English French

actes colloq

           


                                                                                                         

Text Size
logo_commun_congres.jpg

VIVRE ET MOURIR EN TEMPS DE GUERRE

   DE LA PRÉHISTOIRE À NOS JOURS :

   QUERCY ET RÉGIONS VOISINES 

 

59ème Congrès de la Fédération Historique de Midi-Pyrénées
s'est tenu à Cahors les 19, 20 et 21 juin 2009

Novembre 2013 : L'ouvrage est paru ! il est disponible en librairie à Cahors (35 €).
A la SEL le mardi de 14 à 17h (ou expédié franco 25 € + port 3€ (chèque à l'ordre de SEL).

SEL-Actes-congres-2009-1.jpg  SEL-Actes-congres-2009-2.jpg 

2 communications prévues ne figurent pas dans l'ouvrage: J.P. Escalettes, La mort à la bataille de Toulouse, et D. Gosse-Issart, La guerre d'Algérie.

CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION HISTORIQUE DE MIDI-PYRÉNÉES

congres18e.jpg

 Ce 59ème Congrès s’est tenu à Cahors les 19, 20 et 21 juin 2009 sur un thème unique et original : “Vivre et mourir en temps de guerre : Quercy et régions voisines”.

  Autour de Jean-Pierre Amalric, président de la        Fédération, et de Bernadette Suau, Secrétaire  Générale, notre Société s’est très tôt mobilisée pour assurer le  meilleur accueil possible aux congressistes. La SEL savait pouvoir compter sur les soutiens de la Ville de Cahors qui avait bien voulu nous garantir la gratuité de l’Espace  des Congrès Clément-Marot et du Conseil Général du   Lot qui financera une partie des Actes.

  Le vendredi 19 juin le Congrès s’est donc ouvert     sous les meilleurs auspices avec 29 intervenants programmés sur les deux jours de communications en salle et une  centaine d’auditeurs inscrits. Nous n’avons eu à déplorer qu’une seule défection de dernière minute, largement compensée par la bonne volonté d’autres communicants  qui ont davantage développé leur propre intervention.

 Le Congrès a été ouvert par Monsieur Jean-Marc Vayssouze-Faure, Maire de Cahors que nous remercions pour sa présence et la qualité de son introduction.

 Jean-Pierre Amalric, pour la FHMP, et Patrice Foissac, pour la SEL, ont ensuite précisé les enjeux de la manifestation et quelques détails pratiques avant de céder la place  aux premiers intervenants.

 Le choix d’une progression chronologique, le nombre élevé d’intervenants et la réservation de la dernière journée à la traditionnelle sortie imposaient une organisation  stricte et le respect d’un temps de parole limité à 30 mn, questions incluses. Les ateliers devaient aborder quatre thèmes :

- « Grottes et forteresses »
- « Enjeux et rivalités stratégiques au Moyen Age »
- « Les guerres de la monarchie »
- « Guerres nationales »

Il avait été prévu, dans le respect des traditions, de prolonger la première journée par une visite des défenses médiévales de la ville de Cahors guidée par Nicolas Savy et, en fin de Congrès, de rendre hommage à la belle carrière de Pierre Laborie, en lui proposant d’assurer une conférence sur « Vie et mort des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, historiographie, mémoire, variables régionales ». Enfin, la Municipalité devait offrir la non moins traditionnelle réception de bienvenue confiée à Me Geneviève Lagarde, première adjointe au maire.

Ce programme complet, s’étalant de la Préhistoire à la période contemporaine, a été assuré par des intervenants de grande qualité issus de toutes les disciplines et horizons de la recherche : historiens bien sûr mais aussi préhistoriens, archéologues, historiens de l’art, bibliothécaires et archivistes. Le seul regret des congressistes a été de devoir choisir le samedi matin entre deux ateliers, les contraintes horaires nous obligeant à mettre en concurrence partielle « Guerres de la monarchie » et une partie des « Guerres nationales ». Les organisateurs s’en voudraient beaucoup d’oublier un élément essentiel de tout congrès, la restauration. Le choix du comité s’est judicieusement porté sur M. David Blanco et son équipe de « Côté Sud » qui ont réussi à allier qualité de la nourriture, rapidité du service… et modicité des tarifs.

La sortie du dimanche devait compléter sur le terrain ce riche programme en proposant, le matin, la visite du site de bataille de la Fontaine de Loulié, sur les flancs de l’oppidum du Puy-d’Issolud, visite guidée par le plus compétent des guides, Jean-Pierre Girault, dont on attend avec impatience la publication d’une synthèse de ses recherches.
L’église et le château d’Assier étaient au programme de l’après-midi. Mme Marie-Rose Tricaud, autre sociétaire de la SEL, nous attendait sur place en compagnie de Pascale Thibaut, conservateur du château. L’érudition de Mme Tricaud qui a consacré sa thèse à l’oeuvre de Galiot de Genouillac à Assier nous a permis d’apprécier dans ses moindres détails l’originalité et la richesse de ces deux monuments. Le public et les organisateurs ont été unanimes à reconnaître la grande qualité des interventions et des visites, celle des débats qu’elles ont suscités et la richesse des échanges. Il reste à regretter que l’assistance n’ait pas été encore plus nombreuse : le Congrès méritait
sûrement mieux qu’une centaine de présents. Mais à l’heure du bilan nous n’avons finalement aucun regret et aucun doute sur le succès de la diffusion des Actes à paraître. D’ores et déjà plusieurs propositions d’édition sont à l’étude. Nous formons le voeu que la publication dans notre BSEL des résumés de communications incite l’ensemble des sociétaires à soutenir cette parution dont nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

Patrice FOISSAC

http://www.societedesetudesdulot.org/templates/ol_transparent2/images/h3_bg.png); background-attachment: initial; background-size: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-position: 0px 100%; background-repeat: repeat-x;">Résumé des communications :

SÉANCE D’OUVERTURE DU CONGRÈS

Fabienne Chabert, Les sources et ressources de l’histoire militaire du département du Lot (XIXe-XXe siècles). 
Au cours des deux derniers siècles (XIXe et XXe siècle), à plusieurs reprises, la France est entrée en guerre avec ses voisins : guerres napoléoniennes, guerre de 1870, guerre de 1914-1918, guerre de 1939-1945, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie.
Certes, le département du Lot n’a pas été, à proprement parler, un territoire de guerre. Cependant les grands conflits de cette période ont eu des répercutions sur la vie civile et la population du département.
Parmi les sources des conflits militaires, certaines sont conservées à un niveau local aux Archives départementales.
Ce sont ces sources qui vont être l’objet de mon propos. Les Archives départementales du Lot travaillent actuellement au classement et à l’identification des principales archives militaires concernant la période de 1800 à 1940 et conservées dans la série R. Actuellement, elles ne sont pas encore consultables ; cependant nous allons tenter d’en donner une description et surtout de montrer leur intérêt pour le chercheur.


GROTTES ET FORTERESSES 

Jean-Philippe Du Fayet de La Tour, Grotte de Foissac, une fin d’occupation brutale.
Présentation de la cavité, historique des découvertes et des campagnes de rechercheDescriptif des activités chalcolithiques dans la zone d’entrée de la grotte :
- Extractions d’argile, stockage et aménagements
- Destruction de ces aménagements (incendie et indices deconflit)
- L’activité funéraire dans la zone d’entrée.
La grotte préhistorique de Foissac (Aveyron), découverte en 1959 et explorée par les spéléologues locaux, fut l’objet d’une ouverture au public en 1973.
La grotte est classée parmi les Monuments historiques.
De multiples vestiges, étudiés et laissés in situ, permettent au public d’appréhender la vie courante de nos proches ancêtres du chalcolithique.
Dans cette présentation, nous tenterons de prouver un arrêt possible brutal de l’activité, peut-être dû à un conflit, théorie chère à notre ami François Rouzaud, aujourd’hui disparu, qui fut en charge de la recherche sur le site.


Dominique Allios, La guerre pendant le haut Moyen Âge : des grottes aux forteresses.
À partir de recherches que nous avons effectuées dans les régions Midi-Pyrénées et Auvergne, une constante est apparue pour les systèmes défensifs du VIIIe au XIe s. : les habitats troglodytiques qui servent d’abord de refuge temporaire, puis leur évolution pour en faire de véritables sites castraux. Pour l’architecture maçonnée, le site de Bruniquel constitue une référence qui a été étayée par de nombreuses comparaisons dépassant le cadre régional. Il en résulte une évolution générale des structures militaires qui, malgré des aspects particuliers régionaux, s’inscrit dans un vaste mouvement conduisant vers la féodalité. Sans toutefois reléguer l’architecture de terre et de bois, il est important de souligner la diversité des modes de constructions et surtout leur comtemporanéité, offrant un panorama plus complexe.
Cette communication s’appuiera sur les fouilles des châteaux de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), de Murol et des grottes et des sites castraux de Couze-Chambon (Puy-de-Dôme), Castelnau-Peygarol (Aveyron) etc., puis sera élargie à des comparaisons nationales et internationales (Italie, Espagne).

Didier Rigal et Jean-Luc Boudartchouk, Sites quercynois à vocation défensive, du Bas Empire au haut Moyen Âge : état des connaissances.
À l’instar de l’Auvergne et du Rouergue, le Quercy recèle un nombre significatif de sites ruraux à vocation défensive occupés entre la fin du IVe et le IXe siècle.
Il s’agit d’anciens éperons barrés, mais aussi de sites perchés naturellement défendus, voire de grottes d’accès malaisés. Le mobilier archéologique qui y a été mis au jour permet de poser quelques jalons chronologiques, que l’on peut croiser avec les rares sources textuelles disponibles.

ENJEUX ET RIVALITÉS STRATÉGIQUES

Didier Panfili, Une phase de la Grande Guerre méridionale : Bas-Quercy et Haut-Toulousain dans la tourmente (1142-1177).
La reprise des opérations militaires de 1142 à 1177 dans cette phase de la Grande Guerre méridionale opposant le comte de Toulouse à de nombreux rivaux se traduit en Bas-Quercy et Haut-Toulousain par des mutations profondes affectant tous les domaines. La volonté du comte de reprendre pied dans une région qu’il contrôle peu provoque une radicalité des conflits. Certains aristocrates, entrés au monastère, reprennent leur liberté pour combattre aux côtés de leur seigneur. Dès 1142, ce conflit
rovoque par ailleurs des scissions au sein de familles dont les branches se tournent vers l’un ou l’autre clan de belligérants : ainsi en est-il des vicomtes de Saint-Antonin/Lautrec ou encore des Villemur. En 1177, dans une guerre éclair, le comte met fin à la charge de vicomte de Toulousain, en raison de la neutralité suspecte des Bruniquel porteurs du titre depuis 961. Mais il supprime aussi la charge de vicarius de Moissac, détenu par les Siquier depuis un siècle, en raison des alliances matrimoniales les plaçant du côté des ennemis, puis récupère celle de defensor de la même abbaye. À ce contrôle des charges, s’ajoute celui de l’espace : ce ne sont pas moins de 24 castra et villes neuves que le comte a acquis, conquis et surtout construits entre Cahors et Toulouse. Mais la guerre a un coût : aux blessés et morts s’ajoutent des dérèglements financiers entre 1170 et 1175 provoquant une crise économique et sociale importante.

Annie Charnay, Solidarité dans la défense et victoire dans l’offensive : Gourdon-en-Quercy pendant la guerre de Cent ans.
Grâce à la valeur stratégique de son site, à la protection de ses murailles et de son château, Gourdon, ville située à la frontière des domaines des Valois et des Plantagenêts, a joué un rôle important dans la défense du Quercy pendant la guerre de Cent ans. Les délibérations et comptes tenus par les consuls entre 1329 et 1386 témoignent de la participation financière et humaine à la défense organisée par le roi, des relations avec les villes voisines pour l’échange d’informations et la prise de décisions militaires, de l’amélioration des fortifications et du progrès de l’art militaire avec l’acquisition de pièces d’artillerie. La lecture des registres de délibérations et de comptes révèle la solidarité, pour la défense des habitants, entre seigneurs et consuls, et dans la population, entre classes sociales opposées. La défense et l’offensive se mesurent dans l’énumération chronologique fournie par ces registres. La grande pauvreté et le grand mal dont souffre Gourdon ne sont décrits qu’en termes comptables. La mort est aussi estimée en livres, sous et deniers : un drap d’or et une veillée funèbre aux chandelles pour Gisbert de Thémines, sept aunes de toile vermeille pour les suaires des neuf Anglais pendus à Gourdon. La vie est comptée en argent pour les messagers, en pain et en vin pour les sergents en armes rentrant pour souper, en viande pour le seigneur, en avoine pour les chevaux et en niches pour les chiens de garde entre la palissade et le mur autour de la ville protectrice.

Nicolas Savy, Vivre avec l'ennemi. Les communautés quercynoises face aux compagnies anglo-gasconnes (1355-1390).
La guerre de Cent ans en Quercy fut surtout le fait, côté anglais,de bandes armées qui s’installèrent un peu partout dans le pays et harcelèrent villes et bourgs de façon continuelle. La guerre que les capitaines anglo-gascons menèrent fut tout autant militaire qu’économique, attaquant ici un village mal défendu, forçant là une communauté à payer de fortes sommes pour prix de sa tranquillité. Toutefois, au-delà des faits ponctuels, il faut retenir la permanence de leur présence : certains points forts furent occupés jusqu’à huit, dix ou quinze ans sans discontinuité. Les documents que nous ont laissés les consulats quercinois, entre comptabilités et délibérations, permettent d’appréhender, parfois de façon assez précise, la façon dont les communautés vécurent cette cohabitation imposée par la guerre.
À côté des opérations militaires, qui au fil des années s’apparentèrent de plus en plus à du brigandage organisé, le paiement continu des traités normalisa quelque peu les relations entre les dirigeants des communautés quercinoises et les chefs anglo-gascons. Il en fut de même au niveau des particuliers : les routiers, ayant des besoins qu’ils ne pouvaient pas uniquement satisfaire par le pillage ou la rançon, firent appel à l’offre locale pour les satisfaire. De nouveaux circuits économiques se créèrent
et modifièrent considérablement les flux préexistants.
Ainsi, dépassant la violence guerrière mais ne l’éteignant pas, les contacts qui se nouèrent sur les plans diplomatique, économique et individuel firent de chaque garnison anglo-gasconne un acteur à part entière de la vie politique et socio-économique locale.

Guilhem Ferrand, Démographie et défense en Rouergue pendant la guerre de Cent ans : la contrainte du nombre.
Vivre et mourir en temps de guerre, au sens littéral des termes,c’est d’abord, simplement, vivre et mourir. En Rouergue, au cours de la guerre de Cent ans, le jeu naturel des naissances et des décès, avivé par moments par telle ou telle épidémie de peste, a imposé, bien plus qu’il n’y paraît de prime abord, une contrainte parfois lourde dans la gestion du conflit, de la défense du territoire et des populations. Les communautés comme les autorités ont dû prendre en compte, à plusieurs niveaux, l’importance du nombre des individus dans le choix de certains dispositifs mis en oeuvre, défensifs pour l’essentiel. C’est un facteur qui permet de comprendre la teneur de certaines logiques adoptées, en particulier les conflits qui opposent certaines communautés entre elles à propos du service de guet. Par ailleurs, dans une perspective défensive, que peut et que doit faire le comte de Rodez, par exemple, quand la plupart des villages de son territoire sont provisoirement dépeuplés et que leurs habitants ne peuvent
assurer un minimum de protection ? Dans cette même optique, la population et le seigneur qui choisissent un système défensif doivent-ils tenir compte du nombre de ceux qu’il faut protéger ? La vraie question, sous-jacente, sur laquelle la démographie oblige à mettre l’accent, c’est celle de savoir ce que l’on protège vraiment et comment on s’y prend.

Anaïs Comet, Les forts villageois dans l’ouest du Lot à la fin du Moyen Âge, une forme particulière de mise en défense.
Pendant et au lendemain de la guerre de Cent ans, les populations rurales et villageoises ont cherché à protéger leurs familles et leurs biens dans des forts villageois. Ce terme regroupe toutes les fortifications qui ont pu servir de refuge temporaire à ces populations. La recherche sur les forts villageois est novatrice en Midi-Pyrénées et plus particulièrement en Quercy. Mes travaux s’inscrivent dans le « Projet Collectif de Recherches » mis en place en 2008 par des enseignants de l’Université Toulouse II-Le Mirail notamment. Une communication sur les forts villageois lors du congrès « Vivre et mourir en temps de guerre » pourrait apporter un complément intéressant à la communication de Nicolas Savy, en étudiant une mise en défense particulière jusque-là peu représentée dans l’historiographie quercinoise.
Il s’agira donc de faire un point historiographique et un bilan des recherches sur les forts villageois en Quercy. La présentation sur l’état de la recherche s’appuiera pour beaucoup sur mon mémoire de master 1 (A. Comet, Les fortifications villageoises de l’ouest du Lot à la fin du Moyen Âge. Premières étapes d’une enquête, mémoire de master 1 d’Études médiévales sous la direction de Jean-Loup Abbé, juin 2008) et permettra d’introduire les deux grands types de forts villageois repérés dans l’ouest du Lot: les réduits dans une agglomération et les réduits près de repaires isolés. Il s’agira ensuite de présenter ces différentes sortes de réduits fortifiés, avec leurs caractéristiques communes et leurs spécificités, à partir de quatre études de cas réalisées dans le cadre des deux années du master. Pour les réduits dans une agglomération, j’étudie cette année les sites de Bagat et de Saint-Chamarand. pour les réduits près de repaires isolés, l’étude s’appuiera sur les sites de Lavalette (Le Boulvé) et Ramps (Sainte-
Alauzie).

Emmanuel Moureau, Ratier de Belfort, capitaine quercynois durant la guerre de Cent an (vers1342-vers 1392)..
Ratier de Belfort est issu d’un ancien lignage du Quercy blanc, implanté entre Montpezat, Belfort, Labastide-de-Penne et Montauban. Un dépouillement des archives municipales de cette ville, associé aux livres de comptes de Barthélemy Bonis, a permis de retracer la vie de ce seigneur quercinois. Jeune chevalier, il participe à des joutes organisées à Montauban pour la venue du duc de Normandie, futur roi Jean II. Sa carrière de chef de guerre se poursuit durant les années 1350 à 1392 environ. Ratier de Belfort est tour à tour partisan du Prince Noir, officier du roi d’Angleterre pour Cahors et sa région, puis, rallié au parti français, gouverneur de Nègrepelisse. Ses liens familiaux avec le prieur mage de la cathédrale de Montauban le désigne pour négocier la reddition de cette ville au roi de France. Nommé gouverneur de Montauban, Ratier de Belfort se fait remarquer durant dix longues années pour sa fermeté et son attitude de soudard.

Jean-Pierre Suau, Un vitrail quercynois du début de la guerre de Cent ans : la verrière christologique de l'ancienne église conventuelle des Junies (vers 1355). Étude iconographique.
Le vitrail de l’ Enfance et de la Passion du Christ de l’ancienne église conventuelle Sainte-Marie-Madeleine des Junies (Lot, canton de Catus), sans doute réalisé dans les années 1355-1360 et donc au début de la guerre de Cent ans, est un des derniers grands exemples, avec Caylus (Tarn-et-Garonne, vers 1370), du vitrail légendaire à médaillons, si en faveur dans le Midi de la France depuis la fin du XIIIe siècle.
Situé dans l’axe de l’édifice, à la place d’honneur, ce vitrail est aussi le seul à conserver, dans ces régions méridionales, les portraits des donateurs agenouillés au bas de la verrière. Le fondateur Gaucelme de Jean, originaire des Junies (La Johannie qui donna son nom à sa famille et au village) est représenté agenouillé au bas de la verrière, offrant la maquette de son église.
Ce riche prélat, pourvu de nombreux bénéfices et canonicats et bien en Cour à Avignon, fut cardinal de 1316 à sa mort, survenue dans cette ville le 3 août 1348. En cette période charnière, si troublée par la peste, la guerre et le brigandage, la construction de l’église des Junies avait pris du retard : n’étant pas terminée, son corps fut enterré aux Jacobins d’Avignon. C’est aussi dans ce couvent dominicain que sera enseveli son neveu et exécuteur testamentaire également figuré sur le vitrail, Gisbert de Jean,
évêque de Carcassonne en 1347 et mort en 1354. La présence d’un autre neveu du cardinal, le chevalier Philippe de Jean, seigneur des Junies et de Salviac, mort en 1355, est aussi un précieux point de repère chronologique : lui aussi ne sera pas enterré aux Junies (église non achevée et insécurité), mais chez les Dominicains de Cahors. Les de Jean avaient donc une spiritualité inspirée par l’ordre des Dominicains, aussi n’est-il pas étonnant de trouver aux Junies une fondation conventuelle pour
des religieuses dominicaines.
Le reste du vitrail conserve un cycle « court », avec dans les parties inférieures cinq scènes de l’ Enfance du Christ, pour six médaillons ( Adoration des mages dédoublée) répartis sur deux registres dans cette fenêtre à trois lancettes, et dans le haut seulement trois scènes pour le cycle pascal et résumer la Passion du Christ. L’étude iconographique de ces scènes permettra d’observer des détails nouveaux en ce milieu du XIVe siècle : non seulement de tendresse, caractéristique de cette époque et si bien adaptée pour un couvent de femmes (Vierge allaitante de la Nativité ou Vierge élégante de l’ Adoration des mages), mais aussi de violence (aspect caricatural et sadique des bourreaux de la Flagellation du Christ), et de réalisme inspiré par le spectacle religieux (salut du vieux roi mage ; Jésus prenant une piécette dans le ciboire du mage ouRésurrection corporelle du Christ sortant de son tombeau).

LES GUERRES DE LA MONARCHIE

Ghislain Tranié, Mort contre vie en Quercy durant les guerres de Religion : l’exemple du sac de Caylus.
Le sac de Caylus, en août 1562, est un épisode dramatique des guerres de Religion dans le Quercy. Un déferlement de violence ébranle la cité et ses habitants. La violence qui se dévoile semble alors une guerre civile mue par l’existence d’une zone de confins entre Caylus et Saint-Antonin, Quercy et Rouergue, matérialisée par des constructions identitaires antagonistes. Cependant cette séquence, par ses modalités, peut être rattachée à une conflictualité plus large dans le temps et l’espace, qui voit le déchaînement d’un exclusivisme visant à détruire le mal et à établir un prêche, par l’éradication de l’iconolâtrie qui se lit dans la géographie sacrée de la cité caylusienne.
Cet épisode est connu grâce à un témoignage de 1613, au moment de la reconquête catholique. Le récit frappe à la fois par la précision du propos, la relation dramatique d’un corps à corps entre mort et vie, l’attention portée aux rites et aux signes de violence.
Vivre et mourir, c’est alors faire l’expérience de violences multiples dans leur objet, leur représentation, leur ritualisation. Il s’agit donc d’appréhender les tensions d’une violence totalisante entre guerre civile, conflictualité propre à l’indétermination des confins, et volonté protestante d’éradication.

René Souriac, 
Le Quercy, les révoltes populaires au XVIIe siècle, leur historiographie.

C’est par l’étude de la révolte des paysans du Quercy que débute le livre de Boris Porchnev, Les soulèvements populaires en France de 1624 à 1648. Cet ouvrage, rédigé par un historien soviétique convaincu de la qualité analytique en histoire de la méthode marxiste fondée sur le schéma de la lutte des classes, parut en Union soviétique en 1948 ; il fallut en attendre la traduction française jusqu’en 1963 (publié par le SEVPEN). L’étude de Boris Porchnev constitue une date importante dans l’histoire des
mouvements populaires. Elle révélait un pan d’histoire pratiquement ignoré jusque-là et qui ne manquait pourtant ni de profondeur sociologique, ni d’extension géographique dans cette France du XVIIe siècle où s’établit dans toute son envergure ce que nous appelons la monarchie absolue. Une querelle historiographique s’en suivit, en particulier entre Boris Porchnev et Roland Mousnier. Elle fut féconde malgré des excès, car elle a permis de poser des problèmes de régulation sociale, de culture politique des humbles en particulier, et de montrer quelques-unes des conditions dans lesquelles l’absolutisme louis-quatorzien s’est imposé.
La communication visera à préciser, à partir d’une présentation rapide des révoltes en Quercy et dans le Sud-Ouest environnant, les modalités d’interprétation qui peuvent s’appliquer quand on veut essayer de comprendre ce pan important de l’histoire sociale de nos anciens pays.

Guy Astoul, La ville de Moissac confrontée aux déplacements des troupes pendant la Fronde, en 1652.
En mai 1652, Moissac est prise dans l’engrenage des guerres de la Fronde, entre les partisans de Condé et ceux de Mazarin qui est abbé commendataire de l’abbaye Saint-Pierre, de 1644 à 1661. Au cours de l’été 1652, la ville de Moissac est occupée par le maréchal de Saint-Luc, un gouverneur du roi proche du parti de Mazarin.
Cette occupation entraîne son cortège de malheurs dans les campagnes moissagaises. Les récoltes sont confisquées pour nourrir les troupes ; les paysans ne peuvent pas travailler leurs terres ; la misère touche le peuple et très nombreux sont ceux qui meurent de faim ou sont menacés par la peste que les troupes propagent à travers le Quercy, la Guyenne et le Midi toulousain. La ville de Moissac échappe à l’épidémie, sans doute grâce aux mesures draconiennes que les consuls imposent : nettoyage des rues, évacuation des animaux hors les murs, ouverture d’une seule porte. L’occupation de la ville par les troupes royales est très coûteuse. Les habitants doivent fournir de la nourriture et tout le matériel nécessaire aux troupes : 4 000 pains, des bateaux, des bateliers pour aller à Marmande. En outre, les contribuables doivent payer 25 000 livres de taxes, une somme énorme qui est répartie entre tous les plus imposés de la ville.

Jean-Pierre Amalric, Galiot de Genouillac : un serviteur de la monarchie au temps des guerres d’Italie.
L’exceptionnelle longévité de Jacques Galiot de Genouillac (1465-1546) a permis à cet héritier d’un bon lignage quercinois d’accomplir une carrière tout aussi exceptionnelle au service de la monarchie que de la Renaissance. Le métier des armes qu’il a embrassé le conduit à exercer une charge stratégique, celle de maître de l’artillerie de France, à une époque qui voit s’affirmer le rôle prépondérant de cette arme, en particulier dans la guerre de sièges. Sa réussite dans ce domaine suppose qu’il ait su en conjuguer les stades successifs et les contraintes techniques : conception, fabrication, logistique, transport, mise à feu… Elle fait de lui un type nouveau de guerrier technicien, qui se différencie du chevalier « sans peur et sans reproche » incarné par son compagnon Bayard. Après avoir servi Charles VIII et Louis XII, devenu homme de confiance de François Ier, il a simultanément rempli des missions administratives et politiques de premier plan, dans une fidélité inébranlable à la couronne. Sa présence dans les campagnes d’Italie a imprégné ce militaire d’une culture nourrie des modèles de la Renaissance, qui s’est traduite dans ses grandes réalisations architecturales, édifiées au service de sa gloire, en particulier l’église et le château d’Assier. Une longue et brillante carrière militaire aurait-elle ainsi favorisé la « civilisation » de ce représentant exemplaire de la noblesse provinciale, à la charnière du Moyen Âge et des Temps modernes ?

Étienne Baux, Insoumis et déserteurs en Quercy sous le Premier Empire.
Au pays de Murat et de Bessières, exemples emblématiques de la réussite militaire en Quercy, il ne semble pas que l’obéissance aux lois sur le recrutement ait caractérisé les jeunes Lotois soumis à la loi Jourdan-Delbrel (19 fructidor an VI) qui institua la conscription par classes d’âge, de 20 à 25 ans, en lieu et place de la réquisition jusque-là en vigueur.
Bien plus, on est « loin de cet accord intime de l’armée et de la nation » que le discours officiel a voulu célébrer.
Le département du Lot a vu nombre d’insoumis et de déserteurs refuser le service. Les états des levées ordinaires et extraordinaires issus des Archives du Lot permettent d’en préciser le nombre et ses variations de 1806 à 1810. Dans ce département rural on tentera d’en déterminer les causes, d’en décrire les formes.
Quelle fut la réaction des autorités chargées de la répression face à la désobéissance militaire ? Parvinrent-elles à en limiter les effets malgré la complicité des familles voire des pouvoirs locaux ?
La société civile lotoise a été bouleversée par ce phénomène de l’insoumission : désordres, brutalités, discordes mais aussi appauvrissement et rejet de l’État moderne.

Jean-Paul Escalettes, La mort militaire à la bataille de Toulouse, 10 avril 1814, d’après les sources locales.
États de quinzaine et état civil, deux points de vue sur la mort militaire : le cas de Toulouse. Pour cette bataille, nous possédons, aux Archives départementales de la Haute-Garonne et aux Archives municipales de Toulouse, les sources des deux autorités, ce qui met en évidence la différence de concept. Les tableaux statistiques, une fois établis, leur comparaison avec les sources gersoises montre l’impact des combats. Exceptionnellement, nous disposons du texte donnant la perception de la mort par un officier britannique bien avant la publication de mémoires ; au passage nous évoquons le problème des « mémoires » de militaires au XIXe siècle.

GUERRES NATIONALES

Jean-Pierre Baux, Le monument figeacois aux morts de la guerre de 70-71 : rappel de pertes effroyables mais aussi témoignage de l’évolution des mentalités et préfiguration de l’union sacrée.
Si la guerre de 1870-71 a épargné le Quercy, ses hommes ont payé un lourd tribut aux batailles menées par l’armée française : impériale d’abord, républicaine ensuite sous l’impulsion de Gambetta. Le monument aux morts de Figeac en témoigne.
Érigé en 1907, 36 ans après la fin de cette guerre funeste engagée à la légère, il illustre de façon réaliste l’âpreté des combats, auxquels les jeunes quercinois ont participé, et l’évolution des mentalités en moins de quarante ans sous l’influence de la scolarisation et du service militaire développés par la Troisième République. C’est ainsi que, si le capitaine Anglade, officier figeacois héros de la bataille de Woerth, est représenté dans une posture très noble, il n’est pas le seul à l’honneur comme c’était
généralement le cas auparavant, puisque de simples sous-officiers et soldats bien identifiés sont à ses côtés et notamment un tirailleur algérien. De même, grande nouveauté, les noms des morts pour la France sont gravés, par ordre alphabétique et sans distinction de grade, sur des plaques de marbre apposées sur le piédestal du monument. Le lourd tribut payé par l’arrondissement de Figeac apparaît alors dans sa cruelle ampleur.
L’inauguration du monument qui intervient après les alertes marocaines est l’occasion de manifester l’union nationale autour d’une armée déchirée par l’affaire des fiches et le drame Dreyfus. Cette unanimité préfigure l’union sacrée sept ans plus tard.

Marie Llosa, Mourir durant la Grande Guerre : étude du recensement des Lotois morts pour la France (1914-1919).
En l’absence de livres d’or édités après la guerre, les pertes humaines lotoises pour la Grande Guerre ont été évaluées à 6 500 décès. Un recensement, effectué en 2008 à partir des noms inscrits sur les monuments commémoratifs, croisé à la base du ministère de la Défense « Mémoire des hommes », fait apparaître un nombre approchant les 8 000 hommes. Cette liste permet d’établir une étude démographique et historique de ces Quercinois Morts pour la France. Qui sont ces soldats ? À quels régiments
appartenaient-ils ? Quelles années et quelles batailles ont été les plus meurtrières ? Quelle est la part de soldats ayant perdu la vie sur le front d’Orient, mais aussi en mer lors des combats livrés lors de la guerre sous-marine ?
Nous essaierons aussi de mettre en évidence les différentes tranches d’âges touchées par la guerre, les communes les plus affectées par ces pertes démographiques. De plus, un constat fait apparaître que certains combattants sont décédés en Quercy, dans des hôpitaux temporaires ouverts pour la durée de la guerre, ou à leur domicile des suites de leurs blessures.
L’étude de ces statistiques a pour objectif d’une part de donner des chiffres sur des bases réelles mais aussi de montrer le détail des décès imputables à ce conflit.

Sophie Villes, 1914-1918 : le Lot, un département rural dans la guerre.
L’économie rurale du département présente à la veille de 1914 un aspect archaïque dont les caractéristiques, n’ayant guère évolué en un demi-siècle, ont figé le paysage agricole aux débuts de la Troisième République.
C’est donc sur une société très fragile que s’abat ce cataclysme qu’est la Première Guerre mondiale. Quelles ont été les capacités de résistance, d’adaptation de cette économie rurale à la fragile stabilité entre 1914 et 1918 ? A-t-on assisté à la naissance de dynamiques nouvelles ?
Durant la guerre, les campagnes souffrent du manque de main d’oeuvre, doivent se plier aux réquisitions de l’intendance pour lesarmées, orienter la production locale vers certaines cultures pour nourrir le front… L’ensemble de ces obligations pèse lourdement sur les agriculteurs, qui ont le sentiment que l’on sacrifie les campagnes alors que les régions industrielles bénéficient des marchés créés par le conflit.
Malgré tout, les paysans savent aussi profiter de cette conjoncture au détriment des citadins. L’antagonisme entre le monde rural et le monde urbain s’exacerbe au fur et à mesure des mois de guerre.

Didier Cambon, Été 1914, le consentement des Lotois à la guerre.
Août 1914, la mobilisation fait irruption dans la société lotoise. Dans un département essentiellement rural, l’annonce faite par le tocsin intervient en ces longues journées où l’on s’affaire à rentrer les blés.
Comment les populations lotoises, largement étrangères au récit de la surenchère diplomatique qui conduit le continent au conflit en quelques jours, ont-elles consenties à la guerre ?
Si la conviction d’une agression allemande ne fait pas de doute pour les Lotois du temps et si pour les mobilisés qui s’arrachent à leurs familles la défense de la nation demeure inextricablement liée à la nécessité de protéger les femmes et les enfants, doit-on parler pour autant d’enthousiasme patriotique ?
Au-delà des manifestations des populations urbaines de Cahors que l’on observe à des moments précis, lors de l’instant crucial du départ des régiments lotois, n’est-ce pas en vérité, plus une ardeur grave et réfléchie qui habite les partants que l’enthousiasme bravache qu’une certaine presse s’est alors complu à décrire ? Il n’en demeure pas moins, qu’après le basculement singulier d’une crise courte, la guerre perçue d’abord comme acceptable, acquit rapidement le statut de guerre nécessaire.

Luce Barlangue, Le Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 de Cahors : un cas exemplaire et exceptionnel.
Le Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 de Cahors est un objet d’étude exemplaire dans une typologie nationale. Son étude permet en effet d’évoquer tous les enjeux et les procédures spécifiques à l’édification de ce type de monuments publics. Par ailleurs le cas de Cahors est exceptionnel puisqu’il fit l’objet d’un processus de commande unique… En effet il fut un temps question de mettre en place un monument peint par le peintre Henri Martin qui fut d’ailleurs réalisé mais jamais mis en place. « L’affaire » dura dix ans et devint un véritable débat public où se mêlèrent des arguments certes esthétiques mais aussi profondément politiques et éthiques. Le débat commencé au milieu des années 20 ne se termina qu’en 1936 avec l’inauguration du Monument actuel : un monument sculpté conforme aux modèles possibles.
La communication s’attachera à décrire les étapes d’une commande complexe dans laquelle la culture et le goût d’une élite guidée par la personnalité du maire Anatole de Monzie s’opposèrent à une sensibilité conforme à l’esprit du temps. Il sera aussi question de l’originalité du Monument aux morts d’Henri Martin aujourd’hui au Musée de Cahors.

Nathalie Bousquet, Mémoire des républicains espagnols dans le Lot.
Comment les réfugiés espagnols ont-ils été accueillis dans le Lot pendant les « années noires » ?
Quelles mesures les autorités lotoises ont-elles mises en oeuvre et comment la population du département a-t-elle réagi à l’arrivée et à la présence des réfugiés espagnols dans le Lot ?
Il s’agit de présenter les spécificités d’un département rural peu peuplé, déclaré par le gouvernement « département de première urgence » pour l’accueil des réfugiés de la guerre civile espagnole. On abordera également l’évolution des mesures et des attitudes des autorités lotoises, alors que la situation internationale connaît
des changements et que grandissent les dangers.
Nous exposerons les enjeux que représentent ces réfugiés :
- comment ont-ils été répartis et utilisés dans le département ?
- comment les différentes catégories de population définies par les autorités (hommes, femmes, enfants, vieillards) ont-elles été prises en charge ou encouragées au retour en Espagne ?
La stigmatisation et la répression de l’étranger en période de crise et de guerre s’appliquent bien entendu à cette population exilée
dans le Lot.

Geneviève Dreyfus-Armand, Les républicains espagnols dans le Lot et le Tarn-et-Garonne pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le Lot et le Tarn-et-Garonne, comme au moins soixante-quinze autres départements éloignés de la frontière franco-espagnole, ont accueilli des réfugiés de la Retirada. La plupart de ces réfugiés sont arrivés dans ces départements les premiers jours de l’exode en janvier et février 1939.
La question de l’accueil des réfugiés dans ces départements en 1939 sera abordée, tant de la part des autorités que des populations. Dès les premiers mois de l’exil espagnol, un camp d’internement réservé aux ouvriers spécialisés a été ouvert dans le Tarn-et-Garonne (à Septfonds).
Suite au décret du 12 avril 1939, les Républicains espagnols ont rapidement participé à l’activité économique régionale dans le cadre des Compagnies de travailleurs étrangers (CTE), auxquelles ont succédé, sous le régime de Vichy, les Groupements de travailleurs étrangers (GTE). Il sera important d’étudier les diverses activités auxquelles ont été employés les CTE puis les GTE. Et de voir, comment dans les GTE, les autorités d’occupation ont procédé à des recrutements de main-d’oeuvre pour l’organisation Todt – notamment pour la construction du Mur de l’Atlantique – et pour aller travailler en Allemagne.
La répression exercée par le gouvernement de Vichy puis par l’occupant a été importante dans les deux départements. En dépit de celle-ci, de nombreux réfractaires aux recrutements opérés par les Allemands sont entrés dans les maquis de la région et ont activement participé à la Résistance, dans la continuation du combat mené contre le nazisme pendant la guerre d’Espagne.

Henri et Charles Farreny del Bosque, « L’affaire Reconquista de España », important épisode méconnu de la résistance espagnole dans le Sud-Ouest.
Dès le printemps 1942, l’Union Nationale Espagnole (UNE) est organisée, parmi les Républicains espagnols réfugiés en France, en comités de base pluralistes qui agissent pour la « Reconquista de España », contre l’Occupation et le régime de Vichy. Celui-ci déclenche, début juillet 1942 en Lot-et-Garonne, une vaste opération répressive qui rebondit début septembre en région toulousaine. En quelques mois deux centaines de militants de la UNE sont incarcérés pour « menées antinationales » ou « entreprise terroriste ». Dans les prisons de Toulouse (Haute-Garonne) (Furgole, Saint-Michel) ou dans les camps de concentration français (Noé (Haute-Garonne), Le Vernet (Ariège), ils continuent de résister. Les tribunaux de Vichy prononcent une cinquantaine de condamnations, en novembre 1942 puis juin 1944.
Une centaine des Espagnols poursuivis sont déportés vers les camps de concentration nazis de Buchenwald, Dachau et Aurigny (souvent oublié dans l’histoire des camps), via trois convois initiés au Vernet en mai-juin 1944, puis un quatrième formé à Toulouse fin juillet 1944. L’essentiel événementiel et politique de cette vaste affaire était jusqu’ici très largement ignoré. L’investigation révèle aussi diverses figures de très grands résistants tels Cecilio Arregui, ancien chef du Camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) qui sera emprisonné 18 ans en Espagne, et Jaime Nieto, principal délégué des Espagnols au Comité international de Buchenwald, victime peu après son retour de l’opération politico-policière «Boléro-Paprika ».

Marie-France Lecuir, La double vie de l’avocat Robert Cazenave.
Les cartes de Combattants Volontaires de la Résistance de Simonne et de Robert Cazenave portent comme date de début de l’action le 1er septembre 1940.
Ils ont participé à la création en Haute-Garonne et en Ariège des mouvements Liberté et Combat, puis Libérer et Fédérer. Durant quatre ans, comme agents des réseaux Buckmaster et Françoise, ils ont organisé des groupes de renseignements militaires et industriels, des filières de passage de la ligne de démarcation en Béarn ; ils ont reçu des parachutistes, recruté des agents, diffusé de la presse clandestine.
Avocat, Robert Cazenave a assuré la défense de l’un des coaccusés de Pierre Bertaux, futur Commissaire de la République à Toulouse en 1944. Il n’a jamais cessé d’exercer son activité professionnelle et de mener une vie sociale et publique conforme à son milieu.
Membre actif du Comité chrétien d’Action civique, dans la clandestinité puis au grand jour, Robert Cazenave fut aussi journaliste dans l’éphémère publication de la Libération, Liberté, puis président de Conseil départemental de la Résistance jusqu’en 1950, date à laquelle il a quitté Toulouse pour s’installer au Cameroun.
Parvenu à la retraite, il a consigné ses souvenirs dans un texte encore inédit. Si les maquis et les combats des derniers mois de l’Occupation sont bien connus et souvent décrits, ce témoignage d’un mili ant lucide et modeste apporte un éclairage intéressant sur l’entrée en résistance, sur l’action clandestine et la vie politique de Toulouse, y compris au lendemain de la Libération.
Nous nous proposons donc de publier des extraits des mémoires de Résistance de Robert Cazenave, en les situant dans le contexte toulousain des années de guerre et d’occupation.

Jean Lecuir, Paul Vignaux à Toulouse : les débuts de la résistance syndicale chrétienne en zone non occupée (juin 1940-juin 1941).
À l’arrivée des Allemands à Paris, Paul Vignaux, professeur d’histoire de la philosophie médiévale à l’École pratique des Hautes-Études, se réfugie à Toulouse. Cette personnalité catholique connue pour ses engagements antérieurs publics contre le franquisme et le nazisme, est aussi un responsable national de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), notamment comme animateur des Écoles normales ouvrières, de 1934 à la défaite, et créateur du Syndicat général de l’Éducation
nationale-CFTC. Il quittera Toulouse en juin 1941 pour rejoindre les États-Unis et y poursuivre le combat en faveur de la résistance syndicale et d’un syndicalisme autonome à l’égard du politique.
Revenu en 1945, il bataillera pendant 20 ans au sein de la CFTC pour sa laïcisation en CFDT (Confédération française démocratique du travail), en créant notamment le bulletin Reconstruction.
Son refus immédiat de la défaite et son opposition au nazisme et au régime de Vichy est patent. De Toulouse à Lyon, il mobilise ses relations, syndicales ou non, et noue des contacts, qui ont pour objectif d’aider à construire et organiser la réponse du syndicalisme chrétien aux projets de Vichy, à la fois dans ses modalités et dans son contenu. En même temps, il prépare soigneusement son passage aux États-Unis et les moyens d’y recevoir une information de qualité sur l’état de la résistance
syndicale en France. Auprès de lui, on retrouve des noms essentiels des débuts de la résistance à Toulouse, de Jouhaux et Forgues à Jean Brodier et Marcel Vanhove, en passant par Trentin, Bertaux et Friedmann, sans oublier Mgr Saliège ou Jules Moch. Mais aussi ceux de Mounier, Fumet, ou des dirigeants CFTC à Lyon.
Il s’agit, sans majorer outre mesure le rôle de Paul Vignaux, de mettre en lumière un aspect méconnu de l’activité d’une des personnalités syndicales essentielles à la compréhension de la France contemporaine.

Dominique Gosse-Issart, De l’exotisme à l’angoisse : la guerre d’Algérie dans le département du Lot.
Lorsque explosent les premières bombes de la Toussaint Rouge, le Lot est un des départements les plus ruraux et les plus pauvres de France.
Pour la grande majorité des Lotois, l’Algérie représente une terre lointaine et exotique.
Mais très rapidement, l’exotisme va laisser place à l’angoisse.
Au travers d’une analyse serrée de la presse, des documents officiels mais aussi de témoignages, il apparaît que, bien qu’à l’écart du bouillonnement intellectuel des grandes métropoles, la guerre d’Algérie allait s’imposer non seulement au plan politique mais aussi dans le quotidien des Lotois.

CONFERENCE DE PIERRE LABORIE

Vie et mort des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, historiographie, mémoire, variables régionales.
Entre 1940 et 1945, sur fond de déchirements et de tragédies, la France traverse une des périodes les plus troubles et les plus complexes de son histoire, toujours présente dans les zones sensibles de la mémoire nationale. Contrairement à l’idée reçue obstinément reprise par les medias qui laisse croire à des empilements de « cadavres enfermés dans des placards » soigneusement verrouillés, à des tabous ou autres amnésies et refoulements, le savoir a considérablement avancé sur les années
noires. 
C’est en particulier le cas pour le régime de Vichy, pour les conditions de vie au quotidien, pour l’exclusion, l’internement, les persécutions antisémites et les déportations. C’est aussi le cas, mais plus récemment, pour les réalités de l’Occupation, il est vrai en partie oubliées dans des travaux qui s’étaient attachés en priorité à autopsier la collaboration d’État, en réponse à une demande sociale étroitement dépendante de l’actualité (procès pour crime contre l’humanité, affirmation identitaire de la mémoire juive, dévoilement du passé méconnu de certaines personnalités comme François Mitterrand, etc.) En revanche, posé et reposé à l’occasion des retours incessants sur ce « passé qui ne passe pas », le problème des comportements des Français sous Vichy et l’Occupation reste un objet de débat et de controverses. Il n’a cessé de donner lieu à une succession d’interprétations divergentes où les enjeux de mémoire, les passions sélectives, les stéréotypes et les préoccupations du présent ont souvent pris le pas sur la volonté de comprendre. Imperméable aux apports de l’histoire et à la complexité du temps, une vulgate construite dans le contexte

des années 1970. Relayée par les medias, elle s’est imposée dans la mémoire collective, en dépit de ses simplifications et d’une vision univoque des Français figés dans une chronologie écrasée, dans un espace et une pensée uniformes. L’histoire ne peut pas réduire à des schémas sommaires et à un modèle unique d’explication des milliers de situations singulières, fortement dépendantes des espaces régionaux et des milieux de vie. Des situations qui, de plus, ont évolué avec le temps et à des rythmes différents. Il n’y a pas une image-type de la France moyenne ou du Français moyen qui serait le miroir d’un modèle généralisable, majoritaire dans le pays, pour toute la durée de la guerre. Il n’y a pas de réponse simple aux entrelacs que dessinent, ici, de multiples questions emboîtées. L’histoire, en revanche, par un travail patient d’intelligibilité, peut opposer quelques certitudes aux nombreux poncifs mécaniquement répétés. Elle peut contribuer à convaincre de la complexité des événements auxquels les populations ont été confrontées, avec de fortes variables selon ce qu’elles étaient, là où elles vivaient. Elle doit surtout rappeler la nécessité, avant de juger, de prendre conscience de l’écart considérable entre notre savoir, nos modes de pensée, notre sensibilité, et ceux des femmes et des hommes contemporains de la période. Ceux-là ont vécu le présent des années quarante dans la confusion, les rumeurs ou les angoisses d’événements défigurés par la désinformation quotidienne et la dimension psychologique de la guerre totale.

                                               SÉANCE DU 2 MARS 2017[1]                                                  

                                                 Présidence : M. Foissac

Ouvrages et articles reçus ou acquis

  • - Général Joachim Ambert, Gaulois et Germains. Récits militaires, t. I L'invasion 1870, t. II Après Sedan 1870-1871, t. III La Loire et l'Est 1870-1871, t. IV Le siège de Paris 1870-1871, Paris, éd. Bloud et Barral, 1884-1885, 500 p. ; O 645 à O 648.
  • - Jean Lurçat, Pierre Betz, autour d'une amitié lotoise, dépliant de l'atelier-musée Jean Lurçat, Cahors, éd. Conseil général du Lot, 2007, 6 p. ; BQYO 2015.
  • - Cahors, les chantiers 2016, Anaïs Charrier, Ville de Cahors, direction du Patrimoine, plaquette, 2017, 8 p. ; BQYO 2017.
  • - Souvenir de la guerre de 1914 à Gramat, recueil de paroles de chansons  manuscrites, 66 pages, numérisé ; BQYO 2014.

Communications

« LA CONSTRUCTION DU VIGNOBLE CONTEMPORAIN DU CAHORS » (étudiants de la classe du Master Patrimoine de Cahors, 2e année)

Cette année, les étudiants de 2e année du Master vont exposer durant l’été 2017 le fruit de leurs recherches sur le patrimoine viticole du vignoble de l’appellation cahors. Cette enquête dans quelques cantons de la basse vallée du Lot a été fortement sollicitée pour s’intégrer dans une recherche plus large sur un vignoble somme toute méconnu car n’ayant fait l’objet que d’études fragmentaires. Leur travail s’est donc concentré sur l’architecture et l’histoire contemporaines grâce à des enquêtes de terrain directement menées auprès des viticulteurs qui ont bien voulu leur ouvrir leurs portes. Leur exposé à trois voix s’attache tout d’abord à restituer les grandes lignes de l’histoire chaotique du vin de Cahors depuis les origines pour s’attarder sur l’époque contemporaine, en particulier le XIXsiècle qui a été l’âge d’or du vignoble au point qu’on a pu parler à son propos de « folie du vin ». Les étudiants caractérisent rapidement la structure des exploitations, familiale et majoritairement de petite taille, pour montrer, images à l’appui (la plupart puisées dans le fonds du docteur Cayla), que la prospérité permet alors de compléter la traditionnelle « cave » de la maison d’habitation (en fait un rez-de-chaussée, le premier étage étant habité) avec des bâtiments annexes dédiés à la viticulture : chais, logements des ouvriers agricoles, cabanes… Mais la monoculture de la vigne ne concerne qu’une minorité d’exploitations ; beaucoup maintiennent la polyculture traditionnelle, l’élevage ovin et n’étendent leur vignoble qu’en fonction de la demande comme le faisaient déjà leurs aïeux aux XVIIe et XVIIIe siècles (on se souvient des réticences et hésitations de Benoît Célarié, le « bourgeois de Bégoux »). La destruction du vignoble par le phylloxéra ne fait pas disparaître les bâtiments qui lui étaient consacrés, ils sont reconvertis et complétés par les séchoirs à tabac, cette culture venant sauver nombre de viticulteurs en passe d’être ruinés par le fléau. La reconstruction contemporaine, entamée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est véritablement lancée avec l’obtention de l’AOC en 1971. Les exploitations reconvertissent une nouvelle fois l’existant avec une innovation : la construction de cuves en bétons bientôt complétées par les cuves en inox. C’est surtout la mécanisation complète de l’activité qui exige un espace supplémentaire. La vente directe à la propriété amène aussi les viticulteurs à se soucier de l’esthétique des locaux et soulève un intérêt renouvelé pour la valorisation des traces les plus anciennes de l’activité viticole. Pouvoir montrer au visiteur l’existence d’une tradition pluriséculaire et un patrimoine bâti de qualité entre désormais dans la stratégie « marketing » des exploitations ! Nous remercions une fois de plus les étudiants pour nous avoir offert ce dynamique compte-rendu et, bien sûr, nous ne manquerons pas de relayer auprès de nos adhérents les dates et conditions de visite de cette exposition.

[1] Présents : Mmes Bouat, d’Alençon, Foissac, Gibert, Graffouillère, Pendino, Serin ; Mlles Brun, Cadier, Campagne, Cavaroc, Caverzan, Denjean, Doudoux, Forgues, Garnier, Hurst, Legal ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Baux, Besançon, Bouat, Bounoua, Brugnera, Conte, d’Alençon, Deladerrière, Delmon, Denjean, Dietsch, Foissac, Gibert, Kurzawinski, Lagaly, Lecuru, Marin, Réveillac, Jean-Michel Rivière, Royère, Serin, Stambouli.

 

SÉANCE DU 2 FÉVRIER 2017[1]                                                  

                                                Présidence : M. Foissac

 

Nouvelles adhésions

  • - Maëlle Jauberthie, de Cours.

Ouvrages et articles reçus ou acquis

  • - Robert Roques (préface de Pierre Laborie), De Georges à Annette, correspondance de guerre, Cahors, éd. auteur, 2016, 99 p. ; don de l'auteur ; D 362.
  • - Isabelle Clouet, 1944 : les déportations à Figeac, recueil, Villefranche-de-Rouergue éd. Grapho 12, 2016, 71 p. ; don de l'auteur ; D 363.
  • - Laurent Carrière, Histoire du cloître de la Sainte-Famille de Figeac. Une communauté religieuse enseignante et caritative aux XIXe et XXe siècles, Figeac, éd. Laurent Carrière,  2016, 120 p. ; O 644 (ouvrage dédicacé à la Société par l'auteur).
  • - Pays pyrénéens et environnement, Actes du 62e Congrès de la Fédération historique de Midi-Pyrénées et du 150e anniversaire de la Société Ramond (1865-2015), Bagnères-de-Bigorre, éd. Pierre Debofle et Jean-Christophe Sanchez, 2016, 532 p. 
  • - Amicale des anciens élèves du lycée et du collège Gambetta, Autour de Léon Gambetta (1838-1882), Catalogue de l'exposition à l'occasion des Journées du patrimoine des 17 et 18 septembre 2016 au collège Gambetta de Cahors, conçu par Danièle Mariotto et mis en page par Jean-Michel Rivière, Cahors, 2016, 20 p. ; don de l’Amicale ; BQYO 2011.
  • - Didier Rigal, « Le site gallo-romain du camp de la Peyre à Lavaurette, Tarn-et-Garonne », Bulletin de la Société archéologique. et historique du Tarn-et-Garonne, t. CXL, 2015, p. 43-66.
  • - Jean le Pottier, «  In memoriam Maurice Greslé-Bouignol (1920-2014) », Bulletin de la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Tarn, t. LXVII, Albi, 2014, p. 296-319 ; BQYO 2010.
  • - Jean-Pierre Lassalle, « La parfaite Union à l'Orient de Cahors », Cahiers d'Occitanie, n°20, février 1995 ; BQYO 2009.
  • - « Le Grand Saint-Sernin, un vrai projet pour Toulouse et la région Occitanie », Société Archéologique du Midi de la France, Toulouse, 2016, 28 p. ; BQYO 2012.
  • - « Cahors-Bologne, du lien médiéval à la citoyenneté européenne », brochure sur le partenariat Comenius regio, Cahors, éd. mairie de Cahors avec le soutien de la Commission européenne, Cahors, 2016, 8 p. ; BQYO 2013.
  • - « Le maréchal Bessières, Bayard de la Grande Armée », revue Napoléon Ier, hors-série n° 25, 2017, 82 p. ; BQYO 2016.

Communications

« STO : LE TROU DE MÉMOIRE » (Robert Roques)

C’est devant une salle archi-comble que notre sociétaire Robert Roques est venu rendre compte d’une histoire familiale, celle de la réquisition de son père, Georges, par le STO, le Service du Travail Obligatoire. Déporté en Allemagne, il entame alors une correspondance journalière avec Annette, sa fiancée. À partir de ce matériau brut et intime, Robert Roques, encouragé par Pierre Laborie, a eu l’intelligence et le courage – longtemps le STO a eu mauvaise presse – de publier un ouvrage, Georges et Annette, dont Étienne Baux a bien voulu rendre compte dans ce même Bulletin. Nous invitons bien sûr nos lecteurs à s’y reporter pour simplement souligner combien, à l’issue de la communication, les échanges ont été nombreux. Le livre de Robert Roques, non diffusé en librairie, est disponible à la vente au siège de la Société.

[1] Présents : Mmes Azaïs, Delsahut, Foissac, Grafouillère, Hillairet, Lagarrigue, Lancelin, Lherm, Pendino, Picard, Roques, Royère, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean, Garnier, Laur, Villes ; MM. Andral, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Bonnemère, Conte, Deladerrière, Denjean, Dietsch, Ferriz, Foissac, Germain, Hillairet, Linon, Maratuech,  Pons, Réveillac, Frédéric Rivière, Jean-Michel Rivière, Roques, Royère, Savy, Serin, Vertut, Vincent.

                                         

  SÉANCE DU 5 JANVIER 2017[1]                                                  

                                                   Présidence : M. Foissac

 

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Jean Héreil, Sauliac-sur-Célé, la vie paroissiale, de la Révolution aux années 2000, Cambes, éd. A+B, 2016, 221 p. ; F 247.

- Pierre Garrigou-Grandchamp et al., Léo Drouyn dans le Midi languedocien. Léo Drouyn, les albums de dessins, vol. 21, St-Quentin-de-Baron, éd. de l'Entre-deux-Mers, 2016, 247 p. ; F 246.

- « Autour des collections », La lettre des musées de la ville de Figeac, n°4, 2015, 7 p. ; BD 462

- Frédéric Rousseau, La guerre censurée, une histoire des combattants européens de 14-18, Paris, Seuil, 1999, coll. XXe siècle, 416 p. ; rééd. 2014, 496 p. ; D 360.

- Benjamin Philip, photos de Laurent Delfraissy, « Figeacois, une fierté retrouvée », Le patrimoine d’Occitanie, n°47, hiver 2016, p. 57 à 59.

Anne-Marie Pêcheur, Sandra Poignant et Marie Poux « Ségala, Causses et Limargue, au fil de la rivière Dordogne », ibidem, p. 69 à 75.

- Anaïs Charrier, « L'église de Saint-Pierre-Toirac : un édifice de la fin du XIIe siècle », Mémoires de la société archéologique du Midi de la France, t. LXXIII, 2013, p. 109-136.

- Jean-Louis Rebière, « Le tombeau des corps saints de Saint-Denis : une réplique à la cathédrale de Cahors », Mémoires de la société archéologique du Midi de la France, t. LXXIII, 2013, p. 289-294.

- Registre de reçus de sommes diverses, baux à loyers, divers (livre de raison d’un bourgeois de Cahors1848-1870),140 p., don de Patrice Foissac ; MS 270.

          

Communications

« LES CHEMINS DE COMPOSTELLE EN QUERCY : MYTHE OU RÉALITÉ ? » (Patrice Foissac)

Le patrimoine de notre département compte depuis plus d’une trentaine d’années un tronçon des fameux « Chemins de Compostelle » qui lui a valu à ce titre le classement de plusieurs monuments, dont le pont Valentré, au « Patrimoine mondial de l’Humanité » par l’UNESCO. Longtemps, la réalité médiévale de ces chemins n’a fait aucun doute et les marcheurs et pèlerins étaient persuadés d’emprunter des itinéraires millénaires, tracés pour leurs prédécesseurs et jalonnés de haltes qui leur étaient destinées. Les historiens, quelque peu dépassés par le succès du phénomène, se devaient de les retrouver. Dans un curieux processus, à rebours des méthodes scientifiques où la découverte précède la publication, nombre d’entre eux se sont mis en quête des preuves de l’existence de ces chemins, preuves qui n’attendaient que leurs patientes investigations. Mais au cours de ces enquêtes dans les sources médiévales et modernes, la plupart d’entre eux ont dû progressivement en rabattre : la trace régionale et locale d’un ou même plusieurs itinéraires particuliers fait largement défaut et force est de constater que le voyage vers Compostelle est toujours resté très marginal face aux pèlerinages locaux. Cette communication n’a pas l’intention de remettre en cause la faveur actuelle des « Chemins de Saint-Jacques » et les motivations des pèlerins et marcheurs mais de rétablir la vérité des textes et de déconstruire un mythe. L’article publié dans ce Bulletin fera le point de l’état de la recherche régionale et locale ; on y trouvera les justifications de cette démarche

 

[1] Présents : Mmes Azaïs, Deladerrière, Delsahut, Dreyfus-Armand, Foissac, Hillairet, Lagarrigue, Lancelin, Mariotto, Patelli, Pendino, Serin ; Mlles Alaux, Cavaroc, Denjean, Guerret, Villes ; MM. Andlauer, Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Bonnemère, Brugnera, Carriol, Dargegen, Dausse, Deladerrière, Denjean, Dietsch, Foissac, Hillairet, Hinderer, Mailhol, Piécourt, Roques, Royère, Serin, Vertut.

 

SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 2016[1]                                           

 Présidence : M. Deladerrière, M. Foissac

Nouveaux membres

 

-          Ken Lazarus, de Lunan

-          Édith et Michel Francon, de Martel

-          Anne-Marie et Marc Andral, de Cahors

-          Claude Vertut, de Lamagdeleine

 

Ouvrages reçus ou acquis

 

-          SAHTG, 150 ans de la Société archéologique et historique du Tarn-et-Garonne, Canens, éd. In extenso, 2016, 90 p.

-          SAHTG, Le voyage archéologique d’Alexandre du Mège en Tarn-et-Garonne (1821), avec l’atlas des dessins, Canens, éd. In extenso, 2016, 213 p.

-          Correspondances, Figeac et les frères Champollion, Musée Champollion, les Écritures du monde, ville de Figeac,  Lettres présentées par Karine Madrigal, éd. : Presses de Merico, 2016, 173 p.

-          Exposition « Champollion intime », du 4 juin 2016 au 4 mai 2017, 30 ans du musée Champollion, Figeac, éd. musée Champollion, 2016-2017, 15 p.

-          « Autour des collections », musée Champollion-les Écritures du monde-musée d'Histoire, La lettre des musées de la ville de Figeac n°4, Figeac, éd. musée de Figeac, 2015.

-          Michel Carrière, Jean-Pierre Girault, Les occupations préhistoriques du Puy-d’Issolud, de la vallée de la Dordogne et de ses affluents dans le nord du département du Lot, Brive-la-Gaillarde, éd. Racines-Les Monédières, 2013, 289 p., F 242

-          Sophie Flouquet, « Fiscalité des Monuments historiques, le rapport Eblé », Magazine VMF, n°270, p. 12-13

-          Les Amis du vieux Caussade et de son pays, Cahiers n°3, 19, 20, 21, 49, 1999-2016, BQYO 205

-          Courrier de M. André Mellinger, maire de Figeac, suite au don de la lettre de Charles Boyer, 1 CM 561bis

-          « Recueil de copie de déclarations de police rédigées par Antoine-Jean Berty, commissaire à Cahors », 1913 ?, manuscrit (don de Michèle Graffouillère), MS 268

-          « Entente entre Combarieu, Plantade et Richard Georges, imprimeurs. Décision d’imprimer les listes électorales chacun à son tour », Cahors, 1834, manuscrit, MS 269.

Communications

« L’AFFAIRE CHAMPOLLION » (Jacques Carral)

Notre sociétaire est amené à évoquer les raisons de son intérêt appuyé pour les Champollion : ancien sous-préfet de Figeac, précédemment en poste à Grenoble et Paris, il a donc en quelque sorte « accompagné » la famille Champollion sur les lieux qu’ils ont illustrés. Le conférencier rappelle les grandes références bibliographiques disponibles[2]. L’affaire en question qui date de 1816-1817, où, suspendus de leurs fonctions universitaires à Grenoble, ils sont assignés à résidence à Figeac, n’a pas échappé aux biographes et Jean Lacouture décrit cet épisode de la vie du savant sous le titre de chapitre « proscrit parmi les siens ». J. Carral pose un « regard inversé » sur cet exil, celui des préfets de l’Isère et du Lot et celui du sous-préfet de Figeac de l’époque. Ce sont les Archives de la Dordogne à Périgueux qui ont conservé la correspondance préfectorale, en fait le brouillon tenu par le sous-préfet pour rédiger ses diverses lettres et rapports. Le conférencier rappelle alors le contexte de la Restauration, difficile pour la jeune administration préfectorale confrontée à la réaction des « ultras ». Dans le Lot, le dernier préfet d’Empire est remplacé en septembre 1815 par le comte Albert-Magdelaine-Claude de Lezay-Marnésia à qui succède au début de 1817 Charles-Louis de Chamissot de Boncourt après six mois de vacance du poste. Ce sont eux et le sous-préfet de Figeac, Edmond de Laborie, comte de Campagne, qui ont donc à gérer au mieux la présence forcée des frères Champollion à Figeac. Les deux assignés à résidence, Jacques-Joseph, l’aîné, dit Champollion-Figeac, et son frère cadet Jean-François, compromis par leurs liens avec l’Empire, sont reçus par le sous-préfet chargés de les surveiller qui rapporte à son supérieur leur bon état d’esprit et plaide pour un régime de surveillance adouci. Ces administrateurs, dont J. Carral retrace brièvement la biographie sont deux modérés. Notons, faits curieux, que le préfet Lezay-Marnésia est élu dans la même période député du Lot et que le comte de Campagne est un sous-préfet d’Empire, nommé en 1813 et maintenu. Leur souhait n’est pas de persécuter et humilier les deux exilés mais, surveillés par leur hiérarchie, ils restent prudents. Ils cherchent surtout à « occuper » les frères Champollion avec l’aide de Jacques-Antoine Delpon, procureur du roi à Figeac, qui est déjà l’érudit passionné d’archéologie que l’on connaît bien pour sa brillante carrière ultérieure. Jacques-Joseph va, sur les conseils de Delpon, s’intéresser à la recherche du site de l’Uxellodunum de la guerre des Gaules qu’il attribue à Capdenac-Le-Haut où il fait entreprendre des fouilles. Jean-François, qui a déjà publié en 1814 L’Égypte sous les pharaons, accompagne son frère à Capdenac et poursuit à Figeac ses recherches sur la langue copte. Les deux frères s’intéressent aussi aux projets d’école mutuelle de l’anglais Joseph Lancaster et fondent une école de ce type à Figeac. Mais le contexte familial n’est pas simple. Les deux frères, isolés, sans connaissances particulières, retrouvent à Figeac leur père et leurs deux sœurs dans une situation matérielle précaire car la librairie paternelle peine à assurer la subsistance de la famille élargie. Le père aurait peu à peu sombré dans l’alcoolisme dilapidant ainsi le peu de biens dont il disposait. Heureusement, l’exil touche à sa fin et Jacques-Joseph peut rejoindre sa famille à Grenoble. Jean-François le suivra quelques mois plus tard.

Un article du conférencier est attendu pour ce printemps, nous l’en remercions chaleureusement.

                                           HOMMAGE À NOS ANCIENS

Le repas précédant la séance publique d’hiver a été l’occasion de rendre hommage à deux de nos plus anciens adhérents, Simone Denjean et François Sigrist qui, tout en restant fidèles à notre Compagnie, ont souhaité prendre un peu de repos en abandonnant pour l’une la charge de « commissaire aux journées et excursions » et pour l’autre le poste d’administrateur. Les habitués de notre Bulletin et de nos sorties savent tout ce que nous devons à nos deux sociétaires en termes de dévouement et d’efficacité.

Il nous a donc paru indispensable de les inviter à ce traditionnel moment de convivialité et de leur remettre un petit cadeau à partager avec leurs proches.

Nous avons également eu le plaisir de compter parmi nous Georges Depeyrot, chercheur et numismate de réputation internationale qui, entre deux voyages, a posé ses valises à Cahors. Rappelons que Georges a été, à l’âge de 16 ans, l’un des plus jeunes adhérents de la SEL et lui est toujours resté fidèle. 

 

 

Simone Denjean

François Sigrist

À la gauche du président, Georges Depeyrot


[1] Présents : Mmes Azaïs, Dreyfus-Armand, Foissac, Lagarrigue, Mariotto, Pendino, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavarroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Carral, Conte, Deladerrière, Foissac, Germain, Hinderer, Lecuru, Linon, Montaudié, Réveillac, Rigal, Rivière, Roques, Royère, Serin.

[2] Aimé-Louis Champollion-Figeac, Les deux Champollion : leur vie et leurs œuvres, leur correspondance archéologique relative au Dauphiné, Adamant Media Corporation, 2002, 251 p. ; Hermine Hartleben, Jean-François Champollion, Sa vie et son œuvre, 1790-1832 [« Champollion. Sein Leben und sein Werk »], 1990 ; Jean Lacouture, Champollion, Une vie de lumières, Grasset, 1988 ; Alain Faure, Champollion, le savant déchiffré, Fayard, 2004.

 

SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 2016[1]                                         

 Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

 

-          Père François Denis, de Gramat

-          Philippe Serizier, de Paris

-          Isabelle Giard, de Rocamadour

Ouvrages et articles reçus ou acquis

-          néant

Communications

« NAVIGATEURS-ARMATEURS NÉGRIERS DE CAUSSADE EN QUERCY » (Jean Badia, Catherine Lenglet)

La communication a suscité par son originalité un tel afflux de participants qu’un record a été battu : nous n’avions plus une seule chaise disponible ! Les absents peuvent se consoler : les conférenciers ont bien voulu nous confier un article publié dans ce fascicule du BSEL auquel nous renvoyons le lecteur et qui rend tout procès-verbal inutile. Rappelons tout de même que les recherches menées le sont dans le cadre de l’Association des Amis du Vieux Caussade avec qui nous aurons beaucoup de plaisir à entretenir des échanges réguliers, notamment par le biais  de nos revues.



[1] Présents : Mmes Azaïs, Badia, Bouat, Deladerrière, Delsahut, Dreyfus-Armand, Dufour, Grafouillère, Foissac, Lagarrigue, Lenglet, Malique, Picard, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc ; MM. Austruy, Auvray, Azaïs, Badia, Baux, Bouat, Dargegen, Deladerrière, Dufour, Genebrieres, Germain, Gervais, Fages, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Hinderer, Lagaly, Linon, Réveillac, Royère, Serin, Vertut.

                                         

 

 SÉANCE DU 6 OCTOBRE 2016[1]                                         

   Présidence : M. Foissac

Décès

-          Paulette Aupoix, de Cahors [L’une de nos fidèles sociétaires. Professeur de Lettres au lycée Clément-Marot de Cahors, Mme Aupoix a rédigé plusieurs articles pour notre BSEL. Nous la connaissons aussi pour son bénévolat efficace aux Archives diocésaines de Cahors.]

 

Nouveaux membres

 

- Danièle Mariotto-Lagane, de Cahors

- Henri Laneau, de Cahors

- Jean-Claude Roque, de Saint-Martin-des-Combes (24)

- Martial Stambouli, d’Albas

- Jean-Paul Cadet, de Paris

- Philippe Viers, de Saint-Clair

- Danièle Decome-Aumont, de Cahors

- Hervé Hubert, de Saint-Simon

Ouvrages et articles reçus ou acquis

 

- Philippe Calmon, Le cartonnier et la mémoire. Vie quotidienne et usages autour de Figeac avant et après la Révolution, Figeac, éd. Françoise Claustres, 2016, 143 p. (Don de l’auteur), QYD 357

- Jacques Combourieu, Michèle Latapie, À la découverte des lavoirs. Arrondissement de Gourdon, Cambes, Imp. Num. AB, 2016, 154 p., QYD 358

- Daniel Girard (Max Delian), Catalogue de l’exposition « Lherm, aquarelles et lettres 14-18 », Lherm, n.c., 2016 (don de Françoise Auricoste), BQYO 2003

- Martine Balout, Périgueux, capitale du Périgord. Balades en ville à travers plus de 2000 ans d’histoire, La Crèche (79), Geste éditions, 2014, 60 p., QYO 636

- Guy Astoul, Les chemins du savoir en Quercy et Rouergue à l’époque moderne. Alphabétisation et apprentissages culturels, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1999, 390 p., Collection Tempus, QYO 640

- Frédéric Claverie, Cimetières ruraux et occupation du sol en Haut Quercy du Moyen Âge à la fin de l’époque moderne (IXe-XVIIIe siècles), Bordeaux, Université Michel de Montaigne, TER sous la direction de J.B. Marquette, 1996, 109 p. ; Annexes I, 73 p. ; Annexes II, 113 p. ; Q 123, 124, 125

- Henri Thamier, Le Rouge et le cœur, Cahors, éd. Imp. Tardy Quercy, 1988, 360 p. (Don de Michel Auvray), QYO 642

- Régine Pernoud, Jacques Juillet, dir., Saint-Louis pèlerin et le pèlerinage de Rocamadour au XIIIsiècle. Année Saint-Louis, VIIe centenaire 1270-1970, Luzech, Imp. Boissor, 1973, 215 p., QYD 354

- Albert Solacroup, Divertissements, Villefranche-de-Rouergue, Imp. Salingardes, 1969, 64 p. (Dédicacé par l’auteur à Maurice Faure), QYD 356

- Jacques Tulet, Le père Bonhomme, pèlerin de Rocamadour. Une restauration spirituelle, Toulouse, Imp. Fournié, 1954, 54 p., QYD 353

- Jean Calmon, René Prat, Les cadastres de Cahors (1500-1606-1650), Cahors, Coueslant, 1947-1951, deux volumes, vol. 1, 372 p., et vol. 2, 226 p. (don de Mme Bouzeran), QYQ 77 et QYQ 122

- L. Gay, Raymond Gromas, avec la collaboration de M. Ph. Maturié, ingénieur agronome à Frayssinet-Le-Gélat, Statistique agricole de la France. Annexe à l’enquête de 1929. Monographie agricole du département du Lot, Cahors, Coueslant, 1937, 300 p., QYO 637

- Antoine Laurent-Bruzy, Carnyxs d’Uxellodunum (Puy-d’Issolud). Histoire et légende, Brive, Imp. Lachaise, 1933, 300 p., QYO 639

- Raymond Coly, Chants du Quercy. Rayons du prisme. II. Vermanty, vin du Lot, Figeac Imp. Goutel, 1933, 10 p., BQYD 458

- Robert Latouche, La vie en Bas-Quercy du XIVe au XVIIIe siècle, Toulouse, Privat ; Paris, Picard, 1923, 520 p., QYO 641

- Père Léopold de Chérancé, Le Bienheureux Christophe de Cahors, Paris-Couvin (Belgique), éd. Vve C. Poussielgue-Maison Saint-Roch, 1907, 145 p., QYD 352

- Kadurk, Notice sur quelques objets anciens figurant à l’exposition des Beaux-Arts de Cahors en 1881. Réunion d’articles parus dans le « courrier du Lot », Cahors, Plantade, 1882, 58 p., QYD 355

- Louis Combarieu, Le département du Lot avant 1789, Cahors, librairie Girma, 1879, 15 p., QYO 638

- Cyprien Lacarrière, Vie de la vénérable mère Galiote de Sainte-Anne de Gourdon-Genouillac-Vaillac, coadjutrice de l’Hôpital-Beaulieu, prieure des Fieux, Toulouse, Imp. Troyes, 1869, 271 p., QYD 359

- Raymond Dufaut, Viticulture 2e année, Cours de viticulture 1907, manuscrit, 1907, 293 p. (Acquisition SEL, Salon du Livre Cahors), MS 265

- Nicolas Savy, « Bertrucat d’Albret ou la construction d’un réseau gascon au service du roi d’Angleterre », Aquitaine historique n°127, juillet 2016, p. 2-8, BQYO 1999

- Françoise Laîné, Nicolas Savy, « Un vicomte rescapé, un comte retrouvé et un chevalier ruiné. Notes sur des prisonniers de la bataille de Poitiers », Annales du Midi n°293, tome 128, 2016, p. 47-65

- Florent Garnier, « Compte rendu et notes : une “bonne ville” dans tous ses états : Cahors (1450-1550). Patrice Foissac, Cahors au siècle d’or quercinois, 1450-1550 », Annales du Midi n°293, tome 128, 2016, p. 109-111

- Santiago Mendieta, « Du cahors au malbec, une mise en récit », Midi-Pyrénées Patrimoine n°46, 2016, p. 43-49

- Chantal Bruel, « Musée de la Résistance et de la Déportation de Figeac », Cahiers de la belle vallée du Lot n°4, mai 2016, p. 22-25

- Hervé Thiébaut, « Lavayssière », Cahiers de la belle vallée du Lot n°4, mai 2016, p. 44-47

- Jean-Paul Desprat, « Jean-Paul Lacaze, chef de mission de l’aménagement de la vallée du Lot », Cahiers de la belle vallée du Lot n°4, mai 2016, p.48-51

- Jean-Claude Bonnemère, « Le rôle clé de la presse locale dans la vie politique lotoise par Étienne Baux. Des origines à 1944, l’influence de la presse dans le Lot », La Vie quercynoise n°3691, 11 août 2016, BQYO 1997

- LM, « Le miracle cadurcien ou l’incroyable aventure de l’hôtel Best Western. Cahors, ville d’art et d’histoire », Le Lot en action n°98, 4 mars 2016, BQYO 1995

- ?, « Caroline, l’ambitieuse Murat », Revue des amis de l’histoire de Colombes n°52, 2015, p. 16-17, BQYO 1996

- Nicolas Bru, « Nouveaux éléments sur le tableau de l’Adoration des bergers de la cathédrale de Cahors », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. LXXIV, 2014, p. 187-195

- Nicolas Savy, « The “chevauchée” of John Chandos and Robert Knolles. Early March to Early June 1369 », The Journal of Medieval Military History, vol. VII, p. 38-56, 2009, tiré à part (don de l’auteur), BQYO 1998

- Cavalier et roi, revue des Amis du maréchal Murat, roi de Naples, n°28, 30, 34, 35, 37-43, 45, HS 2014, 46, 1997-2015 (acquisition de numéros manquants)

- Aluta, revue des poètes du Quercy, n°27 à 68 (avec des manques), 1950-1960 (don de Jean Delmon)

- Deux pièces : « Feuille de route du citoyen Jean (illis.) pour se rendre à Cahors en passant par Rotterdam et (illis.). 30 pluviôse an VI (18 février 1798) » ; « Troupes françaises de Hollande, 54e demi-brigade, 3 pluviôse an VI… », manuscrits (don de M. Eugène Farina de Mauroux), MS 263 et 264

- Deux cartes postales anciennes du pont Valentré, 1939 et 1952 (don Patrice Foissac), BQYD 459.

 

Communications

« MARCELLE CAPY ET LE PACIFISME » (Bernard Balan)

Notre fidèle sociétaire Bernard Balan avoue d’emblée que sa rencontre avec Marcelle Capy est le fruit d’un heureux hasard, celui de son livre, Une voix de femme dans la mêlée (1916), prêté par une amie qui le tenait de sa mère. Marcelle Marquès, de son vrai nom, Capy étant celui de sa mère, est née en 1891 à Cherbourg d’un père officier de marine et a été confiée très jeune à ses grands-parents habitant Pradines. Elle a suivi des études secondaires à Cahors puis supérieures à Toulouse, en khâgne, qui lui permettent de participer à la vie culturelle toulousaine où elle fait en 1911 une rencontre qui va donner un sens nouveau à sa vie, celle de Jean Jaurès. Elle abandonne alors ses études pour devenir journaliste… et socialiste. Marcelle est profondément marquée par le premier conflit mondial et réussit à faire publier en 1916 le livre que nous venons de citer et qui sera d’abord censuré puis plusieurs fois réédité après la guerre. En effet, cet ouvrage préfacé par Romain Rolland est un véritable manifeste pacifiste. Elle ne reste pas pour autant inactive et, journaliste à la Voix des femmes, périodique féministe, s’intéresse au sort de celles que l’on appellera les « munitionnettes », se faisant même embaucher dans une usine pour mieux se documenter. En 1918, elle rencontre le député Pierre Brizon qu’elle va épouser et avec qui elle fonde le périodique antimilitariste La Vague. Désormais, pacifisme, socialisme et féminisme vont être les trois combats de sa vie. Marcelle Capy, qui fréquente les milieux intellectuels engagés de la capitale et voyage beaucoup, n’oublie pas le Lot et est récompensée du prix Séverine de l'Association des femmes journalistes pour son livre Des hommes passèrent… (1930) dans lequel elle relate le séjour dans les familles de Pradines de prisonniers de guerre allemands. C’est la période la plus féconde de sa vie et elle publie beaucoup tout en militant à la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP) dont elle assure la propagande. Son intransigeance pacifiste l’amène à refuser toute concession à la Seconde Guerre mondiale là où beaucoup de ses amis s’engagent et appellent à la résistance contre le nazisme ; elle se compromet même dans des publications exploitées par des collaborateurs notoires. Sans doute très marquée par cet échec personnel, elle prend alors de la distance avec ses engagements passés et profite d’un séjour auprès de sa sœur en Égypte pour consacrer ses dernières publications à ce pays. Retirée à Pradines dans la maison de ses grands-parents, elle y meurt en 1962 dans un relatif anonymat. Nous remercions Bernard Balan pour avoir, à la suite du docteur Pierre Gayet et d’Aline Canal[2], fait revivre cette figure attachante qui repose aujourd’hui dans le cimetière de son cher Pradines.


[1] Présents : Mmes Azaïs, Deladerrière, Grafouillère, Grondin, Lagarrigue, Mariotto, Pendino, Royère, Sécher, Serin, Vancampen ; Mlle Denjean ; MM. Andral, Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Balan, Baux, Cazèle, Dargegen, Deladerrière, Delmon, Fages, Foissac, Hinderer, Linon, Rivière, Royère, Serin, Vincent.

[2] Pierre Gayet, Marcelle Capy, une voix de femme au-dessus de la mêlée, Homme et Femmes en Quercy, septembre 1998. Aline Canal, Pacifisme, féminisme, socialisme : Marcelle Capy (1891-1962) : une femme engagée dans la Cité de la Belle-époque à la Seconde Guerre mondiale, dir. Sylvie Chaperon, Thèse de l’Université de Toulouse, 2009.

 

SÉANCE DU 2 JUIN 2016


Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres
- Michèle Grafouillère, de Cahors
- Sophie Lafon, de Caïx
- David Hinderer, de Castelfranc
- Bernadette Castaing, de Cahors
Ouvrages et articles reçus
- Annales des XXIVe Rencontres archéologiques de Saint-Céré (Lot), n° 23, 2016.
- Sabine Lazarus, Si la Contie m’était contée, Lunan, éd. Les jardins de la Contie, 2016, 176 p., F241.
- Anne Sauvonnet-Salaün, « Jean Lurçat, à propos de Liberté », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 61, 2015-2016, p. 333-342. 
- Martine Mathias, « La tapisserie Le vin de Jean Lurçat ou la joie de vivre retrouvée », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 61, 2015-2016, p. 343-348.  
- Guy Astoul, Jacques Carral, « Jean-George Lefranc de Pompignan, prélat, apologiste et homme politique », Recueil de l’Académie de Montauban, t. XVI, année 2015, p. 151-170.
- Pierre Laborie, « Les partis politiques et la résistance dans le Lot », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et des conflits contemporains, n°85, 1972, p. 3-32.
- Marie-Louis Larnaudie, Transcription et saisie des carnets de l’abbé Escapoulade 1914-1916, d’après des originaux conservés aux Archives diocésaines, Cahors, 2014 (don de l’auteur). Ces carnets complètent ceux conservés aux Archives départementales du Lot et analysés par P. Foissac dans BSEL 2014/4.

Communications

« GABAUDET » (Jean-Claude Coustou)
Notre sociétaire Jean-Claude Coustou compte parmi nos plus anciens adhérents et on connaît bien sûr ses nombreuses contributions à la recherche historique, en particulier autour de sa ville de Gramat. Il nous présente ce soir le résultat d’une longue enquête sur ce que l’on a coutume d’appeler « l’affaire de Gabaudet », l’une des illustrations lotoises de la féroce répression menée par la tristement célèbre division SS Das Reich lors de sa remontée de la région de Montauban vers le front de Normandie en juin 1944. Personne en France n’a oublié Tulle et Oradour-sur-Glane, les Lotois se rappellent de Calamane et Frayssinet-le-Gélat mais le massacre de Gabaudet, hameau proche de Gramat, reste relativement méconnu. Jean-Claude Coustou et Marc Viguié ont choisi de restituer enquête et témoignages sous la forme d’un film, encore inachevé, qui nous est projeté en avant-première. Images d’archives, cartes et surtout témoignages, en grande partie inédits, reconstituent minutieusement l’historique et le parcours d’éléments motorisés de la Das Reich jusqu’à Gabaudet. L’intention des auteurs est de tenter de comprendre comment cette unité a pu parvenir directement sur ce lieu isolé de rassemblement des maquisards et sans être véritablement détectée. Concours de circonstances (une reconnaissance aérienne ?) ou, plus sûrement, dénonciation
(le commandant de la brigade de gendarmerie de Gramat ?), le drame se joue rapidement entre les 7 et 8 juin. Il se solde par la destruction des hameaux de Donnadieu et Gabaudet, la mort de 22 résistants, récentes recrues pour la plupart, 3 « inconnus » (Espagnols ?) et 4 habitants, la déportation de 71 survivants dont seulement 48
reviendront des camps. Les témoignages recueillis constituent l’essentiel du film ; lesquelques survivants de Gabaudet, les cadres des maquis, les familles des victimes, guidés par un questionnement discret, donnent leur vision de ces journées tragiques. Ces témoignages ont beaucoup de force par leur simplicité, leur sincérité et leur pudeur lorsqu’il s’agit d’évoquer la perte d’êtres chers dans un cadre dont rien ne laissait supposer qu’il puisse devenir le théâtre d’un drame. Ils constituaient à n’en pas douter une source unique jusque-là inexorablement vouée à disparaître sans la salutaire initiative de nos amis. Nous ne manquerons pas de tenir nos sociétaires informés des dates de projection du film via notre site internet et notre « page Facebook ».


SÉANCE DU 11 MAI 2016


Présidence : M. Foissac

Ouvrages acquis ou reçus

- Collectif (étudiants de la promotion 2016 du master 2 Patrimoine de Cahors), « Des monuments et sculptures que vous ne verrez jamais dans le Lot », Midi-Pyrénées Patrimoine
n°45, printemps 2016, p. 90-93.
- Geneviève Dreyfus-Armand, Varaire retrouve son passé, un patrimoine à préserver, Varaire, éd. Association REV, 2016, 15 p., BD457.
- Anaïs Charrier, Cahors, les chantiers 2015, Cahors, Direction du Patrimoine de la ville de Cahors, 2015, 8 p., BO1993.
- Émile Méjane, Jacques Poulet, « Les premiers seigneurs de Bournazel : des Mancip aux Buisson (XIIIe-XVIe siècle) », in Études aveyronnaises, 2015, p. 177-194, O634.
- Jean Rocacher, « Iconographie de la Genèse et peintures du massif occidental de la cathédrale de Cahors », in Le décor des églises en France méridionale (XIIIe-mi XVe siècle), Toulouse, Privat, 1993, Cahiers de Fanjeaux n°28, p. 253-254, S46.
- Jean-Claude Fau, Jean-François Fau, Atlas historique des villes de France : Montauban (avec gravure du siège de Montauban en 1621 par Méran), Paris, éd. CNRS,
1983, 4 p., MS260.
- Mgr Michel Even, La vie de la chère sainte Fleur, religieuse professe de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, 1309-1347, de l’Hôpital-Beaulieu, en Quercy, Paris, éd. Gabriel Enault, 1944, 120 p., S050.
- Pierre Cantarnal, Conquête de la liberté, Aurillac, Imprimerie moderne, s.d., 129 p., S047.
- Raymond Pierron, « Préhistoire : sur la découverte de basaltes d’Auvergne dans les tumulus de Carennac (Lot) », Tiré à part de la Revue de la Haute-Auvergne, t. XXXI, p. 368-371, BO1994.
- Marguerite Vidal, Petit guide pour la visite de l’abbaye Saint-Pierre de Moissac,
Montauban, Imp. Forestié, 1951, 16 p., BD456.
- Mgr Jean-Joseph Moussaron Ordo divini officii recitandi pro anno domini MCMXXXIX, Cahors, Delsaud, 1939, 84 p., S048.
- Mgr Jean-Joseph Moussaron Ordo divini officii recitandi pro anno domini MCMXXXVII, Cahors, Delsaud, 1937, 84 p., S049.
- Maurice Lémozin, Une âme sociale, Jean Cros (1881-1903), Sarlat, Imp. Michelet, 1908, 61 p., S051.
- Louis Esquieu, Une bulle du pape Jean XXII du 14 février 1323 communiquée par l’abbé Albe depuis Rome, Cahors, éd. F. Delpérier, 1902, 14 p., BO1992.
- Michel Vanlachom, Description générale du pays et vicomté de Turenne avec les confins des provinces qui l’avoisinent (Carte en couleur, don de Michel Carriol, avril 2016), Paris, « par le graveur et imprimeur du Roy rue Saint-Jacques, à la rose blanche couronnée », vers 1700, MS262.

Communication

« EN AFRIQUE, SUR LES TRACES DE L’ABBÉ BREUIL » (Jacques Audoin)
Nous avions depuis longtemps sollicité notre sociétaire Jacques Audoin, préhistorien émérite et grand connaisseur de l’Afrique, pour obtenir de lui une communication sur 
l’art pariétal africain qui, certes, nous éloigne du Lot mais offre aux passionnés de préhistoire un retour aux sources en quelque sorte. Le sujet de la communication est original car si tous les amateurs de préhistoire et la plupart de nos sociétaires savent que l’abbé Breuil a été un pionnier dans l’étude de l’art pariétal bien peu connaissent ses séjours africains. Il a ainsi répondu dès 1929, année où il obtient une chaire au Collège de France, à l’invitation du gouvernement sud-africain qui a mandat sur la Namibie ex-allemande pour y interpréter des peintures rupestres dont la célèbre « Dame blanche » qui le passionnera. Là, dans un massif du Brandberg difficilement accessible, huit jours durant, il se livre à ses célèbres relevés sur calques épais dont Jacques Audoin
nous présente quelques exemplaires à comparer à ses propres photos. Celles-ci montrent que l’attribution de la peinture au sexe féminin reste discutable ou au moins incertaine sauf à considérer qu’elle a été depuis victime d’altérations. Après les lui avoir beaucoup reprochées, on pardonnera à l’abbé Breuil des interprétations discutables de cette figure de l’art pariétal local (une datation attribuée à tort au paléolithique, une vision complaisante de « migrations sémitiques blanches » jusqu’au sud de l’Afrique !) dans un contexte de pré-apartheid qu’il n’a sans doute pas bien mesuré. Les peintures rupestres de Namibie étudiées par l’abbé Breuil ne se limitent pas au Brandberg et à cette célèbre figure et, comme l’illustrent les nombreuses photographies de Jacques Audoin, mettent en scène des figurations animales (dont d’assez rares girafes et serpents) ou humaines (« porteurs avec outres »). Jacques Audoin précise que les peintures connues se comptent en dizaines de milliers et qu’elles débordent sur les états voisins, Afrique du Sud, Botswana et Zimbabwe ; il nous en présente quelques échantillons :
figures humaines schématiques et difficilement interprétables ou animales (oryx, bovidés, porc-épic, etc.). La recherche contemporaine les considère comme relativement récentes et les attribue au peuple san (Buschmen ou Bochimans). Cette communication se termine par quelques vues de l’art pariétal éthiopien et bien sûr s’achève sous les applaudissements avec un dernier portrait de l’abbé Breuil.


2 - Présents : Mmes d’Alençon, Andral, Audoin, Azaïs, Deladerrière, Foissac, Lagarrigue, Royère, Serin ; Mlles
Audoin-Bénac, Cavaroc, Denjean ; MM d’Alençon, Andral, Austruy, Azaïs, Baux, de Chalain, Deladerrière,
Germain, Linon, Royère, Serin.


SÉANCE DU 7 AVRIL 2016

 


Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres
- Laurent Wirth, de Creysse
- Martine Gékière, du Montat
- Jérôme Dietsch, d’Arcambal
- Dominique Siméone, de Cahors

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Jacques Combourieu, Michèle Latapie, À la découverte des lavoirs. Arrondissement de Figeac, Cambes, Imp. Num. AB, 2015, 126 p., D332.
- Marc Baldy, Boulevard Gambetta, Cahors-Paris et retour, Cahors, Publi-fusion, 2004, 229 p., D337.
- Jean-Luc Axelrad, Gilles Lades, Saint-Cirq-Lapopie, lecture d’un site, suivi de André
Breton : de la rencontre à la demeure, Saint-Cirq-Lapopie, éd. Les Amis de Saint-Cirq-Lapopie, 2003, 90 p., D347.
- Pierre-Flandin-Bléty, « Une contribution à l a pacification du Languedoc, la
confédération dite de Rocamadour (1229-1240) », Cahiers de l’Institut d’anthropologie juridique n°7, Limoges, Presses universitaires, 2003, 36 p., O624.
- Michelle Chauveau dir., Souillac (Récits, mémoires, souvenirs). Carnet de notes du
Lot, Souillac, Ayrolles éd., 1995, 140 p., D338.
- Michèle Aué, Découvrir le Quercy, s.l., éd. MSM, 1994, Collection Découvrir, 190 p., O628.
- Edmond Massaud, Du levain pour demain. Le Lot au coeur, Cahors, Publi-fusion, 1993, 123 p., D335.
- Lucien Lachièze-Rey, « Les Cahiers de Doléances du Quercy », L’Église et la Révolution française. Colloque tenu à l’Institut catholique de Toulouse les 27-29 janvier1989
sous la présidence du doyen J. Godechot, Bulletin de Littérature ecclésiastique publié par l’Institut catholique de Toulouse, tome XC, juillet-septembre 1989, p. 13-21, O629.
- Clément Nastorg, « Les résistances aux idéaux de la Révolution : le cas du Haut-Quercy et du district de Saint-Céré-Martel », ibidem, p. 23-46.
- Patrick Ferté, Pierre-Yves Malbec, Scatabronda, comedia carcinola anonima…Un brûlot libertin occitan dans l’université de Cahors, Flaujac-Poujols, éd. Carcin-terra d’oc, 1983, 410 p., D340.
 - Roland Pierrot, Raymond Pulou et al., Inventaire minéralogique de la France n° 10 : Lot et Tarn-et-Garonne, Orléans, éd. BRGM, 1982, 175 p., O626.
- Jean-Pierre Alaux, Si mon « païs » m’était conté, Toulouse, Eché, 1981, 167 p., D342.
- Jean-Paul Damaggio, Les sans-culottes, Montauban-Verdun (1793-1794), Pomponne, auto-édition, 1987, 144 p., BO1988.
- René Delmas, Ferlignac ou journal d’un sudiste, Montpellier, Africa Nostra, 1980, 274 p., D339.
- Rocamadour ignoré, Paris, Club du Vieux manoir, 1974, 28 p., BD452.
- Joseph Molinié, Enfance à Cahors (préface du chanoine Tulet), Cahors, Lagarde, 1965, 178 p., D346.
- Arthur Roussilhe, Souvenirs 1907-1954, Cahors, Imp. Dhiver, 1955, 195 p., O633.
- « La voix du prieuré » (Laramière-Vidaillac, Lot), 5 bulletins reliés, mars à mai 1955, déc. 1956, déc. 1957, Aurillac, Imp. Gerbert. O630.
- Abbé J. Rouzet, Sous la Révolution, un pasteur : l’abbé Pierre Ventach. Un peuple : Mayrinhac-Lentour en Haut-Quercy, Saint-Céré, éd. Cestan-Gaudou, 1954, 37 p.,BO1990.
- Maurice Boyé, Petites villes du Midi de la France, Saint-Céré, Vertuel, 1947-1950 ?,coll. Art-Paysage-Histoire, 355 p., D345.
- Chanoine Gallay, Une sainte du Quercy, vie de sainte Fleur, sanctuaire d’Issendolus (avec une lettre de Mgr Moussaron), Besançon, Impr. De l’Est, 1938, 130 p., D438.
- Ferdinand Lovio, Povera, lamentations rythmées du 14 janvier au 26 juin 1936 (dédicace de l’auteur), Paris, éd. Albert Messein, 1936, 199 p., O625.
- Mgr Joseph Lucien Giray, Ordo divini officii recitandi missaeque celebrandae pro anno domini MCMXXXIII, Cahors, Imp. Delsaud-éd. de l’évêché, 1933, 85 p., S042.
- Mgr Joseph Lucien Giray, Ordo divini officii recitandi missaeque celebrandae pro anno domini MCMXXXVI, Cahors, Imp. Delsaud-éd. de l’évêché, 1936, 83 p., S043.
- Paul Cambon, De Cahors et d’ailleurs, croquis et broutilles. Poèmes 1931, Agen, éd. P. Laborde, 1931, 116 p., O627.
- Angèle Rible, Au champ du coeur, Cahors, Bergon, 1927, 61 p., D336.
- Chanoine P. Maurel, La congrégation des Filles de Jésus et ses origines (préface Mgr Giray), Brive, Imp. catholique, 1925, 350 p., D344.
- Anonyme, Notice sur la famille de Delmas, Brive, Imp. catholique, 1923, 8 p., BO1991.
- Abbé F. Lacoste, Notre-Dame-de-l’Île de Luzech (Dédicace de l’auteur à Mlle Olières), Limoges, Imp. P. Dumont, 1921, 108 p., S041.
- Pierre Poux, Une petite ville, croquis et silhouettes (dédicace « À mon ami de Monzie, à Monsieur et Madame Darquier »), Paris, éd. Alphonse Lemerre, s.d., 172 p., D341.
- J. C. Viguié, Compte-rendu du procès de Mgr l’évêque de Cahors devant le Tribunal correctionnel de Cahors, le 17 mai 1909, Brive, Imp. Catholique, 1909, 35 p., S045.
- Chanoine Adrien Foissac, Le premier Grand séminaire de Cahors (1638-1791) et les prêtres de la Mission. Simples notes d’histoire locale, Cahors, Plantade, 1908, 94 p., O631.
- Dr J. Brun, Le Lot illustré, guide-album du touriste. Curiosités naturelles et archéologiques, 87 vues (dédicace au chanoine Albe), Saint-Céré, Imp. Baudel, 1901, 30 p., BD455.
- Abel de Valon, Histoire d’Alain de Solminihac (Préface d’E. Christophe, évêque de Cahors), Cahors, Delsaud-éd. de l’évêché, 1900, 330 p., D343.
- Anonyme, Vie abrégée du vénérable Jean-Gabriel Perboyre. Congrégation des Lazaristes, Paris, Gaume et Cie, 1886, 115 p., D350.
- (Curé du Puy ?), Notice de la compagnie de messieurs les pénitents bleus de la ville de Figeac depuis un siècle, Figeac, Imp. Lacroix et Moles, 1877, 43 p., S044.
- Cyprien Lacarrière, Histoire des évêques de Cahors, des saints et des principaux monastères du Quercy, Martel, Imp. J.B. Valat, 1877, vol. 3, 115 p., D349.
- Adolphe Guillou, Les évêques de Cahors, coup d’oeil général sur l’histoire du Quercy et des évêques de Cahors, Cahors, Laytou, 1865, 135 p., O632.

 

Communications


« L’HISTOIRE DE L’HÔPITAL DE DAME HÉLÈNE, UNE RÉVISION » (Patrice Foissac)
Nous ne connaissions de l’histoire de la fondation de l’hôpital dit de Dame Hélène, ayant donné naissance au village de L’Hospitalet, que ce que Guillaume Lacoste et Léopold Limayrac avaient bien voulu nous en dire dans leur histoire respective du Quercy et de la baronnie de Castelnau. Leurs connaissances sur l’origine de cette fondation
– un voeu réalisé par une dame Hélène de Gourdon, femme de Pons de Gourdon, seigneur de Castelnau – relevaient d’une tradition mal datée qui, pour Lacoste, la situait tantôt au XIe siècle (1095) tantôt au XIIe siècle (1113), le point commun étant la construction sur le lieu d’un accident de cheval sans suites d’un hôpital dédié en remerciement à la Vierge. Un inventaire du cartulaire de l’hôpital, que l’on croyait perdu, a été retrouvé par hasard dans un fonds d’archive de celui de Cahors, aux Archives départementales du Lot. Ce registre papier de 58 folios, dressé en 1655 par un feudiste, Jean Parayre, permet de rectifier les erreurs commises par Lacoste et Limayrac. Il établit clairement que la fondation ne peut être antérieure au deuxième quart du XIIIe siècle,
dans les dernières années de l’épiscopat de Guillaume de Cardaillac. Il renseigne aussi l’histoire de l’hôpital, en particulier la succession de ses préceptrices et la présence des religieuses, soeurs hospitalières non affiliées à l’OSJJ contrairement à celles de l’Hôpital- Beaulieu et des Fieux. Enfin, il éclaire aussi un pan de l’histoire contemporaine sur les prétendus « chemins de Saint-Jacques » : l’hôpital assure l’hébergement des « pauvres de Dieu », des donats, et sans doute de quelques pèlerins. Mais les archives de l’Hôpital de dame Hélène permettront de débouter les prétentions de l’ordre des lazaristes qui, sous Louis XIV, entendait l’annexer au titre des hôpitaux de pèlerinage. L’Hôpital de dame Hélène n’a donc aucun rapport direct avec le pèlerinage jacquaire et la soi-disant « via podensis ». Nous renvoyons à l’article désormais publié (BSEL 2016 I) pour plus amples détails.

Présents : Mmes Azaïs, Delsahut, Foissac, Lagarrigue, Patelli, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean, Laur ; MM. Austruy, Auvray, Azaïs, Deladerrière, Delmon, Gérard, Ferriz, Foissac, Lagasquie, Réveillac, Rivière Frédéric, Rivière Jean-Michel, Savy, Séraphin, Serin, Vincent.

 

SÉANCE DU 2 MARS 2016


Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres
- Michèle Grafouillère, de Cahors.

Ouvrages et articles reçus
- Inventaire du Fonds « colonel Jean Bergue », tapuscrit et DVD, février 2016 (Nous remercions une fois encore la famille du colonel Bergue pour ce don ainsi que MM. Raymond Foissac pour la prise de contact et Marc Lecuru pour la rédaction de cet inventaire, cote BQYO 1977 et QYD 332 pour le DVD).
- Mathieu Langlais, Véronique Laroulandie, « Le Laborien récent de la grotte-abri de Peyrazet (Creysse, Lot, France) », in Paléo n°26, décembre 2015, p. 79-116.
- Louis Albertini, « La crise phylloxérique du vignoble français savé par le greffage sur vignes américaines », in Mémoires de l’Académie des Sciences de Toulouse, volume 176, 19e série-tome V, année 2015, p. 75-93.
- Michelle Chauveau, Le vieux Cahors, la cité dans la ville, richesse du patrimoine oral, Concots, éd. Carnets de notes, 2002, 272 p. (QYO 623).
- Gilles Séraphin, « Salles et châteaux gascons, un modèle de maisons-fortes », in Demeures seigneuriales dans la France des XIIe-XIVe siècles, Bulletin monumental, fasc.
1, tome 157, 1999, p. 11-42 (F 239).
- Jochen Gerz, Les témoins de Cahors, le miroir obscurci de la mémoire (8e édition du Printemps de Cahors), Arles, Actes sud, 1998, 79 p. (QYD 333).
- Fred et Maguy Modolo, Si Payrignac m’était conté. Histoire du village des origines à 1950, Gourdon, Association renaissance, 1997, 69 p. (QYO 1980).
- Michelle Chauveau, Saint-Martin-Labouval, carnet de notes du Lot, récits, mémoire, souvenirs…, s.l., éd. Encrage, 1994, 155 p. (QYO 449).
- Sylvie Lamanilève, Des notables en haut-Quercy, les Boutaric dans le Figeacois, 1650-1785, Toulouse, Université de Toulouse-le Mirail (mémoire de maîtrise), juin 1992, 217 p. (QYQ 121).
- Jean-Michel Vechambre, Le Lot autrefois, Ambierle, Horvarth, 1991, collection Vie quotidienne autrefois, 143 p. (QYO 615).
- Claude Nicaud, Yvonne Rivano, Pastels quercinois, Limoges, éd. René Dessagne, 1988, 207 p. (QYO 622).
- Jean-Luc Aubarbier, Michel Binet, Nouveau guide du Périgord-Quercy, Rennes, éd. Ouest-France, 1987, 410 p. (QYO 620).
- Collectif, Le Lot, pays de Quercy, Paris, éd. J. Delmas et Cie, 1985, collection Richesses de France n°122, 149 p. (F240).
- Jean-Marie Housty, Quercy de nos aïeux. Cartes postales anciennes, tomes 1 et 2, Cahors, éd. Quercy-Recherche, 1978 et 1979, 40 et 48 p. (BQYO 1982, 1985).
- René Clozier, Le Quercy, Paris, Arthaud, 1953, 205 p. (QYO 616).
- René Deguiral, Le Lot, la Truyère et le Célé (pays de Rives d’Olt), Aurillac, éd. USHA, 1949, 174 p. (QYO 621).

- Adrien Ruayres, Notre Quercy, contraste quercinois. Essai de tourisme géographique, Montauban, Imprimerie Forestié, 1949, 420 p. (QYO 617). Dr J. Brun, Rocamadour, historique, description, excursions, Saint-Céré, éd. J. Vertuel, 1948, 32 p. (BQYO 1986).

- René Clozier, Les causses du Quercy. Contribution à la géographie physique d’une région calcaire, Paris, éd. J.B. Baillière et fils, 1940, 183 p. (QYO 614).
- Jean Calmon, Catalogue des manuscrits de la collection Greil achetés par la ville de Cahors en 1905, Cahors, Coueslant, 1935, 217 p. (QYO 168).
- Le Cinquantenaire de Gambetta. Extrait du BSEL, 3e fascicule, 1932, Cahors, Coueslant, 1932, 40 p. (BQYO 1984).
- Léon Lafage, La felouque bleue, Paris, éd. Spes, 1928, 229 p. (dédicace de l’auteur à Magdeleine Pongor) (QYD 334).
- Edmond Albe, Autour de Jean XXII, les familles du Quercy, IIIe partie, Rome, éd. Philippe Cuggiani, 1904, 146 p. (extrait des Annales de Saint-Louis-des-Français, VIIIe année, fasc. III, avec dédicace de l’auteur) (QYO 619).
- Charles d’Hallencourt, Le maréchal Canrobert, Abbeville, éd. Paillart, 1895, 240 p. (QYO 618).
- Joseph Maureille, « Monzie moraliste », Billet du mardi (journal non identifié), 1 p. (BQYO 1981). 


 Présents : Mmes Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Lagarrigue, Montaudié, Pendino, Serin, Teil ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean, Laur, Lescourgues, Mas, Rivet ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Brugnéra, de Chalain, Ferriz, Foissac, Linon, Montaudié, Réveillac, J.-M. Rivière, Serin, Verdun.

Communication « SCULPTURE PUBLIQUE : LA CONSERVATION DES OEUVRES EN PLEIN AIR » (Master 2 Patrimoine de l’Université Jean-Jaurès)

Le sujet choisi par la promotion sortante du Master patrimoine de Cahors pourrait paraître réducteur et passablement technique, surtout quand on sait l’important travail d’inventaire mené par les étudiants à l’échelle départementale aboutissant à la recension de plus de 800 sculptures publiques. Mais, au fil du propos, l’auditoire découvre très vite qu’au-delà des indispensables contraintes techniques, la conservation des oeuvres est un enjeu éminemment politique et donc passionnel. Il faut rendre grâce aux étudiants d’avoir su subtilement le démontrer… L’intervention, à trois voix, a débuté par l’effet des outrages du temps et des intempéries pour prouver combien la sculpture publique en plein air, nécessairement exposée, a eu à souffrir des conditions climatiques, du choix inadapté de l’emplacement et des matériaux, sans oublier les réparations abusives ou les mesures de protection insuffisantes. Les étudiants présentent en images un large éventail des altérations naturelles. Celles subies par la pierre, biologiques (algues, lichens, mousses…) ou atmosphériques (« croûtes noires », fissures créées par le gel, cristallisation des sels minéraux, desquamation, etc.), relativement faciles à traiter avec quelques précautions (pas d’eau sous pression et de Javel !). Le marbre, le bronze, restent aussi des matériaux fragiles, contrairement aux idées reçues.
La corrosion est la principale menace qui pèse sur les alliages ferreux ou cuivreux, elle a conduit au retrait de plusieurs statues de monuments aux morts qui menaçaient la sécurité des passants comme à Sousceyrac. La deuxième partie traite du vandalisme, particulièrement actif dans les lieux isolés (statues mutilées du Parc Tassard à Cahors).
Mais la disparition de la statuaire publique n’est pas que le fait des individus. La Seconde Guerre mondiale a entraîné la destruction ou la disparition de nombreuses statues; celles de l’Hôtel de ville de Cahors ou du monument à Léon Gambetta victimes des réquisitions de métaux… Mais les périodes de paix sont parfois fatales à certaines oeuvres, trop difficiles d’entretien comme la fontaine musicale de « l’Îlot Fouilhac », le dais de la Vierge du pont Louis-Philippe à Cahors, ou jugées « passées de mode » comme les bustes impériaux ou, récemment, l’Allégorie du Quercy à Figeac. La Stèle du IIIe millénaire de Christian Verdun, présent parmi nous, est une synthèse malheureuse des risques mêlant défauts d’entretien et vandalisme dans les lieux isolés… Que faut-il faire pour enrayer le déclin de la sculpture publique ? La conclusion des étudiants se prolonge par un débat animé sur la prévention des dégradations et le déclin de la statuaire publique comme témoin de la mémoire. Nous espérons retrouver tout le plaisir de cette soirée dans la restitution finale du Master qui devrait prendre cette année la forme d’un site interactif.

ERRATUM
Notre sociétaire et ami Max Aussel nous signale une erreur de datation dans le compte-rendu de la séance publique de décembre 2015 : « Napoléon ne débarque pas à Golfe Juan le 7 mars 1815, mais le 1er mars. Le 7, il est déjà à Grenoble… »
Toutes nos excuses au conférencier et à nos lecteurs.

 

SÉANCE DU 4 FÉVRIER 2016


Présidence : M. Foissac

Décès
- Raymond Pugnet de Saint-Sozy
Ouvrages acquis ou reçus

- Pierre Laborie, François Marcot, Les comportements collectifs en France et dansl’Europe allemande. Historiographie, normes, prismes, 1940-1945, Rennes, Presses Universitaires
de Rennes, 2015, 307 p. (QYO612).
- Jean Lafon (abbé), Contes et racontes du Pays de Rocamadour, Vayrac, éd. Tertium,2015, 221 p. (français et occitan, accompagné d’un CD) (QYO611).

Présents : Mmes d’Alençon, Crabol, Deladerrière, Delsahut, Foissac, Gervais,Grafouillère, Lagarrigue, Réveillac, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc ; MM d’Alençon, Austruy, Crabol, Deladerrière, Genébrières, Gérard, Foissac, Lagaly, Linon, Montaudié, Rigal, J.-M. Rivière, Royère, Savy, Serin.
- Collectif FNAC (Fédération nationale des Amicales de Chasseurs à pied, alpins et mécanisés), Inauguration du Monument-tombeau du sergent Lavayssière après restauration.
Samedi 3 octobre 2015, Vincennes, éd. FNAC, 2015, 30 p.
- Collectif, « Monuments de Tarn-et-Garonne », in Congrès archéologique de France, 170e session, 2012, Paris, Picard, 2012, 498 p. (F236).
- Tristan Busser, Les verreries au bois du Quercy, suivi du « Journal de Jean Colomb du Teil », Sarrebourg, éd. Genverre, 2011, 284 p. (Tiré à part des articles parus dans le BSEL) (F237).
- Pierre Thamié, Camboulit en Haut Quercy, Béduer, éd. Diana Brown, 1991, 178 p. (Don des Archives départementales du Lot, QYD331).
- Pierre Capdeville, Jean-Louis Nespoulous, Le vin de Cahors des origines à nos jours, Toulouse, éd. Milan, 1983, 95 p. (F238).
- Henri Buathier, Vignoble et vin de Cahors, Paris, Université Paris VIII-Institut de géographie (mémoire de Maîtrise), 1981, 137 p. (QYQ120).
- Charles Drouhet, Le poète françois Maynard (1583 ?-1646). Manuscrits de Maynard conservés à la Bibliothèque de Toulouse, Paris, Honoré Champion, 1908-1909, 595 p. (QYO613).

Communication

« BERTRUCAT D’ALBRET » (Nicolas Savy)


Nicolas Savy nous présente ce soir le résumé attendu de son dernier ouvrage consacré à celui qui a laissé une réputation sulfureuse de capitaine des trop fameux routiers des grandes compagnies qui exercèrent leurs ravages en Quercy durant la guerre de Cent Ans. Fils bâtard de Bérard II de Labret (avant de se « franciser » en Albret, l’anthroponyme gascon varie dans ses origines entre Labrit, Lebret, Labret), seigneur de Vayres et de Rions, et d’une inconnue, Bertrucat est donc un noble gascon de haut lignage. Ses origines le font vassal du roi-duc d’Aquitaine et il conservera, sa vie durant, une entière fidélité à son suzerain en dépit de la réputation, injustifiée, de versatilité attribuée aux capitaines de routiers. Nicolas Savy a choisi de nous exposer successivement trois aspects de la riche carrière de Bertrucat (v. 1335-1383) : son implantation territoriale croissante, l’insertion de sa guérilla dans le système féodal et, bien sûr, ses rapports avec les Quercinois. La
première partie, celle des conquêtes, souvent très provisoires, est un tourbillon de lieux et d’actions où Bertrucat révèle d’indéniables qualités militaires dont un remarquable courage personnel qui l’expose d’ailleurs à plusieurs captures. Dans sa carrière militaire, notre capitaine répugne aux aventures lointaines, au moins jusqu’au traité de Brétigny. Il entreprend de contrôler un véritable réseau de places pour l’essentiel situées aux marges du Quercy et du Périgord dont le centre est la forteresse de Montcuq, près de Bergerac, qu’il finira par conserver au titre de seigneur. Mentionnons tout de même sa participation malheureuse à la bataille de Launac dans le conflit entre les maisons d’Armagnac et de Foix, l’expédition espagnole où Bertrucat s’illustre à Nàjera auprès du Prince Noir. Mais après la rupture de la paix de Brétigny, il revient bien vite sur son théâtre d’opérations favori et se signale par sa fameuse prise de Figeac avec son compère Bernat de La Sale (1371). Endehors des combats, finalement assez rares, le capitaine doit gérer tout un système féodal « parallèle », traitant avec les populations locales pour accorder les fameux patis, les accords
de trêves indispensables à toutes les parties, y compris aux routiers. Bertrucat excelle dans ce rôle, arbitrant les litiges survenus avec ses lieutenants ou les autres capitaines, devenant une sorte de « juge de paix » du pays entre Dordogne et Lot et même au-delà. Un mariage avec la fille du seigneur de Blanquefort lui apporte en dot le château de Bannes et l’insère définitivement dans le réseau féodal. Bertrucat disparaît en 1383 laissant pour héritier un neveu lui aussi célèbre, Ramonet de Sort. Gageons que le destin de cet autre capitaine de routiers ne laissera pas Nicolas Savy indifférent…

SÉANCE DU 7 JANVIER 2016


Présidence : M. Foissac
Ouvrages et articles reçus ou acquis
(entre parenthèses suivra désormais la cote de notre bibliothèque)
- France Marsanne, Pierre Bonafous, comte de Melito, 1786-1853, neveu de Joachim Murat, roi de Naples, Villeneuve-sur-Lot, éd. Du Bord du Lot, 2014, 151 p. (QYO 609).
- Kurt Köster, Ausgrabungen in Schleswig, Berichte und Studien 2, Neumünster, Karl Wachholtz Verlag, 1983, 175 p. (QYO 608). Article en allemand sur les sportelles
de Rocamadour.
- Christian Gallot, Un maître d’autrefois : monseigneur Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut catholique de Paris, Paris, L’Harmattan, 2015, 203 p. (QYO610).
- Abel Vèzes, Histoire du district de Gourdon pendant la révolution, 1790-1794, Cahors, Laytou, 1897, 55 p. (BQYO1960, don des Archives départementales).
- Natalie Petiteau, « Échec institutionnel, réussite sociale : le baron Janet, anobli du Premier empire », Travaux de la Société d’émulation du Jura, 1992, p. 247-255
(BQYO1968).
- Jean Delvit, Monographie de Cabrerets par J. Delvit, instituteur, Cabrerets, 1887, rééd. Foyer rural « En CheMain », 66 p. (BQYO1969, offert à la Société par Geneviève Vinel, habitante du Bout-du-Lieu).
Edmond Albe, Monographies des paroisses d’Autoire, Latouille et Frayssinhes, transcrites par Guy Castéran, Bulletin des Amis de Saint-Céré n°64, décembre 2015 (BQYO1970).
Communications
« LA ROUTE MONDIALE SANS FRONTIÈRES » (Michel Auvray) Le conférencier – et bientôt auteur – tient particulièrement à la précision du vocabulaire employé. Et pour cause, s’agissant de cette route, le qualificatif « route mondiale de la paix » qui lui est souvent attribué n’est pas sans signification politique ! En effet, si l’origine de cette initiative dans laquelle le Lot et son chef-lieu se sont particulièrement distingués est bien d’inspiration pacifiste et mondialiste, elle ne se rattache pas au non moins célèbre « Mouvement de la paix » initié par les partis communistes lors
de la Guerre froide. L’histoire du mouvement des « citoyens du monde », si elle a de prestigieux parrainages, de Socrate à Hugo, débute plus concrètement par la rencontre

1 - Présents : Mmes d’Alençon, Deladerrière, Delsahut, Dreyfus-Armand, Lagarrigue, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. D’Alençon, Audoin, Austruy, Auvray, Brugnéra, Deladerrière, Gérard, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Linon, Réveillac, Royère, Serin.

a priori improbable d’un ancien pilote de l’US Air Force, Garry Davis, et d’un militaire de carrière français, résistant, Robert Soulage, dit « Sarrazac », tous deux profondément marqués par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Le 25 mai 1948, Garry Davis renonce à sa nationalité américaine pour se proclamer « citoyen du monde » et camper, en septembre, devant le Palais de Chaillot à Paris où va se tenir l’Assemblée générale des Nations-Unies. L’initiative de Garry Davis rencontre immédiatement un écho favorable et suscite meetings, débats, articles de presse. Journalistes, intellectuels et militants, Breton, Camus, Mounier, Queneau, Vercors, etc. donnent au mouvement une audience internationale en même temps qu’il se structure. Localement, dans le Lot, son succès serait né d’une rencontre dans le train Paris-Toulouse entre deux anciens résistants Émile Baynac, instituteur cadurcien et militant des oeuvres laïques de l’Éducation nationale, et
Robert « Sarrazac ». Le 30 décembre 1948, le Conseil municipal de Cahors, sur la proposition de Maurice Mirouse, conseiller municipal et professeur au lycée, vote une motion de soutien au mouvement mondialiste. À Cahors, le docteur Louis Sauvé devient l’autre pilier du « mouvement de mondialisation des territoires » pour ne pas reprendre ses multiples dénominations locales. Le 17 juillet 1949, sur les allées Fènelon, plusieurs milliers de personnes se rassemblent en soutien au mouvement qui s’étend à d’autres villes de France, Béziers, Revel, à la Belgique (Nivelle), au Danemark et au Royaume-Uni (Chelmsford).
Le 30 juillet, le Conseil municipal de Cahors vote la Charte de mondialisation (les élus communistes s’abstiennent), relayé par le Conseil général du Lot qui invite les autres municipalités à s’y associer, ce que la plupart d’entre elles – 239 sur 330 – acceptent sans rechigner. D’autres manifestations vont suivre : retenons bien sûr celle des 24-25 juin 1950 à Cahors-Mundi (désignation officielle de la ville), avec la venue de lord Boyd Orr, prix Nobel de la paix, débat au théâtre municipal, inauguration de la première borne de la première route mondiale sans frontières (Figeac détenant sans doute la primeur de la pose !) de Cahors à Figeac. L’engouement populaire est indéniable, bien relayé par les notables locaux, préfet en tête, il rassemble plusieurs milliers de personnes enthousiastes. Mais l’apogée du mouvement est atteint : la guerre de Corée, les divisions politiques de la guerre froide, les dissensions au sein du mouvement lui-même, portent assez vite le coup de grâce à cette initiative sympathique récemment « commémorée » en septembre 2010 dans une reconstruction historique qui n’est pas sans intérêt.

 



 

SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 2015

Présidence : M. Foissac

Carnet

- Jean-Luc Obereiner, de Labastide-Murat [Nous rendrons dans notre prochain Bulletin un hommage particulier à J.-L. Obereiner, hommage suivi d’un article que notre sociétaire nous avait adressé cet été].

Nouveaux membres

- Jacques Carral, de Saint-Étienne-de-Tulmont

- Bertrand Valette, de Payrignac.

.

Ouvrages et articles reçus

- Patrice Béghain, Écrivains et artistes en Quercy, Rodez, éditions du Rouergue, 1999, 200 p.

- Didier Rigal, « Diagnostic archéologique autour de l’église de Guéret », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 60, 2014-2015, p. 409-415.

Communications

[En raison de l’ordre du jour chargé de l’Assemblée générale, la communication de la séance a été écourtée en accord avec les intervenants ; elle complète celle du mois précédent dont le compte-rendu figure ci-dessus]

3 Présents : Mmes Bonnemort, Calvet, Delsahut, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Lagarrigue, Pendino, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean ; MM. D’Alençon, Auvray, Baux, Brugnéra, Calvet (Jean), Calvet (Robert), de Chalani, Deladerrière, Denjean, Foissac, Genebrières, Gérard, Germain, Le Camus, Linon, Rausières, Réveillac, Royère, Savy, Serin, Vincent.

« UN MAÎTRE D'AUTREFOIS : MONSEIGNEUR JEAN CALVET (1874-1965 » (Christian Gallot)

Christian Gallot, le biographe de Mgr Calvet, empêché lors de la dernière séance a bien voulu intervenir lors de cette séance, même écourtée par la tenue de l’Assemblée générale, et nous l’en remercions chaleureusement. Il a eu le souci d’éviter, en accord avec le docteur Jean Calvet, les redites de la précédente intervention dont Étienne Baux a fait le compte-rendu. Nous reproduisons la postface de l’ouvrage « Un maître d’autrefois : Monseigneur Jean Calvet (1874-1965) recteur émérite de l’Institut catholique de Paris » paru en 2015 aux éditions L’Harmattan dans la collection « Religions et spiritualité » :

« Il est des “Maîtres” d’autrefois dont on ne parle plus aujourd’hui mais qui méritent d’être remis en lumière : c’est certainement le cas de Mgr Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut catholique de Paris.

Professeur de lettres agrégé de l’université, auteur de nombreux ouvrages, dont le célèbre manuel de littérature, critique reconnu, il a été aussi disciple du P. Portal précurseur de l’oecuménisme, cheville ouvrière du rassemblement des écrivains catholiques et représentant d’une société ecclésiastique sur le plan culturel, social et politique.

Se rappeler, grâce à Jean Calvet, un passé dont il a été témoin et acteur, ne peut sans doute qu’aider à mieux comprendre l’évolution de la France catholique. »

Ajoutons que l’ouvrage s’enrichit d’une préface de Mgr Philippe Bordeyne recteur de l’Institut catholique de Paris.

--------------------------------------

SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 2015

Présidence : M. Baux

Nouveaux membres

- Jacques et Marie-Claude Chopineau, de Pradines

- Mireille Picard, de Cahors.

Ouvrages acquis ou reçus

- Projet de Parc naturel régional des Causses du Quercy, étude socio-économique, avril 1998, (Bibliothèque S. Juskiewenski).

- Marcelle Capy, Une voix de femme dans la mêlée, réédition, 1° édition en 1916, 2° en 1936, Virieu, Entre-temps éditions, 2015.

- Gilles Lades, Anthologie des poètes du Quercy, des troubadours à nos jours… Martel, éd. du Laquet, 2001.

- Nicolas Savy, Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre, Pradines, éd. Archéodrom, 2015.

- Benjamin Findinier, Stéphanie Lebreton, Cacher, Coder, 4000 ans d’écritures secrètes, musée Champollion, les écritures du monde. Catalogue de l’exposition du 10 juillet au 1er novembre 2015, Figeac, éd. Ville, Musée Champollion, 2015.

- La Source Salmière, l’oasis du Causse ou le mariage thermal de Miers et d’Alvignac les eaux, Brive-la-Gaillarde, éd. du Ver Luisant, 2015. Publication de l’Association Racines.

- Léonard Liggio, Charles Dunoyer et le libéralisme classique français, Paris, éd. Institut Coppet, 2014.

- Gilles Fau, Jean Gasco, Histoire des fouilles, découvertes archéologiques à Roucadour (Thémines, Lot), 1925 – 2000, Gramat, éd. Association Racines, 2001.

- A. Hugo, France pittoresque : département du Lot (tiré à part), Paris, éd. Delloye, 1835.

2 Présents : Mmes Azaïs, Chopineau, Lagarrigue, Pendino ; Mlles Brun, Denjean ; MM Audouin, Austruy, Azaïs, Balan, Baux, Brugnera, Calvet, Chopineau, Conte, Deladerrière, Denjean, Gérard, Linon, Royère, Serin.

- Louis Gay, Charles Valéry, Au service de l’agriculture lotoise, Cahors, éd. Imp Dhiver, (1950 ?).

- Usages locaux traditionnels en vigueur dans le département du Lot, Cahors, éd. Quercy Recherche, réédition de 1899, 1998.

- Martine Claustre, Pascal Jean, Les tourneurs sur bois de Saint-Cirq-Lapopie, Concots, éd. Carnet de notes, 1998.

- Station hydrominérale de Miers- Salmière, éd. Centre de Tourisme, années 20 ?

- Benjamin Philip, Priscilla Malagutti, 14-18 Figeac, Figeac, éd. ville de Figeac, juin 2015.

Communication

« JEAN CALVET (1874-1965) » (Docteur Jean Calvet)

Un Quercynois quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant personnalité de premier plan que son petit neveu, le docteur Jean Calvet est venu évoquer.

C’est un enfant de Castelnau-Montratier qui lui a consacré, l’été dernier une commémoration chaleureuse. Il a d’abord mené une enfance heureuse, celle d’un petit paysan d’alors, dans une atmosphère de travail et de piété, fréquentant l’école des Frères où il vécut le rude apprentissage de la vie et des hiérarchies sociales.

Le père accepta son départ, le 1er octobre 1886, pour le petit séminaire de Montfaucon alors pépinière du clergé lotois. La vie y était spartiate, sans feu, en sabots, les vacances rares où il revenait garder le troupeau familial. Il y acquit une maîtrise solide de la langue latine et des humanités classiques, le goût pour l’étude et, en même temps, des habitudes de piété qui guidèrent toute sa vie. Ses qualités lui permirent un succès facile au baccalauréat. On allait alors à Toulouse pour les épreuves et il a raconté que c’est un jeune professeur, Jean Jaurès, qui fut son examinateur en philosophie.

Devenu prêtre après ses années d’études au grand séminaire de Cahors il poursuivit ses études jusqu’à la licence ès Lettres (1897). À 23 ans, il retrouva alors Montfaucon quitté peu d’années auparavant, car on avait besoin d’un professeur de rhétorique. Mais Mgr Énard, son évêque, lui permit de partir pour Paris préparer l’agrégation encore ouverte aux membres du clergé. Après son succès en 1902 il fut nommé professeur à l’Institut catholique de Toulouse.

Déçu par la fermeture et la raideur de ses collègues tout comme des dirigeants de l’Église de France, Jean Calvet sut préserver son indépendance d’esprit dans un contexte très difficile : anticléricalisme, séparation des Églises et de l’État, crise moderniste qui, au sein de l’Église, déchira bien des consciences. Lui-même réprouvait les imprudences des modernistes qui risquaient de vider le catholicisme de son essence même. Cependant, jugé imprudent, il fut renvoyé de l’Institut catholique de Toulouse et, privé de tout emploi, il put grâce à ses amis revenir à Paris et enseigner au collège Stanislas. Après la guerre, dans un climat plus serein, il devint professeur à l’Institut catholique de Paris.

Il s’affirma alors dans de nombreux travaux qui lui valurent sa réputation : une monumentale histoire de la littérature française, une grammaire latine, de multiples articles et conférences. Professeur mais aussi observateur averti de son temps, on lui doit une monographie du diocèse de Cahors en 1904 qui fait toujours autorité. Militant aussi, avec moins de succès, de la cause de l’Unité auprès des anglicans.

Il devint vice-recteur de l’Institut catholique de Paris à son corps défendant, en fait recteur, et réussit à grand peine à maintenir la maison en activité malgré la tragédie du désastre et de l’Occupation. En 1941, il a créé l’Institut supérieur de pédagogie pour l’enseignement libre. Le docteur Jean Calvet a tracé de son grand-oncle un portrait de prêtre fervent, de professeur

exigeant et humain, soucieux du quotidien des étudiants. Il fut élevé à la prélature par Mgr Baudrillart.

Il aimait revenir en Quercy auprès de sa famille. Gravement diminué par la perte progressive de sa vue, il ne cessa jamais jusqu’à sa mort en 1965 de recevoir et de témoigner.

Une biographie de Mgr Calvet, récemment parue, sera présentée à notre Société lors de sa séance de décembre.

Étienne Baux

---------------------------------

SÉANCE DU 1er OCTOBRE 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Pierre Louis Crabol, de Bordeaux

- Éric Gramon, de Bordeaux

- Christian Landes, de Sainte-Colombe

- Musée Champollion, de Figeac

- Brigitte Pern-Levasseur, de Luzech

- Quercy-Découvertes, de Cahors

- Claude Soirot, de Blars.

Manifestations signalées

- La Société a participé cet été à la Route des Livres de la vallée du Célé, au Salon du Livre ancien et moderne (12 et 13 septembre), elle participera également aux animations autour du transfert du monument-tombeau du sergent Lavayssière à Castelfranc (3 octobre) ainsi qu’à celles organisées en l’honneur de Galiot de Genouillac à Assier sur l’invitation de l’Association des artilleurs (4 octobre).

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Catherine Lamic, Paroles paysannes du Haut-Quercy. Le pays où pousse la pierre, Vayrac, éd. Tertium, 2015, 200 p.

- Edgar Auber, Une insurrection à Saint-Céré au moment du coup d’état du 2 décembre 1851, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2015, 162 p.

- Les Amis de Lalbenque, Les poilus de Lalbenque. Centenaire de la Première Guerre mondiale, Lalbenque, 2014-2015, 203 p. (don de Lucienne Bach)

- Collectif, Dordogne au fil de l’eau, une rivière en Quercy. Géologie, faune, flore, pêche bacs, lessives, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2014, 255 p.

- Jacques Tixier, Méthode pour l’étude des outillages lithiques, Luxembourg, éd. Foni Le Brun-Ricalens CNRA, 2012, 195 p. (don de l’auteur).

1 Présents : Mmes Azaïs, Bergounioux, Deladerrière, Dreyfus-Armand, Foissac, Lagarrigue, Marcillac, Mariotto, Pendino, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Crabol, Deladerrière, Denjean, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Gérard, Réveillac, Roques, Royère, Sabatier, Savy, Serin.

- Dominique Crébassol, Didier Taillefer, « Des jardins au pied des murs », Midi-Pyrénées Patrimoine n°42, été 2015, p. 38-43.

- Aimé Noël, Figeac d’hier et d’aujourd’hui de l’an 750 à 1980, Aurillac, Imprimerie moderne, 1984, 207 p. (Bibliothèque de Serge Juskiewenski, don d’Étienne Baux).

- Jean-Pierre Ramel, Journal du commandant de la Garde du Corps législatif de la République française déporté en Guyane, Londres, 1799, 159 p.

- Françoise Auricoste, Nelly Blaya, Histoire de Gindou, Gindou, éd. Mairie de Gindou, 2015, 253 p.

- Françoise Auricoste, Histoire de Pomarède, Pomarède, 2015, 293 p. (don de l’auteur)

- Thierry Crépin-Leblond, Guillaume Fonkenell, Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, Paris, Réunion des musées nationaux, 2015, 55 p.

- Druy de Constant-Scribe, La vie du général baron Ramel, 1768-1815, réimpression de l’édition de 1912, Paris, L. Fournier, Université de Californie, 2015, 180 p.

- Marguerite Guély, « Les temples dans la vicomté de Turenne en dans le bas Limousin », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 303-327.

- Jean-Pierre Girault, Marguerite Guély, « Le repaire de Roqueblanque et la motte castrale du Bois-Grand de Besse », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 39-64.

- Jean-Pierre Poussou, « Histoire du vignoble, de la viticulture et de la consommation du vin en France », Actes de l’Académie de Bordeaux, t. XXXIX, 2014, p. 91-127.

- Jean Dufour, Les évêques d’Albi, de Cahors et de Rodez des origines à la fin du XIIe siècle, Paris, éd. du CTHS, 1989, 92 p.

- François Cangardel, Catalogue de la bibliothèque de la ville de Cahors, Cahors, Laytou, 1887, 720 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Marcellin Pellet, Émilie Pillias, Léonie Léon, amie de Gambetta, Paris, Gallimard, 1935, Nrf, 304 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Pierre-Barthélemy Gheusi, La vie et la mort singulières de Gambetta, Paris, Albin Michel, 1932, 318 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Raymond Rey, La sculpture romane languedocienne, Toulouse, Privat, 1936, 387 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Distribution solennelle des prix, présidence Delbos, 13 juillet 1942, Lycée de jeunes filles de Cahors, Cahors, Coueslant, 1942, 55 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Jacques Lagrange, Jean Secret, L’abbaye de Chancelade en Périgord contenant le plan de visite, s.l., Office de tourisme Dordogne, 1972, 25 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

- Fabien Lesage, Jean-Claude Maigne, Souillac-sur-Dordogne, histoire d’une confluence, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2013.

- La ville en bois, construction du viaduc du Boulet dans les années 1880, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2010.

- Cérémonie de remise de la « Médaile des Justes parmi les nations » au couvent des Filles de Jésus à Vaylats, deux DVD, Cahors, 2009.

Communications

« L’OUVERTURE DU LOT AU TOURISME » (Étienne Baux)

Notre vice-président prend bien soin de préciser que sa communication s’appuie sur l’un des nombreux mémoires de maîtrise qu’il a eu l’occasion de lire lorsqu’il était en poste à l’université de Toulouse-Le Mirail, en l’occurrence celui de Sophie Trinque (septembre 1996) dont il avait d’ailleurs fait un compte-rendu étoffé dans notre BSEL. Il souligne immédiatement le poids contemporain de l’économie touristique qui génère plus de 4000 emplois directs avec plus de dix millions de nuitées. Cette activité, devenue un pilier de l’économie lotoise, a déjà un passé qu’on peut faire débuter au milieu du XIXe siècle même si les statistiques restent relativement imprécises avant 1940. L’activité touristique peut précocement s’appuyer sur les trois piliers que sont Rocamadour, Padirac et Alvignac mais elle rencontre aussi des freins non négligeables dans une société rurale conservatrice peu encline à s’approprier d’aussi radicales nouveautés. Il va de soi qu’à l’échelle du pays, elle reste confidentielle et longtemps réservée à la bourgeoisie, la masse de la population n’étant pas vraiment concernée avant 1936 et les premiers congés payés. L’essor des transports routiers, une nouvelle politique tarifaire des chemins de fer, avec des billets touristiques, expliquent le développement progressif du tourisme départemental.

Miers-Alvignac bénéficie assez tôt de la mode des cures thermales. Autour de la source salmière et de ses « eaux sulfatées sodiques », elle ambitionne de devenir le Carlsbad français. Mais, en dépit de la création de la Société des Eaux de Miers et d’investissements importants dans un « complexe thermal » avec hôtels, casino, café-concert, promenades, la progression est lente : 550 curistes en 1835, 1000 en 1876, 1500 en 1907 pour retomber à 1065 en 1938. Classée « ville d’eaux » en 1911, dotée d’un Grand hôtel de la source en 1913 avec ses 45 chambres de luxe, la station thermale stagne avec la concurrence des stations d’Auvergne. Le coup de grâce est donné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le retrait de l’agrément de la Sécurité sociale et la station ferme (définitivement ?) en 1980.

Le sanctuaire de Rocamadour, pourtant jugé « horrible » par Richeprey, est restauré sous Mgr Bardoux par l’abbé Chevalt, architecte diocésain. L’ouverture de la gare, inaugurée en 1862, reliée au village par un omnibus-tramway à vapeur, permet d’amener au sanctuaire touristes et pèlerins. La progression du nombre de visiteurs est spectaculaire : 21 573 voyageurs en gare de Rocamadour en 1905, 25 234 quatre ans plus tard.

Enfin, le gouffre de Padirac, exploré par E. A. Martel en 1889, perd sa réputation de lieu maudit que lui valaient nombre de chutes ou même disparitions suspectes. La création de la Société du gouffre de Padirac – dont la SEL est encore actionnaire ! –, l’arrivée de l’électricité et des aménagements de descente expliquent le bond des visites de 13 000 en 1913 à plus de 100 000 en 1936 !

Le département commence alors à prendre conscience de ses atouts et Armand Viré crée, en août 1917, la première Commission de tourisme, rattachée au ministère de l’Instruction publique. Cette consécration officielle avait été précédée par des initiatives locales dont le premier « Syndicat d’initiative de Cahors et du Quercy » fondé en 1905 par une vingtaine de notables. Toutefois le Lot n’en comptera que neuf en 1939… Le Conseil général se montre

également assez timoré et ne va guère au-delà des indispensables aménagements routiers et de quelques subventions aux associations et particuliers. L’ouverture ou le développement de nouveaux pôles dans l’Entre-deux-guerres, notamment autour des cavités (Lacave) et de la restauration de quelques châteaux par de généreux mécènes (Fenaille, Mouliérat), ne parviennent pas à corriger le déséquilibre touristique nord-sud et la relative frilosité des Quercinois.

 

-------------------------------

SÉANCE DU 4 JUIN 2015
Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres
- Hervé et Martine Dufour, du Montat.
- Gary Foster, de Cahors.

Manifestations signalées / Actualités de la Société
- Exposition « Cahors Mundi », jusqu’au 31 août à la Maison de l’eau à Cahors (65e anniversaire de la « Route mondiale de la Paix »).
- Exposition photographique « Patrick Batard, Aquae » à la Maison de l’eau à Cahors jusqu’au 27 septembre.
- Exposition « Pour l’amour du Groenland - La collection d’art populaire du Prince consort de Danemark », jusqu’au 30 août au Grenier du chapitre à Cahors, rue Saint-James.
- Exposition « Cadences » au Musée Henri-Martin de Cahors jusqu’au 31 décembre.
- Conférence sur l’architecture du XXIe siècle par Geneviève Furnémont, le mardi 15 septembre à 18h30, salle Henri-Martin, Hôtel de ville, Cahors.
- Salon du Livre ancien et moderne de Cahors, les 12 et 13 septembre 2015, avec
la participation de la SEL à une table ronde sur le thème de la rivière et de la batellerie fluviale.
- Le samedi 3 octobre, à Castelfranc, aura lieu la cérémonie de transfert du Monument Lavayssière sur un nouvel emplacement (monument-tombeau du héros de Sidi-Brahim, cf. BSEL 2015-I).

Ouvrages et articles reçus
- Charles-Olivier Carbonell, L’autre Champollion. Jacques-Joseph Champollion-Figeac (1778-1867), Toulouse, Presses de l’IEP et Asiathèque, 1984, 331 p. [don des Archives départementales du Lot].
- Roger Lagrèze, Arcambal, petites histoires vécues, Cahors, Publi-Fusion, 2007, 77 p.
- Dominique Crébassol, « Pour une architecture de collections (Musée Henri-Martin de Cahors) », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 30-31.
- D. C., « Centre culturel du Théron. Retrouver le chemin du château », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 8.
- Étudiants du master Patrimoine de Cahors, « Sous la terre du Lot. Pierre, argile, charbon, fer, phosphate, eau… », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 41, printemps 2015, p. 26-28.


Communications
« LA GROTTE DE LA SABLIÈRE, COMMUNE DE QUISSAC (LOT) » (Marina Escolà et Jean-Pierre Lagasquie)
Marina Escolà, anthropologue, et Jean-Pierre Lagasquie, préhistorien, nous présentent ce soir l’une des très nombreuses grottes méconnues du Quercy, celle de La Sablière, longtemps attribuée à la commune de Caniac-du-Causse mais relevant à quelques mètres près de celle de Quissac. Cette précision topographique effectuée, J.- P. Lagasquie rappelle que l’invention récente de la cavité (1990) est à mettre à l’actif de deux membres du spéléo-club de Figeac, Jean Vayrac et Christian Miquel, désobstruant le fond d’une ancienne carrière de sable pour découvrir une galerie encore
vierge. Alertés par la présence de restes humains, les inventeurs informent fort heureusement J.-P. Lagasquie de leur découverte. La grotte est donc intacte et révèle de nombreuses traces d’occupation humaine : des ossements, dont un crâne simplement déposé et plusieurs tibias, mais surtout des charbons de bois en nombre très important.
Quelques années plus tôt, en 1960 puis 1989, Marie-Roger Séronie-Vivien et Marina Escolà avaient pu explorer le porche précédant la galerie, relevant dans les débris qui l’encombraient des restes de faune (cervidés), une perle en os et quelques ossements en apparence humains. La désobstruction de 1990 renforce donc la connaissance de cette grotte, lui attribuant une fonction de nécropole de plusieurs individus, au moins cinq, souvent jeunes (le crâne appartient à un jeune adulte décédé à moins de 20 ans).
Nos deux intervenants déplorent que les viols successifs de cette cavité, qu’ils avaient pourtant de nouveau obstruée après leurs premières investigations, rendent désormais toute interprétation quasiment impossible. Un signalement avait pourtant été fait mais aucune mesure de protection n’a été prise. C’est surtout sur ce thème que la discussion s’engage aussitôt. Les sociétaires présents s’indignent que des sites aussi intéressants ne puissent être exploités, non par faute de personnel compétent mais par des rigidités administratives que l’on croyait appartenir au passé. Cette communication fera au moins l’objet d’un article dans notre Bulletin. Prolongeant ce débat sur la fragilité des sites archéologiques, M. Foissac présente quelques photographies, communiquées par des sociétaires inquiets, qui témoignent de la présence sur le chantier de construction du futur hôtel, au 118, rue André-Breton à Cahors, d’un grand égout-collecteur antique. La SEL forme le voeu que cette découverte puisse être exploitée par les archéologues de la cellule départementale présents à proximité sur le site du CHAI.

 

SÉANCE DU 7 MAI 2015
Présidence : M. Foissac


Ouvrages et articles reçus :
- DVD de l’émission télévisée diffusée sur Arte dans la série « Paysages d’ici et d’ailleurs » : « la vallée du Lot » avec la participation de nos sociétaires Patrice Foissac et Nicolas
Savy.
- DVD des Registres consulaires de Gourdon de 1329 à 1446, transcription et traduction de Max Aussel (édition papier en 12 volumes également disponible à la SEL).
- Michel Coste, Nicolas Faucherre, Bonaguil, genèse et histoire de la construction, Bonaguil, Librairie du château, 2015, 128 p.
- Pierre Poujol, Bateliers du Lot, Rodez, Éditions du Rouergue, 2015, 176 p.
- Jean-Pierre Lagasquie, Arawa. Une jeunesse à l’ombre des dolmens, Saint-Céré, éd. Amis du Pays de Saint-Céré, 2015, 187 p.
- Jean-Jacques Lagasquie, Thierry Pélissié, Les clefs des paysages des causses du Quercy, géologie et géomorphologie, Arcambal, Édicausse, coll. Les essentielles du Parc, 2014, 112 p.
- Jean Bascle, Résister pour être libre. Souvenirs de résistance et de Déportation, tapuscrit,
Cahors, 2015, 41 p.
- Brigitte et Gilles Delluc, « L’exécution du maréchal Ney en 1815. Un Périgordin témoigne », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 142, 2015,
p. 109-118.
- Patrice Goulard, « Généalogie de la famille Guilhou en Quercy », Moi, Géné… ?!, n° 92, ARHFA, Cahors, 2014, 18 p. [tiré à part].
- Nina Guilhou, « Souvenirs de Nina Guilhou », Moi, Géné… ?!, n° 92, ARFHA, Cahors, 2014, 49 p. [tiré à part].
- Mme Lobréau, Recherche étymologique des lieux-dits habités et des hameaux de Figeac, Cambes, éd. Impression numérique 46, 2015, 82 p.

Communications

« ARCHÉOLOGIE ET MORTIER DE CHAUX : PRINCIPES, ÉTUDES ET RÉSULTATS »
(Frédéric Rivière)
Frédéric Rivière appartient, pour notre bonheur, au groupe restreint des quatre ou cinq archéologues français capables de « faire parler » les mortiers de chaux ; jeune membre de notre compagnie, nous avons la chance de l’accueillir ce soir pour nous présenter son métier et surtout une spécialité largement méconnue du grand public. En effet, les mortiers, par l’analyse microscopique de leur composition et la constitution d’une typologie en découlant, renseignent utilement les archéologues sur les différentes étapes et les péripéties des chantiers sur lesquels ils travaillent. Après nous avoir sommairement rappelé ce qu’est un mortier de chaux et les différentes origines de ses constituants (sable, pierre, tuileau, etc.), Frédéric Rivière présente plusieurs chantiers sur lesquels il a travaillé pour nous faire observer in situ et comprendre les apports de sa spécialité ; il faut d’ailleurs féliciter l’orateur pour la qualité des images présentées.
Il commence par le chantier cadurcien ayant mis au jour l’amphithéâtre gallo-romain de Divona. Les plus anciens d’entre nous se souviennent des nombreux fours à chaux visibles alors sur le site lui-même. Mais son intervention s’est surtout concentrée sur les parties maçonnées et a pu ainsi démontrer qu’un pan entier du mur de soutènement avait dû être repris et consolidé à cause de la mauvaise qualité du mortier utilisé. Ces observations nous rappellent immanquablement celles de notre dernière sortie d’été faites par Didier Rigal sur les défectuosités de certaines maçonneries de l’aqueduc de Murcens à Cahors. F. Rivière a lui aussi pu travailler sur un aqueduc, celui de Traslay à Bourges-Avaricum. Après plusieurs sondages effectués sur l’ensemble du parcours,
il a pu observer que le matériau utilisé dans la constitution du mortier variait selon la distance qui le séparait des sources d’approvisionnement (les maçonneries pouvant être liées soit au mortier à la chaux et au sable, soit au béton fait de chaux, de sable et de cailloutis calcaires), montrant ainsi que les ingénieurs et maîtres d’oeuvre romains étaient des gens pragmatiques, capables de s’adapter aux contraintes des chantiers et de se fournir en matériaux au moindre coût. Enfin, quittant l’Antiquité, F. Rivière a également illustré l’utilité de ses observations sur des constructions médiévales à Bourges même, montrant là encore par la typologie des mortiers qu’un nouveau chantier urbain pouvait alimenter des restaurations dans des constructions préexistantes.
De nombreuses questions lui ont été posées prouvant, s’il en était besoin, qu’un sujet en apparence aride peut combler les curieux lorsqu’on sait faire usage d’une pédagogie adaptée.

 

SÉANCE DU 2 AVRIL 2015
Présidence : M. Foissac


Nouveaux membres
- Anne Durand, de Cahors.

Ouvrages et articles reçus ou acquis
- Jean Tulard, Murat, Paris, Hachette, 1983, 252 p.
- Olivier Hiard, Une collectivité anarchosyndicaliste espagnole dans le Lot, Aymare,1939-1967, Saint-Georges-d’Oléron, Éd. Libertaires, 2014, 167 p.
- Pascal Semonsut, Jean Clottes. Un archéologue dans le siècle, Arles, Éd. Errance
(Actes Sud), 2015, 223 p.
- Vincent Haegele, Murat. La solitude du cavalier, Paris, Perrin, 2015, 791 p.
- Georges Passerat, « Cels de Montalba. Les chevaliers du Quercy et du Toulousain au temps de la Croisade », Bulletin de la Société Archéologique du Tarn-et-Garonne, t. 138, 2013, p. 25-35.
- Sylvain Ducasse, Jean-Marc Pétillon, « Le cadre radiométrique de la séquence solutréo-badegoulienne du Cuzoul-de-Vers. Lecture critique et compléments. », Paléo n° 25, déc. 2014, p. 37-58.
- Jean-Guillaume Bordes, Maria Lorenzo Martinez, « L’industrie lithique du Paléolithique moyen récent de Roc de Combe (Payrignac, Lot, France). Un nouvel exemple de Moustérien discoïde à denticulés », Paléo, n° 25, déc. 2014, p. 101-124.
- Jean-Jacques Mayssonnier, « Du commerce des truffes entre Quercy et Périgord de 1880 à 1914. », Art et Histoire en Périgord Noir, n° 140, p. 27-34.

Communications

« VOYAGE AU PAYS DU PHOSPHATE » (Thierry Pélissié)

Thierry Pélissié, que nous recevons ce soir, sait que son nom est indissolublement lié aux fameuses phosphatières de Bach. Le titre qu’il a délibérément choisi, emprunté à un vieil ouvrage sur la question, confirme les talents de pédagogue que tous ses auditeurs lui reconnaissent. Le sujet est en effet difficile et pourrait rapidement dérouter ceux qui n’ont pas eu la chance d’être initiés aux richesses géologiques mais aussi historiques et humaines qu’il recouvre. C’est donc un voyage complet, nourri de ces différents aspects, que nous propose Thierry Pélissié. À partir de 1865, on découvre et généralise l’usage des engrais chimiques : nitrates, puis phosphate de chaux. Partout en Europe c’est la ruée vers les gisements, initiée par les Anglais principaux promoteurs
de ce type d’amendement. En Quercy, le premier gisement apparaît près de Caylus vers 1870 et l’exploitation s’étend bientôt à une grande partie du Causse de Limogne ; une carte permet d’en mesurer l’étendue. Des photographies d’époque, dont certaines appartiennent au fonds photographique de la SEL, nous font découvrir des sites miniers aux installations parfois précaires, voire périlleuses, d’échafaudages et échelles de bois.
Les accidents du travail sont d’ailleurs fréquents et parfois meurtriers. Le minerai est conduit jusqu’aux moulins de la vallée du Lot (Coty à Cahors, Mercuès, Roumégous, etc.) où il est broyé et exporté par la rivière. On connaît ainsi un curieux équipage de locomobile routière tirant quelques wagons de Concots à Cahors mais aussi plusieurs lignes de chemin de fer à voie étroite construites dans le même but par des sociétés anglaises puis françaises – aux existences souvent éphémères – dont la « Compagnie des engrais, phosphates et produits agricoles du Lot ». La concurrence de gisements plus fournis et plus accessibles, au Maroc notamment, interrompt très vite l’exploitation quercinoise. De brèves reprises durant les deux guerres mondiales ne parviendront pas à relancer cette industrie minière. Mais ces phosphatières présentent, on le sait, un grand intérêt scientifique par les remarquables fossiles qui en ont été extraits dès les premières investigations. Thierry Pélissier nous présente d’ailleurs quelques-unes de ces pièces de collection étudiées par les spécialistes du monde entier mais malheureusement dispersées. L’intervalle chronologique dans lequel sont inclus ces fossiles est exceptionnel : de 52 à 20 millions d’années avant notre ère mais il est impossible de développer ici tout ce que la richesse des gisements peut offrir à la communauté scientifique. Rappelons tout de même que les phosphatières du Quercy font l’objet d’un classement en cours en Réserve naturelle nationale d’intérêt géologique (avec la Plage aux ptérosaures de Crayssac) puis peut-être en « Géopark européen » et enfin, à plus long terme, un classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. De justes récompenses en perspective pour Thierry Pélissié et ses partenaires.

SÉANCE DU 5 MARS 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Marie-Thérèse Marché, de Cahors

 Manifestations signalées / Actualités de la Société

 - Le CA de la Société a décidé de tenir chaque séance mensuelle à 18h15 au lieu de 20h30 pour permettre à nos sociétaires qui habitent loin de Cahors de regagner leur domicile à une heure moins tardive. Cette décision s’appliquera à compter du prochain cycle de nos séances mensuelles, c’est-à-dire à partir du mois d’octobre 2015 inclus.

Nous relayons l’information du site http://www.musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/programme_des_festivites_1515_territoire_national.pdf

« Jacques Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, musée national de la Renaissance, 23 mai 2015 – septembre 2015

Le musée national de la Renaissance consacre une exposition-dossier à Jacques Galiot de Genouillac (vers 1465-1546) une figure oubliée de l’histoire. Pourtant sa carrière militaire de

premier plan et son statut de commanditaire éclairé dans de nombreux domaines artistiques en font une figure très représentative de la situation et des ambitions de la noblesse française au temps de la Renaissance. Dès 1512, Galiot est nommé “capitaine de l’artillerie” ; il est

donc chargé d’une arme alors relativement nouvelle dont on ne maîtrise pas encore toutes les possibilités. Il démontre brillamment le rôle qu’elle peut jouer lors de la première

campagne du jeune roi François Ier en Italie et contribue activement à la victoire de Marignan en 1515, dont on dit parfois qu’il est “l’autre vainqueur”.

L’exposition consacrée à Galiot de Genouillac sera également présentée cet été au château d’Assier (Lot) ».

- Le service du patrimoine de la ville de Figeac organise une exposition intitulée « Figeac dans la Grande Guerre », du 27 juin au 15 novembre, espace Patrimoine, à l’hôtel de ville.

Ouvrages et articles reçus

- Nicolas Bru, « De remarquables mais trop rares objets de culte dans le Lot au Moyen Âge », Midi-Pyrénées Patrimoine, hiver 2014-2015, p. 86-95, photos Nelly Blaya.

- Dominique Crébassol, « Comment attirer une population aisée dans un centre ancien qui se paupérise ? », Midi-Pyrénées Patrimoine, hiver 2014-2015, p. 38-43.

Cahors, les chantiers 2014. Inventaire, archéologie, mise en valeur, Service Territorial de l’architecture et du patrimoine, 2014.

Communications

LE SERGENT LAVAYSSIÈRE, HÉROS LOTOIS DES COMBATS DE SIDI-BRAHIM EN 1845 (Hervé Thiébaut)

La communication de cette séance mensuelle n’a pas pour seul objet d’honorer la mémoire du sergent Jean Lavayssière. On doit en effet à notre intervenant et sociétaire, Hervé Thiébaut, d’avoir entrepris une véritable œuvre de sauvetage du monument-tombeau du héros, menacé par un projet d’aménagement routier au cœur de son village natal de Castelfranc. Délégué de la FNAC (Fédération nationale des amicales de chasseurs à pied, alpins et mécanisés), Hervé Thiébaut, en collaboration avec la municipalité, a initié un projet de déplacement du monument mais aussi de valorisation de la mémoire par la création d’une salle-musée et d’un parcours associant les communes natales des héros de Sidi-Brahim. L’orateur rappelle bien entendu à l’assistance les circonstances du combat qui a valu à Jean Lavayssière, caporal au 8e bataillon de chasseurs d’Orléans, de devenir un héros national. En septembre 1845, en Algérie, les 82 survivants d’une colonne française tombée dans l’embuscade tendue par le célèbre émir Abd-El-Kader, réfugiés dans le marabout de Sidi-Brahim, vont résister plusieurs jours à 5000 cavaliers, repoussant tous les assauts. Réduits à une quinzaine d’hommes, les rescapés forcent le siège et parviennent, sous la conduite de Jean Lavayssière, à rejoindre les lignes françaises. Sidi-Brahim va devenir pour la troupe d’élite que sont les chasseurs à pied, l’équivalent de Bazeilles pour les marsouins ou Camerone pour la Légion étrangère. Le retour de Jean Lavayssière dans sa petite patrie est difficile ; il est certes nommé sergent, fait chevalier de la Légion d’honneur, récompensé d’une carabine d’honneur, mais notre homme, d’un caractère emporté, a du mal à se réadapter à la vie civile. Devenu père de famille et éclusier, il perd en 1863 cette place réservée pour avoir jeté son supérieur dans le canal ! Réduit à s’occuper de quelques vignes, suisse à l’église du village, il connaît vite la misère, perd un œil et finit par solliciter le chancelier de la Légion d’honneur pour le tirer de ce mauvais pas. La solidarité des chasseurs va dès lors lui assurer l’essentiel jusqu’à sa mort en 1892. Tout d’abord inhumé dans le cimetière du village, son corps est transféré en 1911 dans le monument élevé par souscription des 50 bataillons de chasseurs et autres militaires devant sa maison natale, œuvre d’Antonin Rougé. Le monument-tombeau déplacé et restauré sera inauguré le samedi 3 octobre 2015 à 10h30 en présence des autorités civiles et militaires et avec la participation de la fanfare du 27e Bataillon de chasseurs alpins qui ne manquera pas de faire retentir en hommage au héros la célèbre marche de Sidi-Brahim, devenue l’hymne des chasseurs.


La Société des études du Lot s’honorera d’y participer et s’associe à l’appel à souscription lancé par la FNAC pour couvrir les frais engagés dans cette œuvre de mémoire (tous les renseignements utiles sont disponibles sur son site www.bleujonquille.fr ou auprès de la SEL).


Le monument tombeau actuel

 

 

SÉANCE DU 5 FEVRIER 2015

Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres

- Émile Gérard Fages, de Figeac

- Anne Jodris, de Montaigu-de-Quercy

- Jean de Chalain, de Cahors

Manifestations signalées / Actualités de la Société

 

- La Société remercie vivement les enfants du colonel Jean Bergues qui ont bien voulu l’instituer donataire de divers ouvrages et documents (dont de nombreuses photographies et diapositives) se rapportant aux recherches menées par Jean Bergues sur Galiot de Genouillac, sa carrière militaire et les diverses fondations réalisées en Quercy ou ailleurs.

- Le mardi 20 janvier, la SEL, représentée par M. Foissac, a été invitée par l’UIVC et l’équipe de recherches sur le vin de Cahors (Sorbonne, université Michel de Montaigne de Bordeaux et alii) à une table ronde pour un point sur cet important projet de recherches. La SEL y apportera bien sûr son concours.

- La Société a accepté de participer au prochain Salon du Livre ancien et moderne de Cahors dont le thème sera la voie fluviale et la batellerie du Lot.

- Serge Austruy, notre dévoué « webmaster », a entrepris une refonte du site internet de la SEL afin de le rendre plus lisible. La nouvelle formule sera très prochainement en ligne.

Ouvrages et articles reçus

- Nelly Blaya, Nicolas Bru, Le mobilier des églises du Moyen Âge dans le Lot, Toulouse, éd. Conseil régional de Midi-Pyrénées, 2014, 122 p., ill.

- Patrice Foissac, Cahors au siècle d’or quercinois (1450-1550), Portet-sur-Garonne, éd. Midi-Pyrénéennes, 2014, 410 p., ill.

- Paul Laval, Le Ségala et la Résistance dans le Lot. Études historiques, géographiques, touristiques, économiques…, Aurillac, Imp. Gerbert, 1954, 220 p.

- François Nadaud, Payrac de 1900 aux années d’après-guerre, la belle endormie… , Payrac, Société historique et archéologique du Payracois, 2014, 443 p., ill.

- Eugène Sol, Dans la tourmente révolutionnaire, Paris, Auguste Picard, 1926, 419 p.

Mémoires de quartiers, Cahors-Saint-Henri. Journées européennes du Patrimoine 20 et 21 septembre 2014, Cahors, Service patrimoine, 2014, 26 p., ill.

 

Communications

« LES DESSOUS DU LOT » (Master Patrimoine de Cahors)

La désormais traditionnelle présentation du thème de recherches de la classe de Master Patrimoine est cette année consacrée à un sujet inédit : les ressources du sous-sol lotois dans un département dont on a plus étudié la ruralité que les aventures industrielles. À notre connaissance, ce thème n’a jamais été abordé dans sa globalité même si l’on connaît assez bien aujourd’hui certaines de ses déclinaisons comme les phosphatières de Bach, les carrières de pierre de Crayssac ou les eaux minérales de Miers. Réservant l’essentiel de leur communication à une prochaine exposition, les étudiants ont choisi de ne traiter ce soir que quelques-unes des problématiques les plus originales soulevées par l’exploitation du sous-sol comme l’immigration et la main-d’œuvre étrangère, les exploitations illicites et les projets avortés. S’appuyant sur les recherches de Françoise Auricoste et de Jean Lartigaut, ils rappellent opportunément que le Quercy a attiré dès le Moyen Âge des ferriers basques dans la vallée de la Masse et ses environs. Le relais a été pris beaucoup plus tardivement par les immigrants étrangers, italiens et espagnols, dans les mines de charbon de Saint-Perdoux, les briqueteries de Puy-Blanc ou Boissières dans l’Entre-deux-guerres et les carrières de Crayssac qui ont fixé une importante communauté portugaise à partir des années 60 du XXe siècle. Il va de soi que cette immigration est restée confidentielle et n’a jamais atteint les effectifs des grands bassins industriels voisins de Decazeville ou Carmaux. Les bassins d’exploitation lotois sont réduits à quelques matériaux : argile, calcaire, charbon, fer, phosphates et aux eaux minérales. À l’aide de cartes et de photographies, l’un des étudiants nous présente succinctement les grandes étapes de leur mise en valeur qui seront développées dans l’exposition à venir. Les projets avortés se sont intéressés aux gisements de matériaux précieux, or et argent, ou plutôt plomb argentifère et aurifère, autour de Figeac. Trop ambitieux, portés par de simples particuliers plus que par de véritables industriels, aventuriers parfois, ils se sont heurtés pour la plupart à des refus administratifs. Quant aux exploitations illicites, elles ont pour cadre principal les gisements de houille de Saint-Perdoux mais aussi les sources avec des projets plus ou moins farfelus qui s’inspirent du succès des eaux de Miers-Alvignac. De nombreuses questions et demandes de précisions prolongent le dynamique exposé à trois voix des étudiants. Nous ne manquerons pas de signaler les dates et lieux de leurs prochaines interventions et de faire une large place à l’exposition qui valorisera leurs recherches.

 

 

SÉANCE DU 8 JANVIER 2015

Décès

 - M. Jacques Bouzerand, de Paris

- Mme Madeleine Lafon, d’Albas

Nouveaux membres

 - Philippe Andlauer, de Labastide-Murat

Manifestations signalées / Actualité de la Société

 

[ndr : À compter de ce fascicule et dans le souci de laisser plus de place aux ouvrages, articles et communications, nous n’inscrirons dans cette rubrique que les manifestations encore actives à la date de parution du Bulletin. Nous continuerons bien évidemment à communiquer en séance, sur notre site et sur notre « page facebook » les annonces de manifestations qui nous auront été signalées.]

Ouvrages et articles reçus ou acquis

 

-Patrick Ferté, La grande généralité de Montauban – Quercy, Rouergue, Gascogne, pays de Foix – sous Louis XIV d’après le Mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne (1699), et son complément par A. Cathala-Coture (1713) ;tome 1 : Mémoire de l’intendant de Montauban « Pour l’instruction du duc de Bourgogne », 566 p. ; tome 2 : « Mémoire historique de la généralité de Montauban et des païs en dépendans » par Antoine Cathala-Coture, 676 p., Paris, éd. du CTHS, 2014.

- Gilles Séraphin (dir.), Donjons et châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne, éd. Midi-Pyrénéennes, 2014, 383 p.

- Joseph Restany, « Le Sarladais au cœur d’une entreprise clandestine de fabrication d’armement en 1941 et 1942 », Revue d’art et d’histoire de Sarlat et du Périgord Noir, n°139, décembre 2014, p. 160-172.

- Jean-Marc Fabre, Didier Rigal, « Les vestiges d'ateliers sidérurgiques de l'âge du Fer sur les sites de l'autoroute A 20 : Courcan (Cours, Lot) », dans P.-Y. Milcent (dir.), L'économie du fer protohistorique : de la production à la consommation du métal. Actes du XXVIIIe colloque de l'AFEAF, Toulouse 20-28 mai 2004, Aquitania suppl. 14-2, Bordeaux, 2007, p 125-131. Don de Didier Rigal.

- Nicole Gangloff, Lionel Izac-Imbert, Didier Rigal, « Trois sites à enclos fossoyés de la fin de l'âge du Fer : le Bois de Dourre (Montalzat), Larsou (Réalville) et Al Claus (Varen), (Tarn-et-Garonne) : première étude comparative dans leur contexte régional », dans Les âges du Fer dans le sud-ouest de la France, Actes du XXVIIIe colloque de l'AFEAF, Toulouse, 20-23 mai 2004, Aquitania suppl. 14-1, Bordeaux, 2007, p. 345-384 : ill., bibliogr. Don de Didier Rigal.

- Laurent Carrière, Capdenac en Quercy, histoire d’un village vu par sa population, Capdenac, 2002, 103 p.

- Adèle Antignac, Corinne Bourrières, Château Lagrézette, sculptures, blasons et ornements ou la gloire de Marguerite de Massaut, Caillac, éd. Château Lagrézette, 2013, 44 p., ill.

- Édouard Alfred Martel, Padirac, historique et description sommaire, Saint-Céré, Libraire Vertuel, 1928, 32 p.

- Ministère de la Culture, Bilan DRAC du Service régional de l’Archéologie, 2010, 196 p.

Communications

LE COLONEL PIERRE BONAFOUS, COMTE DE MELITO (France Marsanne)

Mme France Marsanne a bien voulu nous présenter l’ouvrage qu’elle a consacré à ce parent peu connu de notre illustre compatriote Joachim Murat, roi de Naples. Cet ouvrage est le fruit d’une rencontre fortuite ; Mme Marsanne étant devenue propriétaire de la maison acquise par les Bonafous à Mercuès, elle s’est heureusement intéressée à l’histoire de ses anciens occupants dans un village marqué par la présence d’un autre compatriote célèbre lié au roi de Naples, Michel Agar comte de Mosbourg. Pierre Bonafous est l’un des quatre enfants d’Antoinette Murat, sœur de Joachim, mariée à un simple laboureur de Montgesty, Jean Bonafous, résidant au hameau de Crabillé dans la propriété que la bonne fortune de la famille transformera bien vite en château. Devenu le grand personnage que l’on sait, Joachim Murat va tirer de l’obscurité ses neveux, faisant accomplir aux garçons une carrière militaire. Deux d’entre eux, Pierre et Eugène, deviennent officiers de cavalerie et le dernier, Joseph, capitaine de frégate. Pierre, parvenu au grade de colonel, est l’aide de camp de Joachim et le suit bien entendu à Naples. Son oncle l’y fera « comte de Melito », le décorera de l’Ordre royal de Naples et de la Légion d’honneur. Mais la carrière du colonel Pierre Bonafous connaît une fin aussi spectaculaire que sa précédente ascension puisqu’il est contraint par la chute de l’Empire et celle de son oncle et protecteur à chercher refuge dans sa famille. Il va alors mener sous la Restauration une vie difficile, réduit au statut de demi-solde, sans que ses demandes de réintégration dans l’armée aboutissent. Quittant Crabillé, isolé et peu sûr, il s’installe avec son épouse, Julie Andrieu, auprès de son beau-frère Agar de Mosbourg (qui a épousé une sœur de Julie) à Mercuès. Il recueille sa mère et élève là ses sept enfants dont quatre seulement survivront, l’aîné, Gustave, finira interné, le cadet Lucien deviendra officier de cavalerie. En 1828, les Bonafous quittent Mercuès pour revenir à Crabillé et finalement résider à la Mouline de Labastide-du-Vert, village dont il devient maire de 1838 à 1848, renouant ainsi avec une forme de vie publique. Il a la satisfaction de voir son petit-cousin, le prince Lucien Murat, devenir député du Lot. Il s’éteint, le 19 janvier 1853, dans son château de Crabillé, à l’âge de 67 ans, et est inhumé le lendemain à Montgesty. Rappelons que son frère Joseph, le marin, propriétaire du château d’Anglars, est le premier maire de la nouvelle commune d’Anglars-Juillac et le donateur au Musée de Cahors de la statue du dieu polynésien Rongo.

.

SÉANCE DU 6 MARS 2014[1]

Présidence : M. Deladerrière

Nouveaux membres

–       Lesly Bessière, de Cahors ;

–       Hugo Émile Boissier, de Le Bourg ;

–       Jean Sudreau, de Cahors ;

–       Paul Dausse, de Cahors ;

–       Annie Miquel-Barel, de Cremps ;

–       Nelly Blaya, d’Espère.

Ouvrages et articles reçus

–            Encyclopédie Bonneton : Lot, Paris, éd. Bonneton, 2011, 320 p. 

–            Gilles Séraphin, « Les tours à contreforts enveloppants et la domination des Plantagenêts en Quercy (1154-1249) », in Gwyn Meiron-Jones (dir.), La Demeure seigneuriale dans l'espace plantagenêt, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, 481 p. illustrations, pp. 367-379.

–            ASFE, Les Institutions religieuses à Figeac du ixe siècle à nos jours, catalogue de l’exposition organisée en 2011 par l’Association de sauvegarde de Figeac et ses environs, Figeac, 2013, 139 p., illustrations.

–            Françoise Auricoste, Protestants oubliés du Haut-Quercy, Nîmes, éd. Lacour-Rediviva, 2007, 437 p. [Remplacement d’un ouvrage détruit par l’inondation de 2011.]

–            Françoise Auricoste, Lherm, histoire d’un village, environ 300 pages, Association pour la rénovation et la protection du patrimoine de Lherm. Date limite : 31 mars 2014 ; prix : 15 € + port 4 €. Adresse : Association Patrimoine, Mairie 46150 Lherm.

Manifestations signalées

            Mardi 18 mars à 18 h 30 : conférence gratuite de Laurent Guyard, directeur de la Cellule archéologique du Conseil général, sur le bilan des découvertes archéologiques à Cahors en 2013 (Hôtel de Ville).

            Jeudi 27 février : « Mise en bouche du patrimoine », quelques objets gallo-romains du musée de Cahors, départ cour du Musée, à 12 h 15 et 18 h 15.

 

Archives diocésaines

Ouverture sur rendez-vous du 10 au 13 mars : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Vente de la collection de La Revue des Deux Mondes, de 1859 à 1980, même adresse. 

 

Communication

À LA RENCONTRE DES OISEAUX DU LOT (Philippe Tyssandier)

Philippe Tyssandier, président de la Ligue pour la protection des oiseaux - Lot (LPO-Lot), nous a présenté un diaporama sur les oiseaux nicheurs dans le département du Lot. 

La LPO-Lot est une association naturaliste regroupant près de 300 adhérents qui œuvrent pour la connaissance et la protection de la faune et de la flore lotoises. Elle a succédé à l'Association Lot-Nature au 1er novembre 2012. La LPO est un réseau national qui regroupe près de 40 associations locales rassemblées autour de la LPO-France dont le siège est à Rochefort (17).

L'avifaune lotoise compte près d'une centaine d'espèces d'oiseaux nicheurs présents dans une grande diversité de milieux naturels. Certaines de ces espèces représentent un grand intérêt patrimonial. Le Quercy blanc, pays de cultures et de serres (croupes marneuses), abrite le bruant ortolan, passereau granivore en voie de régression au niveau européen, et l'oedicnème criard, appelé aussi courlis de terre. Les causses, qui occupent une grande partie du territoire lotois, hébergent une avifaune typique des milieux chauds et buissonnants : fauvette orphée et passerinette, d'affinités méditerranéennes, pouillot de Bonelli et dans les secteurs plus ouverts de pelouses, le rare pipit rousseline. Si les cours d'eau permettent de croiser le curieux cincle plongeur, sorte de merle brun au plastron blanc capable de marcher sous l'eau, les parois rocheuses qui les bordent sont le repaire d'espèces emblématiques telles que le faucon pèlerin, le hibou grand-duc ou le martinet à ventre blanc. Les zones bocagères, bien  représentées en Bouriane et dans le Limargue, sont d'une grande diversité. Les massifs forestiers du département quant à eux offrent un refuge pour de magnifiques rapaces tels que le circaète jean-le-blanc – appelé aussi l'aigle mangeur de serpents –, le milan royal, l'aigle botté ou le faucon hobereau. Une vraie richesse dont il faut prendre soin.



[1] Présents : Mmes Deladerrière, Dreyfus-Armand, Rességuier-Lacalmontie, Royère ; Mlles Brun, Denjean, Tyssandier ; MM. Andral, Audoin, Auvray, Deladerrière, Denjean, Fouclet, Réveillac, Robert, Royère, Sabatier, Serin, Tyssandier.

SÉANCE DU 6 FÉVRIER[1]

Présidence : M. Deladerrière

Décès

       Paul Cassayre, de Salvagnac-Cajarc ;

       Maurice Carlier, de Lherm ;

       Jean Pélaprat, de Ramonville. 

Manifestations signalées

 Mardi 18 février à 18 h 30 : conférence gratuite de Camille Gillon, étudiante en master « Documentation des œuvres d’art, régie des œuvres », sur les peintures murales dans le secteur sauvegardé de Cahors (Hôtel de Ville).

 Jeudi 27 février : « Mise en bouche du patrimoine », promenade architecturale dans les rues Donzelle et Mascoutou, départ rue de Lastié, côté Lot, à 12 h 15 et 18 h 15.

 La commune de Montpazier (Dordogne) nous invite à visiter le Bastideum, récemment ouvert, centre d’interprétation de la bastide, son évolution depuis sa création en 1284 jusqu’à nos jours. 

 

Ouvrages et articles reçus

– Nathalie Fabry (préface d’Étienne Baux), Bibliographie de la presse française politique et d’information générale des origines à 1944. Lot, Paris, BNF, 2013, 85 p. [Remerciements à Étienne Baux et à l’éditeur pour cet ouvrage.]

– Pierre Brayac, Fleurs de blé noir. Chroniques du Haut-Quercy 1936-1948, Saint-Cyr-sur-Loire, éd. Alan Sutton, 2003, 127 p., illustrations.

– Pierre Brayac, Une jeunesse quercynoise, Brive, éd. Les Monédières, 2009, 265 p. [Remerciements à Pierre Brayac pour ces deux ouvrages.]

– Jean Lartigaut, « Exploit d’un chevalier de Malte au siège d’Alger », L’Algérianiste, n° 51, pp. 37-41, Perpignan, septembre 1990. Reprise d’un article paru dans le BSEL, 1990, 1er fascicule.

            Pierre-Jean et Babeth Pebeyre, Sophie Brissaud, Manuel de la truffe. La truffe est un produit simple, Bordeaux, éd. Féret, 2013, 158 p., illustrations.

            « La Bailharda », La Lettre d’information de la bastide de Puybrun, janvier 2014, 4 p. : Charles Nuville, un as de l’aviation de la  Première Guerre mondiale né et mort à Puybrun (1889-1965), compte rendu du 4e colloque de Puybrun, la grange de Dalon…

– Patricia Rémond et David Marmonier, Fonds d’archives Edmond Michelet (1914-1978). Répertoire numérique détaillé, Brive, éd. Fraternité E. Michelet, 2013, 475 p., illustrations. [Remerciements à l’éditeur pour cet ouvrage.]

– Alain Huc de Vaubert, « Un orgue en forme de vaisseau », Midi-Pyrénées Patrimoine, n° 36, hiver 2013-2014, p. 12, Portet-sur-Garonne, 2013, illustrations. 

Communication

CAHORS-MOISSAC, UNE LIGNE FERROVIAIRE AVORTÉE (Paul Dausse)

Notre invité, Paul Dausse, Lotois, ancien cheminot, a consacré plusieurs années de sa retraite à retrouver les documents d’archives, des photos et enfin des témoins (ouvriers, riverains) de cette ligne ferroviaire dont il est question dès 1878 et finalement abandonnée en 1930 sans que les rails aient jamais été posés !

Ligne à voie unique et à écartement normal, elle était entre autres destinée à transporter le raisin chasselas des zones de production vers les grandes villes (Toulouse, Bordeaux, Paris). Seule l’infrastructure et la plate-forme ont été construites sur les 62 km de voie nouvelle.

La déclaration d’utilité publique a été votée en 1913 et les travaux ont débuté en 1914 pour être rapidement interrompus en août par la déclaration de guerre. Ils reprennent très lentement en 1919 puisque ce n’est qu’en 1930 que la construction des ouvrages d’art est enfin terminée.

En 1934, les travaux de superstructure sont finalement ajournés et, en 1941, la ligne est officiellement déclassée, victime de la concurrence de la route. Soixante millions de francs auront été dépensés pour ce projet avorté !

Une projection de documents (cartes de l’évolution du réseau français, premier matériel ferroviaire, etc.), de photos (ouvrages d’art, chantier, etc.) et même un poème mis en musique ont illustré agréablement cette conférence.

Rappelons l’ouvrage publié sur le sujet que la SEL vient d’acquérir : Paul Dausse, Cahors-Moissac. Une ligne ferroviaire oubliée. 1920-1930, Cahors, éd. Photo-club SNCF-UAICF de Cahors, 1999, 112 p., illustrations.



[1] Présents : Mmes Azaïs, Deladerrière, Foissac ; Mlles Cavaroc et Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Azaïs, Balan, Dausse, Dechet, Deladerrière, Demeure, Denjean, Gérard, Réveillac, Savy, Serin.

SÉANCE DU 9 JANVIER 2014

Présidence : M. Baux[1]

Nouveaux membres

–       Nicolas Bru, de Cahors ;

–       Marie-Claire Liou, de Paris ;

–       René Nadal, de Crayssac ;

–       Corentin Pezet, de Gramat.

Intervention de la société

Compte rendu de la réception, à la Mairie de Cahors, le lundi 16 décembre, d’une délégation de la Société composée du président, de Valérie Rousset, Didier Rigal et Étienne Baux, concernant la sauvegarde du site archéologique au 113 rue André-Breton, à Cahors.

Manifestations signalées

–            L’Association de soutien à l’exposition du centenaire 1914-1918 (ASPEC 14-18) se propose d’organiser une exposition sur la Grande Guerre du 1er août au 16 novembre 2014 dans le hangar de la Délégation militaire. Cette exposition labellisée par la Mission du centenaire sera subventionnée par la Ville de Cahors. L’association présidée par Frédéric Rivière recherche des adhérents pour soutenir le projet (5 €). Des bulletins d’adhésion sont disponibles au siège de la Société.

–            Rencontre du patrimoine à l’Hôtel de Ville de Cahors, le mardi 21 janvier, à 18 h 30, salle Henri-Martin. Conférence d’Annie Charrier, archéologue du bâti, au service Patrimoine de Cahors : « Bilan des découvertes archéologiques du bâti faites à Cahors en 2013 ». Présentation d’une plaquette sur ce sujet.

Ouvrages et articles reçus

–            Gilles Séraphin, « Premières croisées d’ogives en Quercy et Périgord méridional, quelques jalons chronologiques », Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, tome LXX, Toulouse, 2010, pp. 97-124.

–            Jean-Luc Obereiner, Saint Namphaise. Au cœur de l’histoire religieuse du Quercy, s.l., éd. Quercy Recherche, 2013, 324 p.

–            Souvenirs croisés de la Première Guerre mondiale. Correspondance des frères Toulouse (1914-1916). Souvenirs de René Trognard (1914-1918), préface de Jacques Legendre, avant-propos de Sophie de Lastours, Paris, L’Harmattan, 2008, 284 p. [Les frères Toulouse étaient cadurciens.]

–            Jacques Bouquié, Larnagol et Seuzac, Villefranche-de-Rouergue, Imprimeur Grapho 12, 2013, 392 p.

–            Serge Austruy, Claude Lufeaux, Pradines en images, Pradines, Mairie de Pradines, 2013, 126 p.

–            Patrice Foissac, « Les chemins de Saint-Jacques dans le Lot au Moyen Âge », Regards sur le Parc, n° 18, Parc naturel des Causses du Quercy, novembre 2013, 4 p.

–            Bulletin d’information des Archives du Lot : « Étienne d’Alençon, un passionné du Lot », Cahors, Conseil général, p 2.

–            Jean-Claude Bonnemère, « Une médaille pour Jean-Pierre Girault », Bulletin de l’association des Amis du vieux Souillac, n° 70, Souillac, 2013, 1 p.

–            Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français : de la Préhistoire à nos jours, Paris, rééd. Texto, 2012, 449 p. 

–            NatEnPa, Les Moulins à eau du Céou et de ses affluents dans le canton de Saint-Germain-du-Bel-Air, Saint-Germain-du-Bel-Air, éd. NatEnPa, 2013, 140 p.

Communication

TÉMOIGNAGES DE « POILUS » (Bruno Sabatier)

Bien avant la commémoration officielle de la Grande Guerre, notre secrétaire, Bruno Sabatier, a réalisé avec bonheur une série d’enquêtes orales auprès de combattants lotois, dont il a recueilli les souvenirs avec beaucoup de délicatesse. Il nous donne ce soir quatre de ces entretiens, précieux témoignage de ceux qui sont aujourd’hui disparus.

Avant de nous faire partager son expérience sur les rencontres-témoignages avec les « poilus », Bruno Sabatier a souhaité faire un bref rappel sur les conséquences du conflit : pertes humaines, stigmates des combats encore présents aujourd’hui sur le terrain, monuments de nos villages, nécropoles… Il est revenu également sur l’hécatombe du début des engagements durant lesquels les régiments du Quercy ont particulièrement donné lors de la bataille des frontières. Il a tenu aussi à désacraliser quelques images comme celle de « la fleur au fusil » ou celle du mythe de la tranchée des baïonnettes.

C’est en 1985 qu’une opportunité de rencontre avec un premier personnage du Ségala va déclencher chez lui une passion pour faire parler ces hommes et s’intéresser à leur histoire. Laissons-lui la parole :

« Quatre témoins issus du monde rural parmi une dizaine de contacts, quatre témoignages révélés sans être enjolivés, jamais dans le respect de la chronologie des événements, mais plutôt celle de leur mémoire. Puisque ces hommes acceptaient d’en parler, il n’y avait qu’à les écouter.

Tous dotés d’une mémoire extraordinaire, très certainement liée à la perception et à la confrontation à ces événements qui ont marqué profondément leur jeunesse. Malgré les recoupements de questions celle-ci n’était pas prise en défaut.

Émile, maréchal-ferrant de métier, énumérait le nom des chevaux d’attelage de son canon de 75 tout comme les noms des villages traversés. Lucien, grand blessé, éventré au cours d’un acte de bravoure pour stopper les pertes infligées par une mitrailleuse ennemie à sa compagnie, restait fier de rappeler les conditions de son attaque dans les faubourgs d’Arras. Paul, peut-être le plus sensible des quatre, relatait les dix-huit mois passés dans le bois des Loges, aux confins de l’Oise et de la Somme, jamais dépassé, dernier verrou à tenir face à l’ennemi prêt à fondre sur Paris. Paul se souvenait d’une triste affaire de fusillé pour l’exemple, sans en connaitre l’aboutissement. Il évoquait l’histoire du lieutenant Chapelant. Mais il se souvenait aussi du numéro de son fusil et des terribles conditions de survie sur les pentes de la cote 304… Pierre-Henri, lui, avait connu le dépaysement en Serbie, il y avait subi l’amputation d’un pouce à la suite d’une blessure qui ne voulait pas guérir à cause de conditions climatiques des plus pénibles. Par forte chaleur l’atmosphère devenait irrespirable, alors les combats étaient suspendus et cela permettait de relever et d’enterrer les corps des camarades tombés entre les tranchées.

Souvent ils terminaient les entretiens par ces quelques mots : « Il fallait le voir pour le croire », ou bien « On n’a pas besoin de faire la guerre ». Que de moments intimes partagés qu’il est bien difficile de retranscrire, des souvenirs de 70 ans, racontés simplement, sincèrement, sans enjolivure, ponctués de silences qu’il ne fallait pas rompre mais qui en disaient long sur le vécu. »

Ajoutons que Bruno Sabatier a eu à cœur d’aller sur les lieux évoqués par ses interlocuteurs, de recouper leurs témoignages avec d’autres sources. Son exposé, très sobre, a passionné l’auditoire, souvent gagné par l’émotion et heureux de prolonger ce moment par un échange. Il parait très souhaitable qu’une publication nous donne accès à l’ensemble de ces entretiens et assure leur pérennité.



[1] Présents : Mmes d’Alençon, Azaïs, Bouat, Cavaroc, Deladerrière, Foissac, Rousset ; Mlle Denjean ; MM. d’Alençon, Audouin, Austruy, Azaïs, Balan, Baux, Bouat, Deladerrière, Gérard, Linon, Réveillac, Rigal, Sabatier, Savy, Serin.

SÉANCE DU 5 DÉCEMBRE 2013
Présidence : M. Foissac

Décès

- Mlle Sudreau, de Cahors
- Quoiqu’il ne fût pas membre de la SEL, notre réunion mensuelle a tenu à rendre hommage à une figure bien connue et unanimement appréciée des Cadurciens, Pierre Lagarde, libraire, qui vient de disparaître
et dont le père, Jean, fut autrefois l’un de nos sociétaires actifs.
Nouveaux adhérents
- Jean Calvet, d’Angers et Castelnau-Montratier
- Marie-France Charteron, d’Albas

Manifestations signalées :

- Rémy Cazals, professeur émérite de l’Université de Toulouse-Le Mirail, présentera, le jeudi 12 décembre à 18h, à la librairie Calligramme à Cahors, l’ouvrage Cinq cents témoins de la Grande guerre qu’il a dirigé.
- Le vendredi 13 décembre, à la médiathèque de Cahors, à 18h, conférence de Virginie Czerniak sur « Les peintures murales dans les édifices du pouvoir » (dans le cadre du cycle des « conférences patrimoine » du Conseil général).
- Le samedi 14 décembre, à Lugagnac, à 9h30, le CAUE du Lot organise la visite d’une maison contemporaine (Dans le cadre des « Causseries » du Parc naturel régional des Causses du Quercy).
Ouvrages reçus
- Vivre et mourir en temps de guerre de la préhistoire à nos jours :
Quercy et régions voisines, Actes du LIXe Congrès de la Fédération historique de Midi-Pyrénées (Cahors 2009), Toulouse, Méridiennes, 2013.
- Ernest Lafon, Au Pays des bombances, Orthez, rééd. Lac et lande, 2013.
- Robert Sablayrolles (dir.), Guide archéologique de Midi-Pyrénées
(1000 av J.-C. – 1000 ap. J.-C.). Monuments, musées et itinéraires ouverts au public, Bordeaux, Fédération Aquitania, 2010.
- Jean-Claude Mazot, Lacave, plus d’un siècle d’histoire, Arcambal, éd. Édicausse, 2013.
- Plaquette « Cahors, 100 ans de protection. Les monuments historiques », Service Patrimoine de la ville de Cahors, 2013.
- Martine Lemaitre, Le château de Béars, la turbulente histoire des seigneurs de Cardaillac entre Vers et Arcambal, Cahors, éd. Vitesse limitée, 2013.
- Jean-Louis Pradels, Ombres et lumières de la vicomté de Turenne. Quatre familles de vicomtes, Paris, Bluetree Edition, 2013.
- Paul Dausse, Cahors-Moissac. Une ligne ferroviaire oubliée. 1920- 1930, Cahors, éd. Photo-club SNCF-UAICF Cahors, 2013.

Communications

“MÉMOIRES DE QUARTIERS” : TÉMOIGNAGES DE CADURCIENS (Simone DENJEAN, Jean BACH, Henri COUAILLAC, Jean SUDREAU, Simone VALETTE)
Ces témoignages recueillis par la Maison du Patrimoine (Géraldine Vivent et Pierre Lasvènes) et présentés à Cahors dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine 2013, avaient échappé à de trop
nombreux sociétaires. Cette soirée était l’occasion d’entendre certains d’entre eux, à commencer par celui de notre administratrice, Simone Denjean, dont on connaît l’immense érudition dans tout ce qui concerne
l’histoire de sa ville. C’est d’ailleurs elle qui inaugure cette série en évoquant sa jeunesse dans le quartier où elle dirigera plus tard, rue Joachim-Murat, sa pharmacie. Au-delà des nombreuses anecdotes
amusantes sur la vie quotidienne ou des tristes évocations de l’Occupation, on retiendra de ses souvenirs de quartier l’importante présence religieuse qui s’y manifeste encore dans les années trente du
dernier siècle : soeurs de Nevers, « soeurs noires », séminaristes, Hôpital des orphelines, salles diocésaines, etc. À l’aune de cette présence massive, on peut mesurer aujourd’hui – quelles que soient nos convictions – l’ampleur de la déchristianisation de nos villes… Henri Couaillac † évoque son quartier mais surtout le traumatisme des années de guerre, où Cahors perd son innocence de paisible ville de province. On retrouve ce traumatisme dans les propos de Jean Sudreau qui nous a fait, lui aussi, l’amitié d’assister à cette séance (… et d’offrir à la SEL un superbe fac-similé de la dépêche télégraphique du 7 septembre 1870 qui annonce la chute du Second Empire). Mais Jean Sudreau est aussi le fin observateur de sa ville qui compte avec malice les dégradations du paysage urbain médiéval. Le dernier témoignage, celui de Simone Valette, 101 ans, habitante de la rue Brives, rejoint les précédents pour nous donner la nostalgie d’une époque révolue, celle où l’automobile et la télévision n’avaient pas encore tué la convivialité des réunions de trottoirs où, à la belle saison, les riverains installaient leurs chaises et entreprenaient d’aller échanger les dernières nouvelles avec leurs voisins, pendant que les jeux d’enfants occupaient une chaussée déserte. L’importance des petits commerces, la présence d’une forte empreinte rurale au sein même de la ville sont d’autres traits saillants de cet environnement disparu. Remercions nos amis de nous avoir offert un émouvant complément au témoignage rural de Lia, de Varaire, récemment décédée.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE
du 5 décembre 2013


À 22h00, l’Assemblée générale ordinaire est déclarée ouverte. Patrice Foissac, président, présente le rapport moral de l’année écoulée :

« Le compte-rendu des activités ordinaires de la SEL est toujours aussi fidèlement retranscrit dans les procès-verbaux de séances de notre Bulletin. Cette année, plusieurs points positifs sont à signaler : le
remboursement effectif des ouvrages perdus ou abîmés par le dégât des eaux de l’hiver 2011, la parution tant attendue des Actes du 59e Congrès de la FHMP « Vivre et mourir en temps de guerre de la préhistoire à nos jours : Quercy et régions voisines », la mise en ligne sur un site rénové des 5300 références de notre bibliothèque, l’installation d’un nouveau mobilier, le grand nombre d’articles proposés au BSEL. La bonne santé financière de la Société nous permet, pour la quatrième année consécutive, de ne pas augmenter les cotisations et abonnements. Il faut bien entendu remercier tous ceux qui se sont investis dans ces tâches et sont donc responsables de ces succès. Mais, comme nous le déplorions déjà l’année précédente, la persistance des difficultés économiques a accru le nombre de démissions. Il faut aussi incriminer la négligence de certains sociétaires qui, n’acquittant pas en temps et heure une modeste cotisation, doivent ensuite régler le montant cumulé de plusieurs années et préfèrent alors présenter leur démission. Il est très important de maintenir notre niveau de recrutement, l’un des meilleurs de la région Midi-Pyrénées, pour assurer notre indépendance. Les derniers événements relatés en tête de ce Bulletin montrent qu’il est préférable de ne pas trop dépendre des subventions publiques… Il nous reste également à faire en sorte que la commission d’étude d’une réforme du BSEL fonctionne réellement, ce qui n’a pas été le cas en 2013. Enfin, il serait souhaitable que les administrateurs et sociétaires prêts à s’investir dans le fonctionnement de notre association commencent à envisager la relève de l’actuel président, si possible lors de la prochaine Assemblée générale. »

M. Alain Gérard, trésorier, présente ensuite le bilan financier de la dernière année écoulée, 2012.
Dépenses :
Frais de fonctionnement et secrétariat ...........................................511,34
Frais de fonctionnement PTT .....................................................................190,58
Frais locatifs ..................................................................................................................2 125,01
Travaux local ..............................................................................................................3 588,70
Assurances ..........................................................................................................................439,47
Loyers ........................................................................................................................................258,00
Édition du Bulletin .............................................................................................7 552,00
Expédition du Bulletin ...................................................................................1 091,76
TVA sur factures ...........................................................................................................652,92
Sorties-voyages ........................................................................................................3 793,50
Achats ouvrages ...........................................................................................................502,81
Achats petit matériel ..............................................................................................769,49
Divers ...................................................................................................................................1 026,73
Total : ..................................................................................................................................22 617,21
Recettes :
Cotisations normales .......................................................................................3 239,00
Cotisations de soutien .........................................................................................596,00
Abonnements ........................................................................................................12 824,00
Vente Bulletins France ........................................................................................438,40
Vente ouvrages .....................................................................................................................7,00
Sorties-voyages .........................................................................................................3 294,00
TVA restituée ....................................................................................................................163,00
Subventions .................................................................................................................1 880,00
Produits financiers ...................................................................................................703,81
Divers .............................................................................................................................................37,60
Total : .................................................................................................................................23 202,81
Résultat d’exercice.................................................................................................... 585,60
La discussion sur ces rapports est déclarée ouverte. M. Gérard précise que les investissements dans le mobilier expliquent l’augmentation significative des dépenses. M. Foissac rappelle que des réserves financières
importantes nous sont indispensables tant que nous ne serons pas propriétaires de nos locaux. Les dépenses de chauffage plus lourdes annoncées dans le précédent rapport ont malheureusement bien été
confirmées.

Discussion

Plusieurs points sont abordés : la présence des illustrations dans le BSEL, le poids des dépenses de chauffage, la possibilité d’organiser un covoiturage pour réduire le coût des sorties. Toutes ces questions
figureront à l’ordre du jour du prochain CA.
L’Assemblée générale passe aux votes et approuve à l’unanimité les rapports moral et financier. Cotisations et abonnements Comme l’an passé, le tarif des cotisations et abonnements ne sera pas
modifié en dépit de la hausse annoncée des tarifs postaux au 01/01/14.
Nous proposons aux chômeurs et étudiants une réduction de cotisationabonnement (20 €) et un demi-tarif pour les sorties.
Élections au Conseil d’administration
Les postes d’administrateurs de Mmes Duthu, Rousset, MM. Baux, Deladerrière, Serin, sont déclarés renouvelables. Aucune autre candidature n’étant présentée, l’Assemblée générale passe au vote. Les
administrateurs sortants sont reconduits à l’unanimité. L’ordre du jour étant épuisé et aucune autre question n’ayant été soulevée par l’Assemblée générale, celle-ci est déclarée close à 22h30.


SÉANCE PUBLIQUEDU 1er DÉCEMBRE 2013


Nous accueillons cette année Robert Sablayrolles, professeur émérite d’archéologie romaine de l’Université de Toulouse-Le Mirail, coordonnateur du Guide archéologique de Midi-Pyrénées, et Marie-Laure Maraval,
archéologue et infographiste, sa collaboratrice dans cet ouvrage. Cette conférence était programmée de longue date mais a permis, nous allons le voir, d’éclairer le contexte archéologique préoccupant que nous
évoquons en tête de ce BSEL.
Le conférencier avant de nous retracer l’essentiel de la démarche qui a amené à la réalisation de ce Guide débute prudemment par la remise en cause de nombreuses idées reçues sur l’archéologie, et d’abord par ce qu’elle n’est pas ou ce qu’elle n’est plus : recherche de l’objet, aventure, quête identitaire… L’archéologie, nous rappelle-t-il « c’est transformer de l’espace en temps » par une science qui doit rester au service de l’histoire, et, la plupart du temps, de l’histoire du quotidien. Robert Sablayrolles aborde ensuite le thème de la relativité des territoires en nous montrant la progressive romanisation de ce qui deviendra plus tard la région Midi-Pyrénées. Là aussi, il faut, dit-il, se débarrasser d’idées reçues et notamment du poids de la vision « césarienne » de l’histoire des Gaules. La romanisation s’est faite progressivement avant, mais
surtout bien après César, à l’époque augustéenne et sur un modèle qui s’inspire plus de Pompée que de l’illustre dictateur. Le découpage ultérieur selon une vision géographique antique – la nôtre étant anachronique – ne fait apparaître une unité régionale qu’à l’époque wisigothique.
Le conférencier évoque ensuite les 64 sites retenus dans le Guide, sélectionnés d’abord pour leur accessibilité au public. L’auteur présente une brève typologie de ces sites : sanctuaires de pleine nature comme le site de Benque-Dessous-et-Dessus dominant la vallée de l’Arboust, villae comme celle de Montmaurin, musées archéologiques comme Fenaille à Rodez, Saint-Raymond à Toulouse, musées du Marbre pyrénéen à Bagnères-de-Bigorre, des Écritures à Figeac, villes et cités comme Cahors-Divona. Cette dernière est évidemment largement décrite car Robert Sablayrolles la considère, du point de vue des monuments
conservés, comme l’une des plus complètes de la région avec Saint- Bertrand-de-Comminges. Il décrit bien entendu le rôle social de chaque monument : thermes et ses boutiques, lieu de vie et d’échanges comparable à nos modernes galeries marchandes des centres commerciaux supermarchés, théâtre et amphithéâtre, lieux de distractions mais aussi de vie politique où la population acclame ou conspue ses élites...
Divona, comme les autres cités gallo-romaines, a été édifiée autant par l’aristocratie gauloise ralliée que par les autorités romaines. À cet égard, est rappelée toute l’importance des stèles dédiées à Lucterius Leo (musées de Cahors et Figeac) dont la citoyenneté romaine affichée illustre ce ralliement massif à Rome des élites locales. Des itinéraires routiers et pédestres complètent les visites de cités ou
monuments : la source inspiratrice est celle de la Table de Peutinger dont l’auteur explique l’orientation et précise le tracé des voies, les distances et les étapes. Le Guide a sélectionné plusieurs itinéraires dans
le Lot, à commencer par le parcours le long de l’aqueduc de la vallée du Vers à Cahors (hommage est rendu par l’auteur à Didier Rigal !) incluant l’oppidum de Murcens. L’originalité de ces itinéraires lotois est aussi d’inclure une visite aérienne du département sur un parcours Cahors–Montcuq–Luzech–Rocamadour–Puy-d’Issolud–Carennac– Loubressac–Castelnau-Bretenoux–Saint-Laurent-Les-Tours–Cardaillac–
Capdenac-le-Haut–Brengues–Saint-Cirq-Lapopie–Vers–Cras–Cahors. Des notices techniques complètent le Guide : routes et cours d’eau, puits comblés, auges cinéraires, autels votifs, etc. Nous retrouvons bien
sûr Divona-Cahors pour le thème des capitales de cités mais c’est Saint- Bertrand-de-Comminges (Lugdunum des Convènes), cité explorée et étudiée de nombreuses années durant par Robert Sablayrolles, qu’une
magnifique et éloquente infographie nous restitue dans ses agrandissements successifs, ses monuments et ses inscriptions. Elle prouve que dans ce piémont pyrénéen, il n’y a pas eu d’abandon précoce du site
urbain comme cela a pu se passer ailleurs. Interrogé sur la nature du monument public menacé à proximité du pont Valentré, Robert Sablayrolles insiste sur une indispensable fouille préventive – le strict minimum, dit-il – qui mettrait peut-être en évidence un campus, une sorte d’école d’acculturation de la jeunesse aristocratique gauloise. Car le monument correspond en tous points ou presque au campus de Saint-Bertrand-de-Comminges : présence de bassins de natation, vastes portiques destinés aux courses, avec abandon possible à la fin du premier siècle, la phase d’acculturation étant alors achevée…
Si cette hypothèse pouvait être confirmée par les fouilles préventives que nous réclamons, cela ajouterait un plus incontestable au remarquable inventaire monumental de Divona.
Nous remercions chaleureusement Marie-Laure Maraval et Robert Sablayrolles pour la qualité de l’exposé et la richesse de ses illustrations et nous ne pouvons qu’encourager les absents à tenter de retrouver les
meilleurs moments de ce riche après-midi dans le Guide archéologique de Midi-Pyrénées 1000 av. J.-C.-1000 ap. J.-C. Monuments, musées et itinéraires ouverts au public, dir. Robert Sablayrolles, Bordeaux,
Fédération Aquitania, 2010.

Patrice FOISSAC


SÉANCE DU 7 NOVEMBRE 2013


Présidence : M. Foissac


Nouveaux adhérents

- Martine et Patrick Vignon, de Pomponne
- France Marsanne, de Mercuès
- Jean-Claude Lachaize, de Cahors
- L’association Caillac-Patrimoine
- Eather Buttery, de Beaumat

Félicitations

- à Hélène Duthu-Latour, directrice honoraire des Archives départementales du Lot, notre fidèle sociétaire, à qui Étienne Baux, notre vice-président, a remis les insignes de chevalier dans l’Ordre national du
Mérite,
- à Patrice Foissac, notre président, à qui M. le préfet du Lot a remis les insignes de chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques,

Présents : Mmes Alibert, Austruy, Azaïs, Bouat, Deladerrière, Foissac, Royère, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Azaïs, Bouat, Carrère,
Deladerrière, Patrice Foissac, Gérard, Lagasquie, Montaudié, Rigal, Frédéric Rivière, Royère, Sabatier, Serin.

- à Françoise Auricoste, qui a été faite citoyenne d’honneur de Saint-Caprais.

Manifestations signalées

- Les 7, 8 et 9 novembre à Montauban, Espace des Augustins, 8es Journées Manuel Azaña, « La guerre d’Espagne et la France ».
- Lundi 11 novembre, le 39e Salon des collectionneurs, Cahors, Espace
Valentré, de 9h à 18h.
- Le Pays d’art et d’histoire de la vallée de la Dordogne lotoise présente une exposition de sculpture à Carennac (cour du Prieuré) du samedi 26 octobre au lundi 11 novembre ainsi que des stages de
sculpture et de modelage, des ateliers de restauration de murets en pierre sèche dans le cadre du « Mois de la pierre » (réservation obligatoire).
- La Médiathèque du Grand Cahors organise la 14e édition du « mois du film documentaire » sur le thème « Ruralités » avec 29 projections gratuites du 12 au 30 novembre.
- samedi 9 novembre, à Prayssac, « … pour aimer lire », « Des souris et des livres » et la bibliothèque de Prayssac présentent des lectures « Du monde des Lumières au monde de Camus ».
- À compter du jeudi 14 novembre, au Musée des Augustins à Toulouse, exposition « Trésors enluminés de Toulouse à Sumatra ».

Ouvrages reçus

- Jean-Pierre Lagasquie, Pierres en sursis. Voyage à travers l’histoire archéologique du paysage campagnard sur les causses du haut-Quercy,
Cahors, éd. association GS Archéologie du Causse, 2013, 112 p.
- Françoise Auricoste, Claude Lufeaux †, Histoire de Pradines. Le village devenu ville au bord du Lot, éd. Mairie de Pradines, 2013.
- Marc Lagaly, Robert Martinot †, Christian Verdun, La légende du drac et des géants de la Braunhie, Cahors, éd. du Tréboulou, 2013.
- Actes du 4e colloque de la bastide de Puybrun, du 8 juin 2013.
- Philippine Arnal, Femmes d’exception en Midi-Pyrénées, éd. du
Papillon rouge, 2012, 288 p.
- Jean-Claude Bonnemère, Jacques Carral, Nicolas Dargegen et Paul Pourtalet, Sainte-Colombe, mémoire d’un pensionnat, Paris, éd. NSA Bastille, 2013.
- De François Richard, Amable de Baudus (1761-1822), éd. auteur, 2013, tomes 5, 6 et 7.
-
Communications

UN MARCHAND AU MOYEN ÂGE : LES COMPTES DE BARTHELEMY BONIS DE MONTAUBAN (Emmanuel MOUREAU)

Emmanuel Moureau, conservateur des Antiquités et objets d’art de Tarn-et-Garonne, est venu en voisin mais aussi en ami puisqu’il occupe la fonction de secrétaire général de notre consoeur quercinoise, la
Société historique et archéologique de Tarn-et-Garonne. Mais c’est surtout pour ses travaux d’historien médiéviste que nous l’accueillons dans cette soirée où il est venu éclairer un pan de l’histoire économique
quercinoise grâce aux comptes de Barthélemy Bonis, marchand montalbanais, tenus entre 1345 et 1365. Emmanuel Moureau rend d’emblée hommage au remarquable travail de transcription réalisé autrefois par Édouard Forestié, érudit montalbanais, lui aussi ancien secrétaire général de la SHATG, qui lui a permis à travers une traduction de l’occitan de nous livrer une synthèse de ces comptes
sous le titre de cette communication (publiée aux éditions La Louve en 2012). L’auteur nous restitue en premier lieu quelques indications biographiques : Barthélemy et ses frères appartiennent à une ancienne famille de la ville qui va disparaître, comme beaucoup, en cette fin du XIVe siècle marqué par la grande épidémie de peste noire.
Les Bonis vendent de tout à presque tout le monde et Emanuel Moureau, comme il a pu le faire dans son livre, illustre quelques catégories : textile (soieries de Lucques, draps des Flandres, de Normandie ou d’Alès), épices (gingembre, poivre, cannelle, sucre…) et poissons séchés, armes, argenterie, bijoux (nombreux anneaux d’or ornés de saphirs et de grenats), etc. Barthélemy a un frère, Géraud, qui fait fonction d’apothicaire et prépare onguents, électuaires et diverses potions. Cet exposé, clair, rythmé, accompagné de nombreuses anecdotes, a été prolongé par une longue discussion au cours de laquelle notre conférencier a pu préciser et développer de nombreux points. Ceux qui auraient quelques regrets de n’avoir pu assister à cette séance retrouveront dans l’ouvrage cité une partie du plaisir qu’Emmanuel Moureau a su nous faire partager.

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES de la Société des Études du Lot

SÉANCE DU 3 OCTOBRE 2013


Présidence : M. Foissac

Nouveaux membres :

- Jacques Parent, de Payrac
- Annie Patelli, de Cahors
- Monique Malique, de Cahors-Bégoux
- Éric Sacher, de Cahors
- Louis Perot, de Duravel
- Jean-Michel Rivière, de Cahors
- Jacques Bonnimond, de Cahors
- Isabelle Lluis, de Toulouse


Manifestations signalées

- La SEL a participé à plusieurs manifestations importantes en fin d’été et début d’automne : Salon du Livre ancien et moderne de Cahors les 7 et 8 septembre, Journées européennes du Patrimoine, les 14 et 15
septembre, en assurant la traditionnelle visite de nos locaux de l’archidiaconé, et Salon du Livre de Gigouzac le 29 septembre.
- Dans le cadre des animations du Pays d’art et d’histoire de la vallée de la Dordogne lotoise, deux manifestations : « Laissez-vous conter le Musée de l’Automate » le vendredi 4 octobre à 15h, à Souillac et à
Carennac, le samedi 5 octobre à 15h, Mathieu Larribe, directeur du CAUE, présentera « L’évolution des paysages dans le département du Lot ».

* Présents : Mmes Austruy, Azaïs, Dreyfus-Armand, Lufeaux, Royère, Steinmetz ;
Mlle Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Balan, Baux, Deladerrière,
Denjean, Foissac, Frutos, Germain, Linon, Montaudié, Rausières, Rigal, Frédéric
Rivière, Jean-Michel Rivière, Royère, Sabatier, Serin;

- Les Journées de Larrazet (82), les 23 et 24 novembre, auront pour thème « Soldats et civils à l’épreuve de la Grande Guerre ». Le programme a été lu en séance.

Ouvrages et articles reçus

- Paul Cassayre, L’Affaire de Cajarc, s. l., auteur (impr. Grapho12, Villefranche-de-Rouergue), 2013, 111 p.
- Jacques Decros, La Tuilerie de Puy-Blanc, 1877-1986, Figeac,
Association des collectionneurs de Figeac et de ses environs, 2012, 250 p.
- François Sauteron, Le Dénouement. Jean Masbou, un résistant en Quercy occupé, Paris, L’Harmattan, 2013, 178 p.
- « Solidaritat, poèmes de Pierre Derrestre 1889-1954, poète-paysan d’expression lotoise », Bélaye, Gazogène, 2012.
- Roger Austry, Le Quercy rouge. Cinquante crimes de sang en Quercy, 1819-1912, Cahors, Moi, Géné… ? (tiré à part), 2009;
- « La chapelle et le pèlerinage de Notre-Dame du Roc à Sauliac-sur- Célé » et « Chroniques sauliacoises » par l’Association sauliacoise d’animation. Textes parus dans le journal du village entre 1997 et 2010.
[Remerciements à Jean Héreil pour ces deux ouvrages].
- Alain du Fayet de la Tour nous a adressé une nouvelle série de 97 fiches et plans correspondants, concernant 14 communes, ce qui porte le total de sa recension des monuments mégalithiques du Lot (dolmens, pierres dressées ou dalles) à 567 fiches. [Nous présenterons dans un prochain BSEL le remarquable travail de notre sociétaire à qui nousadressons d’ores et déjà tous nos remerciements].

Communications

- LE TROMPE-L’OEIL DANS L’HISTOIRE DE L’ART (Diane HERVÉ-GRUYER).

Notre invitée, Diane Hervé-Gruyer, peintre décorateur en trompe-l'oeil, présente ce soir un parcours atypique puisqu’il n’existe pas en France de formation universitaire générale à cette technique. Après des études d’histoire et histoire de l’art à l’Université de Paris-Sorbonne et l’obtention d’une licence, elle s’est inscrite dans une formation spécifique délivrée par l'IPEDEC (Institut supérieur de peinture décorative de Paris, atelier Yannick Guégan). Depuis, on ne compte plus les réalisations de cette artiste, tant dans la restauration « classique » de monuments civils ou religieux (les Lotois se souviendront de l’église de Labastide-Murat) que dans son domaine de prédilection qu’elle nous présente ce soir. Avec beaucoup d’humour, la conférencière retrace à l’aide de nombreuses diapositives l’histoire du trompe-l’oeil, de l’Antiquité à nos
jours. C’est sûrement à la Renaissance, avec la redécouverte de la perspective, que cette technique obtient ses plus grands succès. Tout le monde a en mémoire les oeuvres de Jan Van Eyck, l’un des maîtres du
genre, et le plafond de la chapelle Sixtine de Michel-Ange. Sans disparaître des tableaux de maîtres, le trompe-l’oeil se fait ensuite plus intimiste et trouve un débouché assez lucratif dans l’ornementation
intérieure des maisons bourgeoises et hôtels particuliers. En ce domaine, il accomplit des prodiges avec des imitations parfaitement réussies de matériaux aussi divers que le bois, la pierre, le marbre, etc.
L’art contemporain l’a remis au goût du jour avec le street art et les grandes compositions murales de nos cités mais aussi avec la prolifération joyeuse des fresques scolaires et des décors de spectacles. À en
juger par les applaudissements nourris qui ont conclu sa prestation, il faut féliciter Diane Hervé-Gruyer de pouvoir concilier avec autant de brio activités artistiques et pédagogiques.



*
* *

Année 2013 : SÉANCE DU 6 JUIN

Présidence : M. Foissac

Nouveaux adhérents
- Andrew Fetherston et Amanda Harris, de New-York
- Etienne et Sylvie d’Alençon, de Cahors

Félicitations
- à notre sociétaire Jean-Pierre Girault, archéologue de renom, fait chevalier des Arts et Lettres le vendredi 17 mai à Carennac. La S.E.L. était, bien entendu, représentée à cet hommage.

Manifestations signalées

- L’inauguration officielle des nouveaux vitraux de la Cathédrale aura lieu le samedi 8 juin à 14h30, en présence des autorités civiles et religieuses.
- Dans le cadre du festival « Cahors juin jardins », l’association le Temps du Livre organise une manifestation « Marché aux livres et aux plantes » à Cahors, place de La Libération, le mercredi 12 juin de 8h à 18h.
- Le Pays d’art et d’histoire de la vallée de la Dordogne lotoise organise dans le cadre de son programme 2013 plusieurs animations gratuites. Vendredi 7 juin à 15h : circuit découverte autour de Vayrac (églises de Saint-Michel-de-Bannières, Bétaille et Vayrac).
* Présents : Mmes Azaïs, Bour, Deladerrière, Delsahut, Dreyfus-Armand, Foissac, Revellat, Royère, Semré, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean, Riba ; MM. Audoin, Auvray, Azaïs, Balan, Baux, Deladerrière, Delmon, Denjean, Foissac P., Foissac R., Gérard, Lemaire, Linon, Réveillac, Royère, Sabatier, Savy, Serin.
- Samedi 8 juin, matin : balade nature et patrimoine à Floirac. Les Films du Genièvre et la Maison de la Dordogne Quercynoise vous invitent à découvrir le film « Les Esclops », un voyage dans le Quercy d’autrefois. Vendredi 14 juin à 20h30 à Sousceyrac et vendredi 28 juin à 20h30 à Floirac (tous renseignements à www.pays-vallee-dordogne.com.)
- L’association « Les Amis de Rocamadour », le laboratoire FRAMESPA de l’Université de Toulouse-Le Mirail et le Pays d’art et d’histoire de la vallée de la Dordogne lotoise proposent les 19 et 20 octobre 2013 à Rocamadour un colloque : « Vierges noires ; leurs cultes et leurs pèlerinages dans l’espace chrétien méridional. ».
- L’écomusée de Cuzals organise son exposition temporaire 2013 sur le thème « Cuisines quercynoises, de l’ordinaire à la gastronomie », sur place du 4 juillet au 29 septembre.
- L’association Latitude nous a communiqué son programme de conférences pour 2013, consultable à la S.E.L.

Ouvrages reçus

- Présentées par Philip Hoyle, Les lettres des frères Blanc.
Témoignages du Front 1914-1917 (Les lettres de Léopold et Émile Blanc à leurs parents à Sauliac-sur-Célé, Lot), 2013. Ouvrage en vente à la S.E.L.
- de Nicolas Savy, Ô mon pays, éd. Archéodrom, 2013.
- les Annales des XXIe Rencontres Archéologiques de Saint-Céré (n°20), 2013.

Communications

LE CLERGÉ CADURCIEN À LA VEILLE DE LA RÉFORME (Patrice FOISSAC)
Un courant historiographique aujourd’hui discuté a attribué le succès de la Réforme à l’insuffisance et aux mauvaises moeurs du clergé : évêques absentéistes, bas-clergé pléthorique, avide et corrompu, réguliers jouisseurs… Cette Réforme a par ailleurs connu des sorts différents selon les régions et les villes. Il importait donc de faire le point à Cahors, ville restée fidèle au catholicisme mais théâtre d’un drame célèbre : le massacre des réformés dit « de la maison d’Auriole » en 1561. Nous sommes dès la fin du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle dans une période de forte religiosité plus que jamais marquée par l’angoisse de la mort. Les Cadurciens pratiquent eux aussi ce que l’on a appelé une « mathématique du salut » compilant pour leurs obsèques un nombre impressionnant de messes de requiem, requérant de véritables cohortes de prêtres (jusqu’à 200), eux-mêmes renforcés de nombreux confrères. Les plus aisés y ajoutent souvent la fondation d’une chapellenie perpétuelle. Le clergé peut-il répondre à cette attente et peut-il la contrôler ? L’absentéisme épiscopal est une réalité mais il ne peut être attribué comme l’a fait l’historiographie locale aux seuls prélats italiens. Le chapitre cathédral devient un enjeu de prébendes et s’illustre par ses chicanes. Le clergé paroissial présente une situation contrastée : des recteurs instruits assistés de vicaires qui déjà le sont un peu moins encadrant une horde de « fils de l’Église », plusieurs centaines de prêtres obituaires ou chapelains. Les réguliers présentent une situation plus contrastée : si Chartreux et Dominicains s’illustrent par leur piété ou leur réforme, les autres ordres sont un objet de scandale public. Quelques progrès faits dans l’étude prosopographique des Cadurciens au XVIe siècle, un nouvel éclairage sur le drame de 1561 s’ajoutant aux sources traditionnelles permettent de mieux cerner le groupe des Cadurciens acquis à la Réforme qui rassemble une partie de l’élite urbaine. Reste la redoutable question de savoir ce qui a permis à Cahors de rester fidèle à la foi catholique ? Le surencadrement clérical ? Le moindre dynamisme économique restreignant le groupe des marchands, catégorie particulièrement sensible aux idées nouvelles ? Ou bien tout simplement la précoce éradication du parti protestant ?

Année 2013 : SÉANCE DU 4 AVRIL

La séance mensuelle du jeudi 4 avril a été remplacée par une séance publique consacrée à la publication des Cahiers de Fanjeaux, actes du Colloque international de Fanjeaux dont la 45ème session était consacrée au pape Jean XXII. Michelle Fournié et Daniel Le Blévec, responsables de la publication et professeurs d’histoire médiévale des universités de Toulouse et Montpellier, ont bien voulu répondre à notre invitation.
C’est devant un nombreux public qu’ils ont présenté l’essentiel des articles et souligné plusieurs avancées de la recherche sur le grand pape que fut notre compatriote.

*

* *

Année 2013 : SÉANCE DU 2 MAI

Présidence : M. Foissac

Nécrologie
- M. P. Bourrières, de Cahors
Nouveaux membres
- Sylviane et Robert Roques, de Cahors
- Gilles Chevriau, d’Arcambal
- Anne-Marie Daudé, de Cahors
- François Péguin, de Lavergne
- Édith Bour, de Gigouzac
- Hélène Péquin, d’Ussel
* Présents : Mmes Azaïs, Bour, Dreyfus-Armand, Foissac, Gérard, Marty, Royère,Serin ; Mlles Alaux, Baumat, Cavaroc, Melki, Raymond ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Balan, Deladerrière, Delmon, Denjean, G. Dreyfus, J. Dreyfus, L. Dreyfus, Foissac, Gérard, Léauthier, Rausières, Royère, Sabatier, Serin;

Manifestations signalées

- Le samedi 8 juin se tiendra Salle des Gardes à Puybrun (8h30-17h30) le 4e colloque de « La Bastide de Puybrun » sur le thème de « Bastides et abbayes ».
- Le Centre de Préhistoire du Pech-Merle présente sa saison culturelle 2013 avec de nombreuses conférences et une manifestation collective, « Coups de calcaire », associant plusieurs sites (programme et renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).
- « Laissez-vous conter Cahors » présente son programme de visites et animations pour la période avril-octobre 2013. Les fascicules sont disponibles à la S.E.L.
- Le musée Rignault à Saint-Cirq-Lapopie présente l’exposition « Rêves d’Orient » jusqu'au 6 octobre, tous les jours sauf le mardi 10h/12h30- 14h30/18h (juillet-août 19h).
- Le vendredi 24 mai à 15h, le Pays d'art et d'histoire de la vallée de la Dordogne lotoise et le Conseil général organisent une présentation du retable du maître-autel de l'église Sainte-Spérie récemment restauré.
- Le samedi 1er juin à 17h aura lieu la « remise au vent » du moulin de Boisse restauré grâce à l’aide des collectivités territoriales et de la Fondation du Patrimoine.

Appel à communications

- La S.E.L. a participé aux travaux du Comité du centenaire de la Première Guerre mondiale et a déposé une demande de labellisation pour un projet de publication dans son Bulletin d’articles consacrés aux Lotois et au Lot dans la Grande Guerre. Il s’agirait de leur réserver le quatrième fascicule de chaque année de commémoration (2014 à 2018).
Toute proposition d’article mais aussi toute communication de documents (correspondances, iconographie) seront les bienvenues.

Ouvrages reçus

- Nous présentons toutes nos excuses à M. Johan Duran pour l’omission tout à fait involontaire de l’ouvrage dont il est l’auteur et qu’il nous a offert, Témoignages pour mieux comprendre la Résistance, 1940- 1944, tome I, Clandestinité. Quercy-Périgord, Anciens combattants du corps-franc Pommiès (CFP), Gourdon, Impr. SCS Aussel, 2010, 280 p. ainsi qu’à Geneviève Dreyfus-Armand qui en avait fait le résumé suivant pour nos « Notes de lecture » : « Par ordre chronologique, sont rassemblés des documents et des témoignages sur l’histoire de la Résistance en France entre 1940 et 1944, tout particulièrement dans le département du Lot. Nombreux fac-similés de documents originaux, souvent inédits. Iconographie et cartes ».

- Le n°45 des Cahiers de Fanjeaux, Jean XXII et le Midi, Toulouse, Privat, 2012.
- d’Édith Bour, « Habiter Gigouzac », livre-recherche. DVD (54 mn). Disponible à la S.E.L.
- de Didier Dubrana, Le Gouffre de Padirac, Gallimard, coll. Horssérie « Découvertes », Paris, 2013.
- La Crosse et l’Autel. Huit siècles d’art sacré à la cathédrale de Cahors, Université de Toulouse II-Le Mirail, Classe de Master Patrimoine 2013.
- de Jean-Marie Cassagne, Mariola Korsak, Villes et villages en pays lotois. Toponymie, éd. Tertium, 2013.
- Vitraux de la cathédrale de Cahors. Chroniques d’une création. 2. La commande artistique, brochure DRAC Midi-Pyrénées, 2013.
- M. Alain Du Fayet de La Tour a déposé à la S.E.L. un colossal travail d’inventaire des mégalithes du département du Lot, sous forme numérique et tapuscrite, auquel nous réserverons dans notre prochain Bulletin la présentation plus détaillée qu’il mérite en raison de son importance pour la préservation et la connaissance de ces sites préhistoriques.

Ouvrages acquis

- Bernard Fournioux, Les notaires ayant exercé en Périgord-Quercy- Limousin aux XIIIe-XVe siècles, 2013.

Communications

- « LIA » (Guillaume DREYFUS).
Les fidèles de nos séances mensuelles ont encore en mémoire la présentation faite par Guillaume Dreyfus de son précédent film « Sur les traces de Dieu. Chronique religieuse d’un village du Lot », Varaire. Ils n’auront pas manqué de s’attendrir au témoignage d’une vieille habitante du village, Lia, récitant encore par coeur, bien plus d’un demisiècle plus tard, les répliques d’une pièce de théâtre à vocation édifiante dans laquelle, jeune écolière, elle jouait un petit rôle. C’est cette figure attachante que Guillaume Dreyfus a choisi de présenter dans un second film qui lui est entièrement dédié. Lia est filmée dans un quotidien qui est resté celui de toute son existence : une ferme traditionnelle du causse de Limogne. Un cadre en apparence immuable d’une austérité à peine atténuée de quelques concessions à la modernité dont l’indétrônable téléviseur que Lia considère d’ailleurs avec une distance amusée… Lia est interrogée sur son passé et évoque bien sûr sans réticence et sans emphase les souvenirs d’une vie rude toute entière consacrée aux travaux agricoles. Elle a connu les affres de périodes difficiles et les inévitables drames domestiques qu’elle livre avec la résignation de ceux qui y étaient hélas préparés. Elle nous rappelle aussi opportunément
que, de ce causse, nombre de quercinois de son voisinage et de membres de sa famille, vaincus par la misère, se sont exilés aux États-Unis où ils ont fait souche. Mais loin de se focaliser sur le seul témoignage, la caméra, aux antipodes des documentaires trépidants d’aujourd’hui, respecte avec bonheur les pauses et les silences du quotidien, accorde leur juste part aux menus gestes de la vie, aux paysages, aux bêtes et aux choses. C’est bien là tout l’intérêt du film : s’attarder pour donner à voir ce que nous sommes peut-être en train de
perdre à jamais : l’environnement, le temps et les mentalités des paysans, un nom que nous hésitons aujourd’hui à prononcer, nous qui ne serons jamais que des « ruraux »…

Année 2013 : SÉANCE DU 7 MARS

Présidence : M. Foissac
Nécrologie
- Mme Bouyssou, de Cahors, épouse de notre ancien administrateur Henri Bouyssou (†).
Nouveaux adhérents
- M. Philippe Carriol, de Saint-Vincent-Rive-d’Olt
- M. Pierre Escudier, de Lacadière-d’Azur (83)
- M. Jean-François Mailhol, de Saint-Pierre-Lafeuille
- M. Pierre Michel, de Saint-Chamarand
- Mlle Leïla Lamorlette et M. Yann Soubigou, de Morlaix (29)
- M. Guy Réveillac, de Livernon

Manifestations signalées

- La séance mensuelle de la SEL initialement prévue le jeudi 4 avril à 20h30, sera remplacée par une séance publique consacrée à la présentation des actes du colloque international de Fanjeaux et du Cahier de Fanjeaux n°45 : « Jean XXII et le Midi » par Michelle Fournié et Daniel Le Blévec, organisateurs du colloque. Salle des Actes du collège Gambetta à 18h30.
- Le CAUE du Lot donne une conférence (entrée gratuite) sur « Les évolutions des paysages de la Bouriane ». Organisée en partenariat avec le Pays Bourian dans le cadre du festival « La vie rurale, c’est pas de la science fiction » [sic]. Mercredi 20 février, 18h, à la maison communautaire à Gourdon (98 av. Gambetta).
- Exposition : « L'eau vive » de Pierre Lasvènes : expérimentations photographiques de Pierre Lasvènes sur l'eau en mouvement.
Cahors, Maison de l'Eau, du 22 février au 10 mars. Entrée libre.
- Conférence «Le collège Pélegry au Moyen Âge » par Patrice Foissac, le mardi 12 mars 2012 à 18h30, salle Henri-Martin (mairie de Cahors).
- Conférences à Prayssac dans le cadre des manifestations du bicentenaire
de la mort du maréchal Bessières, le samedi 16 mars à 14h30, salle Maurice-Faure, « La Garde impériale » par Raymond Foissac et « La bataille de Medina de Rioseco » par Patrice Foissac.


Présents : Mmes Deladerrière, Delsahut, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Gérard, Revellat, Rousset, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Delmon, Denjean, Foissac, Gérard, Germain, Lemaire, Linon, Rigal, Royère

- Conférence « L’habitat paysan et la constitution du paysage au Moyen Âge » par Gilles Séraphin, organisée par le Conseil général du Lot, en partenariat avec la Médiathèque du Grand Cahors le jeudi 28 mars 2013, à 20h30, à l'Espace Clément-Marot de Cahors (entrée gratuite).
Ouvrage signalé
- Le magazine Dire Lot mars-avril 2013, consacre, sous la plume de Nicolas Savy, un article intitulé « La Société des études du Lot à Cahors, une vieille dame toujours jeune et dynamique ». Nous tiendrons nos adhérents informés de l’aimable proposition de la rédaction de consentir un tarif préférentiel d’abonnement aux sociétaires de la SEL.
- De Noël Andrieux : Jean-Baptiste Bessières - Maréchal d’Empire et Les familles descendantes des frères et soeurs du Maréchal Jean-Baptiste Bessières ; études de généalogie ;
contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou auprès de la Société.
- Le n°45 des Cahiers de Fanjeaux, Jean XXII et le Midi, Toulouse, Privat, 2012.
Ouvrages reçus
- de Pierre Brayac, Le Pays de Saint-Céré dans les soubresauts de l’Histoire, éd. de L’Esperluette-Haut-Quercy magazine, 2012.
- de Jean-Luc Obereiner, les numéros manquants de Quercy-Recherche dont nous possédons désormais la collection complète.
- de Didier Rigal, « L’aqueduc antique de Cahors et ses captages », dans L’eau : usages et représentations dans le sud-ouest de la Gaule et le nord de la péninsule Ibérique, de la fin de l’âge du Fer à l’Antiquité tardive (IIe siècle a. C.-VIe s. p. C.), dir. Jean-Pierre Bost, Bordeaux, Aquitania
Supplément 21, 2012.

Communications

GIGOUZAC, PSYCHOSOCIOLOGIE D’UN VILLAGE RECOMPOSÉ (Edith Bour).

Édith Bour nous présente ce soir la quatrième partie d’une thèse de sociologie - qu’elle vient tout juste de brillamment soutenir – consacrée à la disparition ou la remise en cause d’une certaine ruralité et illustrée par un reportage filmé dans son village natal, Gigouzac. Édith Bour laisse la parole à trois groupes d’habitants : ceux qui, présents dans la commune depuis des générations, se présentent euxmêmes comme les « vrais Gigouzacois », les « Gigouzacois rapportés », parents des précédents, et les « néo-Gigouzacois » qui viennent de
s’installer. Cette prise de parole, rarement gênée par la caméra, montre à quel point les anciens du village sont conscients des mutations du dernier demi-siècle : disparition de l’artisanat rural et des commerces de proximité, abandon de l’église et menaces sur l’école communale, disparition programmée des derniers agriculteurs. C’est tout le cadre de vie millénaire d’une communauté qui a ainsi été bouleversé. Il faut bien sûr questionner ce ressenti : la nostalgie dans l’évocation des souvenirs d’antan efface-t-elle une réalité beaucoup moins rose qu’il n’y paraît ? Les « néo-Gigouzacois » sont beaucoup plus réticents à s’exprimer, conscients que la raison de leur venue tient plus dans l’attrait des paysages et la 
« tranquillité » que dans la recherche d’une convivialité villageoise. Malgré les inévitables tensions entre les nostalgiques d’une certaine vie communautaire et les néo-ruraux qui 
«s’enferment dans leur mas, derrière leurs clôtures », des lieux de convivialité nouveaux (bibliothèque) ou préservés (café-restaurant, école, fête votive) laissent espérer la résurrection d’une vraie vie villageoise qui n’aura certes pas grand-chose à voir avec la précédente... Un grand nombre de questions et de témoignages ont prolongé cette très stimulante présentation et montré que nos sociétaires partagent largement les préoccupations des Gigouzacois.

L’ancienne association « Les Amis du maréchal Bessières » s’étant dissoute dans la SEL, nous avons offert à la nouvelle association constituée pour le Bicentenaire de contribuer au succès des commémorations dont voici le programme (susceptible de modifications, se renseigner sur le site www.prayssac.fr qui propose également des solutions d’hébergement).
Programme du bicentenaire de la mort du maréchal Bessières (10, 11 et 12 mai 2013) à Prayssac :

• Vendredi 10 mai

Ouverture de l’exposition* au public qui comprendra : documents, lettres, gravures, tableaux, uniformes, armes, timbres et reconstitution de bivouac (tentes, chevaux, soldats…).
*lieu communiqué ultérieurement

• Samedi 11 mai

09h30 : Messe avec les 110 élèves officiers de l’École Militaire InterArmes (EMIA) de la promotion « Bessières ».
11h00 : Prise d’armes aux Monuments aux Morts puis défilé des élèves officiers de l’EMIA jusqu’à la statue de la place d’Istrie avec musique militaire, hommage au maréchal Bessières.
Art6:2013 15/03/13 08:58 Page7
12h00 : Place d’Istrie, discours : Maire, Préfet, Député, Délégué Militaire Départemental (ou bien le plus haut gradé présent). Vin d’honneur à la mairie.
14h00 : Ouverture du bivouac des reconstitueurs (Rue des Cévennes).
15h00 : Bataille dans Prayssac : troupe autrichienne contre troupe française.
17h00 : Conférence d’Alain Pigeard, Président du Souvenir Napoléonien, docteur en Histoire. Cinéma Louis Malle.
20h00 : À l’Espace Culturel Maurice Faure, repas napoléonien ouvert au public sur réservation.

• Dimanche 12 mai

10h30 : Défilé historique (bivouac place d’Istrie).
11h00 : Bivouac ouvert au public. (Rue des Cévennes)
15h00 : Bataille dans le pré du bivouac. (Rue des Cévennes)
17h00 : Fin de la manifestation.

-------------------------------------------------------------------- 

Année 2013 : SÉANCE DU 7 FÉVRIER

Présidence : M. Foissac
Nouveaux membres
- Catherine et Jean-Paul Haenni, de Montcléra
- Anne-Marie et Jean-Pierre Laroche, de Crayssac
- Daniel Monferrand, de Figeac
- Yvette Masbou, de Cahors
* Présents : Mmes Azaïs, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Delsahut, Duthu, Marrane, Revellat, Rousset, Royère, Talou-Rigal ; Mlle Cavaroc ; MM. Auvray, Azaïs, Delmon, Denjean, Foissac, Gérard, Germain, Lafon, Linon, Marrane, Rigal, Royère, Sabatier, Savy, Serin

Manifestations signalées :

- La SEL représentée par M. Foissac, adhérente de l’association « Le Temps du Livre », a participé à son Assemblée Générale où elle a été officiellement invitée au Salon du Livre Ancien, les 7 et 8 septembre 2013.
- Exposition de Roger Dérieux, Peintures, collages, couleurs vivantes, au Musée Henri-Martin.
- Exposition « Les chantiers emblématiques » sur les découvertes archéologiques lors des chantiers de réhabilitation du Secteur sauvegardé de Cahors. Maison du Patrimoine (mardi, mercredi, jeudi et vendredi matin).
- Conférence de François Thiollet, « Le sens de l’histoire. Enjeux, naissance et philosophie de l’histoire », le samedi 9 février à 16h à Prayssac.
- « On a volé le Te igitur ! » découverte, pour les 8-12 ans, de la ville médiévale de Cahors à travers un livret-jeu de piste animé. Organisé par la Maison du Patrimoine les 20 et 27 février, 6 et 13 mars, à 10h. Prix 3 €, durée 2h30, nombre limité à 15 enfants par atelier, inscriptions réservations Maison du Patrimoine.
Ouvrages signalés
- Le Patrimoine industriel. Terres cuites en Bouriane, poteries et tuileries-briqueteries. Brochure publiée par le Conseil Général du Lot et le Pays Bourian.
- Nicolas Savy présente en souscription son ouvrage « Ô mon pays », correspondance éditée de trois paysans lotois durant la Grande guerre (bon à retirer à la SEL, jusqu’au 13 avril 2013).
Ouvrages reçus
- Claire Taylor, Heresy, Crusade and Inquisition in Medieval Quercy,
York Medieval Press, 2011, vol. 2.
Ouvrages acquis
- Guides Gallimard, « Lot », 2003.

Communications :

ARCHÉOLOGIE, TROIS COMMUNICATIONS (Didier Rigal et Valérie Rousset)

L’étude du Château Vieux de Milhac, entreprise en deux phases, en 2004 par Didier Rigal puis en 2006 par Valérie Rousset, a mis en évidence un site castral établi dans la vallée de la Relinquière et possédé au XIIe siècle par Raymond de Massaut qui le donna à l’abbé de Moissac en 1176. L’occupation dès les XIe -XIIe siècles est attestée par les vestiges d’une tour à laquelle a succédé l’édification d’un logis aux XIIIe-XIVe siècles. Outre de nombreux vestiges maçonnés restituant bâtiments et enceinte, l’étude a concerné un ensemble mobilier, céramique, éléments lapidaires, décors peints… évoquant l’occupation du lieu avant son abandon lors de la guerre de Cent Ans.
Le sarcophage des Vendanges. Conservé à la cathédrale de Cahors, le monument sera profané par les Huguenots en 1580, puis détruit à la Révolution. Il avait heureusement été dessiné par le savant Pierre-Louis de Besombes de Saint-Geniès (1718-1783). Un fragment est conservé au musée de Cahors, six autres seront découverts à la fin des années 1980. Ils étaient remployés, retournés, en guise de dallage dans une maison d’habitation. Il s’agit d’un sarcophage taillé dans un marbre saccharoïde blanc veiné de gris, avec un couvercle à fronton et décoré de sept compartiments sur sa face principale. Les scènes mythologiques côtoient les représentations d’amours vendangeurs cueillant le raisin, le transportant sur une charrette ou foulant la vendange. Sur les bas-côtés, on retrouve des images chrétiennes avec le bon pasteur et Adam et Ève autour de l’arbre au serpent. Il s’agit manifestement d’une production des IVe-Ve siècles dite du Sud-Ouest, également qualifiée d’École d’Aquitaine. Ce monument de grand prix ne pouvait qu’appartenir à un personnage - homme eu femme - de très haut rang social.
Duravel : le Diolindum de la Carte de Peutinger ? Située à l’extrémité occidentale du département, et point intermédiaire de la voie Lyon-Bordeaux par Cahors et Villeneuve-sur-Lot, cette bourgade correspond très certainement au Diolindum de la Carte de Peutinger, itinéraire routier de l’Empire romain. Il s’agit manifestement, au début de l’Empire romain, d’un relais routier permettant aux équipages de prendre du repos et éventuellement de renouveler les montures.
Toutefois, les vestiges architecturaux signalés sur le site, peu abondants et très localisés, mais de qualité, plaident plutôt en faveur d’une résidence aristocratique. Les mosaïques polychromes suggérant même un rattachement à l’Antiquité tardive. Au centre de la plaine, le monument qualifié de Roc de la pile, peut-être un mausolée funéraire, est un édifice circulaire à l’origine. Les sondages qui ont été réalisés permettent de restituer un diamètre de 10 m, (13,6 m avec le podium) et une élévation supérieure à 5 m.

-------------------------------------------------------------------- 

Année 2013 : SÉANCE DU 4 JANVIER

Présidence : M. Deladerrière
Nouveaux membres
- Nathalie Brasilier, de Lagardelle
- Jean-Pierre Calmeilles, de Cahors
- Émeline Chorro, d’Albias (82)
- Jean-Pierre Larrive, de Beauregard

Manifestations signalées :

- Le « Carrefour des Sciences et des Arts » organise un cycle de conférences scientifiques intitulé « Le mardi : les sciences au dessert » avec le 5 février 2013, salle des Actes du collège Gambetta, 20h30, « Les nanotechnologies : l’infiniment petit au service de la santé », le 2 avril « Géologie », le 4 juin « Énergie hydraulique ».
- Conférence, « Le mobilier religieux des XVIe et XVIIe siècles à Cahors », par Nicolas Bru, le jeudi 24 janvier 2012 à 18h30, salle Henri-Martin (mairie de Cahors).
Ouvrages reçus
- La revue Midi-Pyrénées Patrimoine n°32 (hiver 2012), avec un dossier Décors intérieurs dont un article de Pascale Thibault : « Castelnau-Bretenoux, le goût antiquaire de Jean Mouliérat ».

Communications

- LE RENSEIGNEMENT PENDANT LA GUERRRE DE CENT ANS (Nicolas Savy).

 Les municipalités qui dirigeaient les localités fortifiées du sud de la France actuelle pendant la guerre de Cent Ans nous ont légué d’importantes archives qui regorgent de mentions concernant la recherche d’informations d’ordre tactique. En premier lieu, elles mettent en évidence les besoins en renseignement des municipalités, dont le principal souci était, à côté de la sécurité des biens et des personnes, la préservation des activités économiques. Pour satisfaire ces besoins, les conseils communaux utilisaient les flux continus d’informations qui parvenaient jusqu’à leurs villes par des canaux divers, distinguant celles qui présentaient un haut degré de certitude des autres, issues de la rumeur. Les données ainsi récoltées étaient ensuite utilisées suivant cette distinction pour préciser la situation de l’ennemi par de nouvelles recherches : les informations sûres étaient actualisées tandis que les autres étaient vérifiées ; en dernier lieu, des investigations étaient lancées pour combler les zones qui restaient dans l’ombre. La collecte des données se faisait par deux moyens principaux : la correspondance et l’observation, qui étaient souvent utilisés de façon concomitante, les messagers faisant office d’espions et vice et versa. Les renseignements qu’ils récoltaient étaient naturellement partagés, ensuite, avec les autres communautés ou autorités de la région pour leur fournir des données sûres qu’elles pouvaient utiliser pour compléter leurs propres recherches ; cette diffusion était très intense jusqu’à 30 km de distance, mais elle était ensuite, et de la même façon, relayée par les différents destinataires, le résultant étant une transmission rapide, de l’ordre de 50 km par jour, des renseignements sur une large zone géographique. Au final, le renseignement tactique apparaît comme avoir été totalement indispensable aux autorités municipales pour mettre efficacement en place la défense de leurs localités fortifiées tout en préservant au mieux les activités sociales et économiques qu’elles abritaient et dont elles dépendaient.


* Présents : Mmes Azaïs, Deladerrière, Delsahut, Denjean, Duthu, Rousset, Serin ; Mlle Brun, MM. Audoin, Austruy, Azaïs, Balan, Deladerrière, Delmon, Linon, Royère, Sabatier, Savy, Serin.

                                           SÉANCE DU 1er OCTOBRE 2015[1]                                                    

                                                   Présidence : M. Foissac

 

 

Nouveaux membres

 

-          Pierre Louis Crabol, de Bordeaux

-          Éric Gramon, de Bordeaux

-          Christian Landes, de Sainte-Colombe

-          Musée Champollion, de Figeac

-          Brigitte Pern-Levasseur, de Luzech

-          Quercy-Découvertes, de Cahors

-          Claude Soirot, de Blars.

 

Manifestations signalées

 

-          La Société a participé cet été à la Route des Livres de la vallée du Célé, au Salon du Livre ancien et moderne (12 et 13 septembre), elle participera également aux animations autour du transfert du monument-tombeau du sergent Lavayssière à Castelfranc (3 octobre) ainsi qu’à celles organisées en l’honneur de Galiot de Genouillac à Assier sur l’invitation de l’Association des artilleurs (4 octobre).

 

Ouvrages et articles reçus ou acquis

 

- Catherine Lamic, Paroles paysannes du Haut-Quercy. Le pays où pousse la pierre,  Vayrac, éd. Tertium, 2015, 200 p.

-          Edgar Auber, Une insurrection à Saint-Céré au moment du coup d’état du 2 décembre 1851, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2015, 162 p.

-          Les Amis de Lalbenque, Les poilus de Lalbenque. Centenaire de la Première Guerre mondiale, Lalbenque, 2014-2015, 203 p. (don de Lucienne Bach)

-          Collectif, Dordogne au fil de l’eau, une rivière en Quercy. Géologie, faune, flore, pêche bacs, lessives, Brive, éd. Du Ver-Luisant, 2014, 255 p.

-          Jacques Tixier, Méthode pour l’étude des outillages lithiques, Luxembourg, éd. Foni Le Brun-Ricalens CNRA, 2012, 195 p. (don de l’auteur).

-          Dominique Crébassol, Didier Taillefer, « Des jardins au pied des murs », Midi-Pyrénées Patrimoine n°42, été 2015, p. 38-43.

-          Aimé Noël, Figeac d’hier et d’aujourd’hui de l’an 750 à 1980, Aurillac, Imprimerie moderne, 1984, 207 p. (Bibliothèque de Serge Juskiewenski, don d’Étienne Baux).

-          Jean-Pierre Ramel, Journal du commandant de la Garde du Corps législatif de la République française déporté en Guyane, Londres, 1799, 159 p.

-          Françoise Auricoste, Nelly Blaya, Histoire de Gindou, Gindou, éd. Mairie de Gindou, 2015, 253 p.

-          Françoise Auricoste, Histoire de Pomarède, Pomarède, 2015, 293 p. (don de l’auteur)

-          Thierry Crépin-Leblond, Guillaume Fonkenell, Galiot de Genouillac, l’autre vainqueur de Marignan, Paris, Réunion des musées nationaux, 2015, 55 p.

-          Druy de Constant-Scribe, La vie du général baron Ramel, 1768-1815, réimpression de l’édition de 1912, Paris, L. Fournier, Université de Californie, 2015, 180 p.

-          Marguerite Guély, « Les temples dans la vicomté de Turenne en dans le bas Limousin », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 303-327.

-          Jean-Pierre Girault, Marguerite Guély, « Le repaire de Roqueblanque et la motte castrale du Bois-Grand de Besse », Bulletin de la Société historique de la Corrèze, t. 136, 2014, p. 39-64.

-          Jean-Pierre Poussou, « Histoire du vignoble, de la viticulture et de la consommation du vin en France », Actes de l’Académie de Bordeaux, t. XXXIX, 2014, p. 91-127.

-          Jean Dufour, Les évêques d’Albi, de Cahors et de Rodez des origines à la fin du XIIe siècle, Paris, éd. du CTHS, 1989, 92 p.

-          François Cangardel, Catalogue de la bibliothèque de la ville de Cahors, Cahors, Laytou, 1887, 720 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Marcellin Pellet, Émilie Pillias, Léonie Léon, amie de Gambetta, Paris, Gallimard, 1935, Nrf, 304 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Pierre-Barthélemy Gheusi, La vie et la mort singulières de Gambetta, Paris, Albin Michel, 1932, 318 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Raymond Rey, La sculpture romane languedocienne, Toulouse, Privat, 1936, 387 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Distribution solennelle des prix, présidence Delbos, 13 juillet 1942, Lycée de jeunes filles de Cahors, Cahors, Coueslant, 1942, 55 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Jacques Lagrange, Jean Secret, L’abbaye de Chancelade en Périgord contenant le plan de visite, s.l., Office de tourisme Dordogne, 1972, 25 p. (don de la famille de M. Louis Claval).

-          Fabien Lesage, Jean-Claude Maigne, Souillac-sur-Dordogne, histoire d’une confluence, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2013.

-          La ville en bois, construction du viaduc du Boulet dans les années 1880, DVD de la collection « Passeurs de mémoire », Souillac, Maison de la Dordogne quercynoise, 2010.

-          Cérémonie de remise de la « Médaile des Justes parmi les nations » au couvent des Filles de Jésus à Vaylats, deux DVD, Cahors, 2009.

 

Communications

 

« L’OUVERTURE DU LOT AU TOURISME » (Étienne Baux)

 

Notre vice-président prend bien soin de préciser que sa communication s’appuie sur l’un des nombreux mémoires de maîtrise qu’il a eu l’occasion de lire lorsqu’il était en poste à l’université de Toulouse-Le Mirail, en l’occurrence celui de Sophie Trinque (septembre 1996) dont il avait  d’ailleurs fait un compte-rendu étoffé dans notre BSEL. Il souligne immédiatement le poids contemporain de l’économie touristique qui génère plus de 4000 emplois directs avec plus de dix millions de nuitées. Cette activité, devenue un pilier de l’économie lotoise, a déjà un passé qu’on peut faire débuter au milieu du XIXe siècle même si les statistiques restent relativement imprécises avant 1940. L’activité touristique peut précocement s’appuyer sur les trois piliers que sont Rocamadour, Padirac et Alvignac mais elle rencontre aussi des freins non négligeables dans une société rurale conservatrice peu encline à s’approprier d’aussi radicales nouveautés. Il va de soi qu’à l’échelle du pays, elle reste confidentielle et longtemps réservée à la bourgeoisie, la masse de la population n’étant pas vraiment concernée avant 1936 et les premiers congés payés. L’essor des transports routiers, une nouvelle politique tarifaire des chemins de fer, avec des billets touristiques, expliquent le développement progressif du tourisme départemental.

Miers-Alvignac bénéficie assez tôt de la mode des cures thermales. Autour de la source salmière et de ses « eaux sulfatées sodiques », elle ambitionne de devenir le Carlsbad français. Mais, en dépit de la création de la Société des Eaux de Miers et d’investissements importants dans un « complexe thermal » avec hôtels, casino, café-concert, promenades, la progression est lente : 550 curistes en 1835, 1000 en 1876, 1500 en 1907 pour retomber à 1065 en 1938. Classée « ville d’eaux » en 1911, dotée d’un Grand hôtel de la source en 1913 avec ses 45 chambres de luxe, la station thermale stagne avec la concurrence des stations d’Auvergne. Le coup de grâce est donné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le retrait de l’agrément de la Sécurité sociale et la station ferme (définitivement ?) en 1980.

Le sanctuaire de Rocamadour, pourtant jugé « horrible » par Richeprey, est restauré sous Mgr Bardoux par l’abbé Chevalt, architecte diocésain. L’ouverture de la gare, inaugurée en 1862, reliée au village par un omnibus-tramway à vapeur, permet d’amener au sanctuaire touristes et pèlerins. La progression du nombre de visiteurs est spectaculaire : 21 573 voyageurs en gare de Rocamadour en 1905, 25 234 quatre ans plus tard.

Enfin, le gouffre de Padirac, exploré par E. A. Martel en 1889, perd sa réputation de lieu maudit que lui valaient nombre de chutes ou même disparitions suspectes. La création de la Société du gouffre de Padirac – dont la SEL est encore actionnaire ! –, l’arrivée de l’électricité et des aménagements de descente expliquent le bond des visites de 13 000 en 1913 à plus de 100 000 en 1936 !

Le département commence alors à prendre conscience de ses atouts et Armand Viré crée, en août 1917, la première Commission de tourisme, rattachée au ministère de l’Instruction publique. Cette consécration officielle avait été précédée par des initiatives locales dont le premier « Syndicat d’initiative de Cahors et du Quercy » fondé en 1905 par une vingtaine de notables. Toutefois le Lot n’en comptera que neuf en 1939… Le Conseil général se montre également assez timoré et ne va guère au-delà des indispensables aménagements routiers et de quelques subventions aux associations et particuliers. L’ouverture ou le développement de nouveaux pôles dans l’Entre-deux-guerres, notamment autour des cavités (Lacave) et de la restauration de quelques châteaux par de généreux mécènes (Fenaille, Mouliérat), ne parviennent pas à corriger le déséquilibre touristique nord-sud et la relative frilosité des Quercinois.

 

 

                                                                  

                                                                   *

                                                             *          *

 

                                          SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 2015[2]                                                    

                                                      Présidence : M. Baux

 

 

 

Nouveaux membres

 

-          Jacques et Marie-Claude Chopineau, de Pradines

-          Mireille Picard, de Cahors.

 

Ouvrages acquis ou reçus

 

-          Projet de Parc naturel régional des Causses du Quercy, étude socio-économique, avril 1998, (Bibliothèque S. Juskiewenski).

-          Marcelle Capy, Une voix de femme dans la mêlée, réédition, 1° édition en 1916, 2° en 1936, Virieu, Entre-temps éditions, 2015.

-          Gilles Lades, Anthologie des poètes du Quercy, des troubadours à nos jours… Martel, éd. du Laquet, 2001.

-          Nicolas Savy, Bertrucat d’Albret, ou le destin d’un capitaine gascon du roi d’Angleterre, Pradines, éd. Archéodrom, 2015.

-          Benjamin Findinier, Stéphanie Lebreton, Cacher, Coder, 4000 ans d’écritures secrètes, musée Champollion, les écritures du monde.  Catalogue de l’exposition du 10 juillet au 1er novembre 2015, Figeac, éd. Ville, Musée Champollion, 2015.

-          La Source Salmière, l’oasis du Causse ou le mariage thermal de Miers et d’Alvignac les eaux, Brive-la-Gaillarde, éd. du Ver Luisant, 2015. Publication de l’Association Racines.

-          Léonard Liggio, Charles Dunoyer et le libéralisme classique français, Paris, éd.  Institut Coppet, 2014.

-          Gilles Fau, Jean Gasco, Histoire des fouilles, découvertes archéologiques à Roucadour (Thémines, Lot), 1925 – 2000,  Gramat, éd. Association Racines, 2001.

-          A. Hugo, France pittoresque : département du Lot (tiré à part), Paris, éd. Delloye, 1835.

-          Louis Gay, Charles Valéry, Au service de l’agriculture lotoise, Cahors, éd. Imp Dhiver, (1950 ?).

-          Usages locaux traditionnels en vigueur dans le département du Lot, Cahors, éd. Quercy Recherche, réédition de 1899, 1998.

-          Martine Claustre, Pascal Jean, Les tourneurs sur bois de Saint-Cirq-Lapopie,  Concots, éd. Carnet de notes, 1998.

-          Station hydrominérale de Miers- Salmière,  éd. Centre de Tourisme,  années 20 ?

-          Benjamin Philip, Priscilla Malagutti, 14-18 Figeac, Figeac, éd. ville de Figeac, juin 2015.

 

Communication  

 

« JEAN CALVET (1874-1965) » (Docteur Jean Calvet)

 

Un Quercynois quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant personnalité de premier plan que son petit neveu, le docteur Jean Calvet est venu évoquer.

C’est un enfant de Castelnau-Montratier qui lui a consacré, l’été dernier une commémoration chaleureuse. Il a d’abord mené une enfance heureuse, celle d’un petit paysan d’alors, dans une atmosphère de travail et de piété, fréquentant l’école des Frères  où il vécut le rude apprentissage de la vie et des hiérarchies sociales.

Le père accepta son départ, le 1er octobre 1886, pour le petit séminaire de Montfaucon alors pépinière du clergé lotois. La vie y était spartiate, sans feu, en sabots, les vacances rares où il revenait garder le troupeau familial. Il y acquit une maîtrise solide de la langue latine et des humanités classiques, le goût pour l’étude et, en même temps, des habitudes de piété qui guidèrent toute sa vie. Ses qualités lui permirent un succès facile au baccalauréat. On allait alors à Toulouse pour les épreuves et il a raconté que c’est un jeune professeur, Jean Jaurès, qui fut son examinateur en philosophie.

Devenu prêtre après ses années d’études au grand séminaire de Cahors il poursuivit ses études jusqu’à la licence ès Lettres (1897). À 23 ans, il retrouva alors Montfaucon quitté peu d’années auparavant, car on avait besoin d’un professeur de rhétorique. Mais Mgr Énard, son évêque, lui permit de partir pour Paris préparer l’agrégation encore ouverte aux membres du clergé. Après son succès en 1902 il fut nommé professeur à l’Institut catholique de Toulouse.

Déçu par la fermeture et la raideur de ses collègues tout comme des dirigeants de l’Église de France, Jean Calvet sut préserver son indépendance d’esprit dans un contexte très difficile : anticléricalisme, séparation des Églises et de l’État, crise moderniste qui, au sein de l’Église, déchira bien des consciences. Lui-même réprouvait les imprudences des modernistes qui risquaient de vider le catholicisme de son essence même. Cependant, jugé imprudent, il fut renvoyé de l’Institut catholique de Toulouse et, privé de tout emploi, il put grâce à ses amis revenir à Paris et enseigner au collège Stanislas. Après la guerre, dans un climat plus serein, il devint professeur à l’Institut catholique de Paris.

Il s’affirma alors dans de nombreux travaux qui lui valurent sa réputation : une monumentale histoire de la littérature française, une grammaire latine, de multiples articles et conférences. Professeur mais aussi observateur averti de son temps, on lui doit une monographie du diocèse de Cahors en 1904 qui fait toujours autorité. Militant aussi, avec moins de succès, de la cause de l’Unité auprès des anglicans.

Il devint vice-recteur de l’Institut catholique de Paris à son corps défendant, en fait recteur, et réussit à grand peine à maintenir la maison en activité malgré la tragédie du désastre et de l’Occupation. En 1941, il a créé l’Institut supérieur de pédagogie pour l’enseignement libre. Le docteur Jean Calvet a tracé de son grand-oncle un portrait de prêtre fervent, de professeur exigeant et humain, soucieux du quotidien des étudiants. Il fut élevé à la prélature par Mgr Baudrillart.

Il aimait revenir en Quercy auprès de sa famille. Gravement diminué par la perte progressive de sa vue, il ne cessa jamais jusqu’à sa mort en 1965 de recevoir et de témoigner.

Une biographie de Mgr Calvet, récemment parue, sera présentée à notre Société lors de sa séance de décembre.

                                                                                                                      Étienne Baux

 

 

 

                                                                    *

                                                              *          *

 

                                         SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE 2015[3]                                                    

                                                   Présidence : M. Foissac

 

 

 

Carnet

-          Jean-Luc Obereiner, de Labastide-Murat [Nous rendrons dans notre prochain Bulletin un hommage particulier à J.-L. Obereiner, hommage suivi d’un article que notre sociétaire nous avait adressé cet été].

Nouveaux membres

 

-          Jacques Carral, de Saint-Étienne-de-Tulmont

-          Bertrand Valette, de Payrignac. 

.                                

Ouvrages et articles reçus

 

-          Patrice Béghain, Écrivains et artistes en Quercy, Rodez, éditions du Rouergue, 1999, 200 p.

-          Didier Rigal, « Diagnostic archéologique autour de l’église de Guéret », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, t. 60, 2014-2015, p. 409-415.

 

 

Communications

[En raison de l’ordre du jour chargé de l’Assemblée générale, la communication de la séance a été écourtée en accord avec les intervenants ; elle complète celle du mois précédent dont le compte-rendu figure ci-dessus]

« UN MAÎTRE D'AUTREFOIS : MONSEIGNEUR JEAN CALVET (1874-1965 » (Christian Gallot)

Christian Gallot, le biographe de Mgr Calvet, empêché lors de la dernière séance a bien voulu intervenir lors de cette séance, même écourtée par la tenue de l’Assemblée générale, et nous l’en remercions chaleureusement. Il a eu le souci d’éviter, en accord avec le docteur Jean Calvet, les redites de la précédente intervention dont Étienne Baux a fait le compte-rendu. Nous reproduisons la postface de l’ouvrage « Un maître d’autrefois : Monseigneur Jean Calvet (1874-1965) recteur émérite de l’Institut catholique de Paris » paru en 2015 aux éditions L’Harmattan dans la collection « Religions et spiritualité » :

 

« Il est des “Maîtres” d’autrefois dont on ne parle plus aujourd’hui mais qui méritent d’être remis en lumière : c’est certainement le cas de Mgr Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut catholique de Paris.

Professeur de lettres agrégé de l’université, auteur de nombreux ouvrages, dont le célèbre manuel de littérature, critique reconnu, il a été aussi disciple du P. Portal précurseur de l’œcuménisme, cheville ouvrière du rassemblement des écrivains catholiques et représentant d’une société ecclésiastique sur le plan culturel, social et politique.

Se rappeler, grâce à Jean Calvet, un passé dont il a été témoin et acteur, ne peut sans doute qu’aider à mieux comprendre l’évolution de la France catholique. »

 

Ajoutons que l’ouvrage s’enrichit d’une  préface de Mgr Philippe Bordeyne recteur de l’Institut catholique de Paris.



[1] Présents : Mmes Azaïs, Bergounioux, Deladerrière, Dreyfus-Armand, Foissac, Lagarrigue, Marcillac, Mariotto, Pendino, Royère, Serin ; Mlles Brun, Cavaroc, Denjean ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Crabol, Deladerrière, Denjean, Foissac Patrice, Foissac Pierre, Gérard, Réveillac, Roques, Royère, Sabatier, Savy, Serin.

[2] Présents : Mmes Azaïs, Chopineau, Lagarrigue, Pendino ; Mlles Brun, Denjean ; MM Audouin, Austruy, Azaïs, Balan, Baux, Brugnera, Calvet, Chopineau, Conte, Deladerrière, Denjean, Gérard, Linon, Royère, Serin.

[3] Présents : Mmes Bonnemort, Calvet, Delsahut, Dreyfus-Armand-Auvray, Foissac, Lagarrigue, Pendino, Serin ; Mlles Cavaroc, Denjean ; MM. D’Alençon, Auvray, Baux, Brugnéra, Calvet (Jean), Calvet (Robert), de Chalani, Deladerrière, Denjean, Foissac, Genebrières, Gérard, Germain, Le Camus, Linon, Rausières, Réveillac, Royère, Savy, Serin, Vincent.