLA et O, nous formons CLAVSO. Nous avons donc CLAVSO HOSTIO ORA. L'orthographe d'hostium précédé d'un h se retrouve notamment dans un « Évangile de Saint Matthieu » daté de 1175-1200, au département des manuscrits de la BnF -Latin 14243, et dans «Le Saint Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu» daté de 1787 paru à Nîmes chez Pierre Beaume, à Paris chez Guillaume Desprez.

Les lettres isolées ou parties de lettre sont autant de jalons permettant de supposer la citation entière qui semble commencer sur le mur nord à droite de la cheminée pour se terminer sur le mur ouest.

Les lettres en gras correspondent aux fragments d'inscription originaux :

 TV AVTEM CUM ORAVERIS INTRA IN CVBICVLVM TVVM ET CLAVSO HOSTIO ORA PATRETVVM IN ABSCONDITO ET PATER TVVS QVI VIDET IN ABSCONDITO

REDDET TIBI

AVTEM : barres de A et V reconnaissables.

ORAVERIS : Traces de R et de I ; S très lisible.

CVBICVLVM : V et M bien reconnaissables.

ET : très lisible.

CLAVSO : CLA bien reconnaissables ; O parfaitement lisible.

HOSTIO : parfaitement lisible.

ORA : O et A bien reconnaissables, R parfaitement lisible.

PATREM : R reconnaissable, barre de M.

TVVM : barre de V.

IN : trace de N.

ABSCONDITO : O reconnaissable.

ET : E reconnaissable.

TVVS : T parfaitement lisible.

ABSCONDITO : traces de B et S.

TIBI : traces de B et I.

Apparaissent des traces non identifiables sur le mur nord, à gauche de la cheminée. La Vetus Latina[3] ou «vieille» Bible, ensemble de traductions de la Bible à partir du Grec, semble pouvoir compléter la phrase par les mots «in palam» qui signifient : ouvertement, devant tous les yeux (dictionnaire Gaffiot). Ce qui donne : «...et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra devant tous ».

La transcription supposée de cette phrase, qui évoque une chambre et une prière dans le secret - sous réserve cependant de son dégagement complet -, pourrait indiquer que cette pièce, à l’écart de l’ancienne cour du bâtiment, était la chambre du grand archidiacre.

                                                                                                                                 Guylène SERIN

NOTES

 

[1] Bruno Tollon, « L'Archidiaconé Saint-Jean » dans Congrès archéologique de France, Quercy (1989), Société Française d'Archéologie, Paris, 1993, p. 97.

[2] La Vulgate Clémentine. Vulgate vient du verbe latin vulgo, vulgare, signifiant «répandu dans le public» (dictionnaire Gaffiot) ; elle est dite Clémentine car elle porte le nom du pape Clément VIII sous le pontificat duquel elle fut imprimée. Depuis le Concile de Trente elle fait autorité dans l'Église.

[3] Vetus Latina, Bibliorum sacrorum Latinae Versiones Antiquae seu Vetus Italica de D. Sabatier, Tome 3, à Paris chez Didot, 1751. Dans cet ouvrage de Dom Sabatier figurent en note de nombreuses variantes de ce verset.

Les photos :

 

Fig. 11 : Mur nord

 fig 13
 fig 14

 Fig.12 : Mur est

 

 fig 15
 fig 16

Fig.13 : mur sud

 

 fig 17
 fig 18

Fig.14 : mur ouest


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