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Pascal Riviale, Christophe Galinon, Une vie dans les Andes. Le journal de Théodore Ber (1864 – 1896), Paris, Ginkgo éditeur, 2013.

C’est la découverte, dans les premières années du XXIe siècle, de volumes manuscrits représentant plus de 3 000 pages et de quelques imprimés datant également de la seconde moitié du XIXe siècle, qui a permis de faire émerger la figure haute en couleurs de Théodore Ber, Figeacois d’origine. Ces écrits rescapés et déposés récemment dans le service des archives de la ville de Figeac sont la base de cet ouvrage, dû à Pascal Riviale, américaniste, chargé d’études documentaires auprès des Archives nationales, et à Christophe Galinon, archiviste de la sous-préfecture lotoise.

Les deux auteurs ont choisi les passages les plus intéressants et significatifs de l’abondante prose laissée par Théodore Ber, organisés autour de grands thèmes et ordonnés de manière chronologique. Au-delà de la personnalité de Ber, les auteurs présentent en introduction les courants d’émigration partis du département du Lot vers l’Amérique latine, et le Pérou en particulier, dans la seconde moitié du XIXe siècle. 

Fils d’un tailleur installé à Figeac, Théodore Ber nait en 1820 et fréquente le collège de la ville, puis habite un temps chez son père à Decazeville. Après avoir appris le métier de tailleur et effectué son tour de France, il s’installe à Paris comme commis marchand. Fervent républicain, il participe aux journées révolutionnaires de 1848 et, vers 1860, émigre au Chili puis au Pérou. Il y exerce divers métiers avant de devenir professeur de français dans différents collèges et dans des familles aisées. Après un bref retour en France en 1870 et 1871, il repart au Pérou, devient journaliste puis se consacre à des fouilles archéologiques, missionné un temps par le ministère français de l’Instruction publique et travaillant également pour des musées américains. Il réside ensuite dans la nouvelle colonie de La Merced, sur le piémont amazonien des Andes, où il exerce les fonctions les plus diverses – de régisseur d’hacienda à juge de paix – avant de terminer sa vie à Lima en 1900.

Dans un travail d’écriture quasi quotidien, Théodore Ber relate sa vie tumultueuse tout en se faisant un observateur curieux de la société dans laquelle il était amené à vivre, notamment des Français émigrés au Pérou. On ne sait par quel biais son journal est revenu à Figeac comme il le souhaitait vivement. Sa prose est vivante, directe et témoigne d’un esprit curieux et ouvert.

Cet ouvrage concernera aussi bien les lecteurs intéressés par l’émigration lotoise outre-Atlantique que ceux attirés par la vie quotidienne dans le lointain Pérou dans le premier siècle de son indépendance. En 2014, les auteurs ont également proposé au public du Musée Champollion une exposition temporaire à succès intitulée 40 ans dans les Andes. L’itinéraire oublié de Théodore Ber (1820-1900).

                                                                                  Geneviève Dreyfus-Armand