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– Pierre Brayac, Fleurs de blé noir. Chroniques du Haut-Quercy, 1936-1948, Saint-Cyr-sur-Loire, éditions Alain Sutton, collection « Témoignages et récits », 2003, 127 p.

– Pierre Brayac, Une jeunesse quercynoise, Brive, éditions « Les Monédières », 2009, 265 p.

Dans deux ouvrages, publiés à quelques années d’intervalle, Pierre Brayac, rédacteur en chef de Haut-Quercy Magazine, évoque ses souvenirs d’enfance et de jeunesse dans un village du nord du département du Lot, entre le milieu des années 1930 et la fin des années 1940. Il parle d’un temps, pas si éloigné pourtant, où les jeunes du xxie siècle auraient du mal à se reconnaître : un temps où l’on allait à pied à l’école, même à plusieurs kilomètres de la maison, et où les enfants étaient requis pour aider aux travaux de la ferme.

Avec verve, l’auteur raconte des anecdotes pittoresques ou drôles et essaie de faire revivre une époque révolue. Il restitue une enfance quercinoise dans une famille modeste de paysans et redonne vie – surtout dans le second ouvrage – à de nombreux personnages typiques des villages d’alors : l’épicier-cordonnier, le sabotier-carillonneur, le curé et sa bonne, les bigotes – les menettes, du patois meneta – les instituteurs ou l’inspecteur de l’enseignement primaire. Il se souvient que son maître d’école a convaincu ses parents de le laisser aller au collège. 

Alors que le second ouvrage évoque le quotidien rural avec ses jeux et coutumes – les fêtes votives ou le rugby –, les personnages emblématiques des villages et l’omniprésence des animaux – domestiques, gibiers ou prédateurs –, le premier livre est davantage centré sur les souvenirs de l’auteur : la découverte de la première langue étrangère, le français, en octobre 1937, les chemins de l’école, la guerre lointaine puis proche, la proximité avec les bêtes – une chienne, un âne, la vache du curé, les rapaces, les frelons – ou la fête du cochon et la moisson du blé noir, le sarrasin. C’est aussi le souvenir des jeux parfois dangereux occasionnés par la guerre et de la présence à la ferme, entre le 9 juin 1944 et le 15 août suivant, d’un groupe de maquisards, admirés par les enfants.

À dessein, l’auteur retranscrit des dialogues en patois, qu’il traduit fidèlement, et utilise nombre de termes occitans qui donnent du sel à ces évocations. Des petits lexiques sont régulièrement introduits. Ainsi, la sonorité de ces souvenirs est-elle présente pour donner un tableau certes subjectif, mais attachant, et assez représentatif de la vie rurale dans le Quercy de cette époque.

– Pierre Brayac, Le Pays de Saint-Céré dans les soubresauts de l’Histoire, [Treignac]éditions de L’Esperluette et [Prudhommat], Haut-Quercy Magazine, 2012, 478 p.  

En 39 chapitres, dans un ouvrage récent, le même auteur retrace l’histoire du Pays de Saint-Céré depuis le haut Moyen Âge jusqu’à l’année 2012. Abondamment illustré, l’ouvrage est le plus souvent structuré de manière identique : une introduction historique générale, nationale, suivie d’un aperçu du contexte lotois puis d’une présentation de l’histoire du Pays de Saint-Céré. Les titres des publications utilisées sont cités en fin de chapitre, ainsi que le recours aux archives départementales ou municipales, sans toutefois que les cotes de ces dernières soient précisées, et on le regrette. Ce livre se veut une vaste chronique sur Saint-Céré et sa région au travers des siècles.

Geneviève DREYFUS-ARMAND