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SÉANCE PUBLIQUE DU 3 DÉCEMBRE 2016                 

                                 « La mobilisation de 1914, contre-enquête »

 

Frédéric Rousseau que nous avons le plaisir d’accueillir en séance publique annuelle nous est présenté par Geneviève Dreyfus-Armand qui le connaît bien pour avoir souvent collaboré avec lui dans les divers domaines de l’histoire contemporaine et autour des enjeux actuels des sciences humaines et sociales. Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry Montpellier III, Frédéric Rousseau est devenu un spécialiste reconnu des conflits, en particulier de la Première Guerre mondiale sur laquelle il a publié de nombreux ouvrages dont les plus connus sont La Guerre censurée et Le Procès des témoins de la Grande Guerre. Il est aussi – pour s’en tenir au premier conflit mondial – avec Rémy Cazals l’un des animateurs du CRID 14-18, Collectif de Recherches International et de Débats, dont nous avions apprécié le dynamisme en présentant à nos sociétaires l’ouvrage 500 témoins de la Grande Guerre.

Frédéric Rousseau admet le caractère un peu provocateur du titre qu’il a choisi face à la thèse fort répandue – une vulgate dit-il – du « consentement massif » des sociétés pour partir à la guerre et y rester. Sur quels témoignages, sur quels faits, les promoteurs de cette thèse peuvent-ils l’asseoir ? Il est vrai que les mobilisations se passent parfaitement, que cette guerre très mortifère dure, que les insoumissions sont plutôt rares même si elles sont minimisées. Est-ce la conséquence du patriotisme ou bien celle de l’efficacité de l’appareil de contrainte des États ? F. Rousseau ajoute un autre problème à résoudre : peut-on déduire les sentiments, les motivations des acteurs sociaux de la simple observation de leur comportement collectif ?

 Pour répondre à ces questions, il se propose, en trois temps, de « retrouver les acteurs » et surtout inscrire leurs choix ou non-choix dans la durée en les considérant comme un processus, sans oublier d’inscrire ces acteurs dans leurs « mondes sociaux » car on ne se mobilise pas de la même manière selon le milieu – et le sexe, n’oublions pas les femmes – auquel on appartient. Les témoignages ont  été d’emblée bien plus nombreux dans les milieux instruits, bourgeois, intellectuels, militaires, où le rapport à l’écrit est plus facile. Mais au fil du temps ont émergé des récits, en particulier dans les correspondances, issus de milieux plus populaires dont on apprend beaucoup. C’est grâce à ce corpus dont la constitution est toujours en cours que l’on peut entamer la discussion de la thèse dominante. Et tout d’abord en commençant par le succès de la mobilisation car les états-majors, pessimistes, escomptaient un taux d’insoumission assez élevé, de l’ordre de 13%, alors qu’il n’a jamais dépassé les 1,5%. Le sentiment patriotique est-il le facteur déterminant de ce succès ? F. Rousseau exprime ses doutes en constatant que les mobilisations ont réussi dans des pays où le sentiment national restait encore fragile voire contesté : Russie, Italie et Autriche-Hongrie notamment. Le tableau qui ressort des témoignages est beaucoup plus complexe. Les « mobilisateurs » sont bien préparés et réagissent très vite ; l’armée d’active est sous pression plus tôt que ce que l’on avait imaginé, les forces de l’ordre et de contrainte sociale omniprésentes. Par ailleurs, la mobilisation survient de façon très brutale, c’est une mobilisation générale et donc un choc, un « état d’exception émotionnelle » inédit. Elle est également reçue en public, en foule, en communion avec l’ensemble de la population et là le jeu social peut imposer des attitudes et comportements théâtralisés ou du moins convenus. Chaleur, alcool, émotion jouent aussi un rôle certain. Il n’y a pas de place pour le moi, pour le « je » : l’individu est happé, englouti par le collectif et la lecture des premières lettres ou carnets en témoigne. Il est quasiment impossible de s’extraire de ce collectif et du conformisme social, il n’y a pas de dissidence possible. Aucun choix véritable n’est offert à l’individu, c’est ce que Frédéric Rousseau appelle plaisamment « l’effet piste noire » : comme en haut d’une piste de ski difficile, lorsque l’impulsion est donnée, il faut descendre et peu importe la manière. Tout cela produit un sentiment d’unanimisme que beaucoup trop d’historiens ont accepté sans vraiment l’analyser. Dans ce contexte, il est simpliste de se demander pourquoi les soldats n’ont pas déserté même si certains l’ont fait, notamment en permission. Déserter « vers l’avant », se rendre est tout aussi risqué : le bon accueil n’est pas garanti ! F. Rousseau évoque des Lotois, les frères Blanc, dont l’aîné, Léopold, tente d’abord de rassurer ses parents mais assez rapidement, cherche à échapper aux tranchées et réclame à ses parents un moyen de se rendre malade. Mais le père, effrayé, refuse d’accéder à sa demande. Non pas parce qu’il n’aime pas son enfant mais parce qu’il redoute vraisemblablement le poids du regard des autres dans ce monde rural où tout le monde se connaît et s’épie. Ne pas participer à la guerre est une menace qui pèse sur l’ordre social, même et surtout dans les milieux bourgeois. Avant de conclure, le conférencier tient à évoquer les femmes. Toutes sont mobilisées mais pas de la même manière ; les paysannes sont accaparées par le travail des champs mais les femmes de la bourgeoisie ou de l’élite intellectuelle s’adonnent aux « bonnes œuvres » réaffirmant leur position, étant digne de leur rang. Là aussi le contrôle social joue son rôle.

De nombreuses questions prolongent la communication. La première demande est de revenir sur la vulgate historiographique si souvent citée : consentement patriotique, haine de l’ennemi, esprit de croisade, les trois formant une « culture de guerre » ; la guerre aurait « ensauvagé » les hommes et ainsi préparé les grandes catastrophes du XXe siècle dont la Seconde Guerre mondiale et ses génocides. Cette vulgate est extrêmement présente aujourd’hui dans les magazines, les manuels scolaires, sans contrepartie historiographique, sans évocation des débats en cours. À une autre question posée sur la soi-disant « brutalisation » des sociétés, le conférencier répond en citant les nombreux comportements pacifistes ou tout simplement humains chez les belligérants. Dans l’ennemi les soldats du front se voient en miroir et les témoignages de haine ne sont exprimés à la marge que par ceux qui restent loin des misères des tranchées. Pour lui, les violences de l’Entre-deux-guerres souvent évoquées à l’appui de cette thèse ne sont que la conséquence de problèmes politiques ou sociaux non résolus et certainement pas celle d’une pathologie collective. D’autres questions soulèvent la question des rapports avec l’arrière, le rôle des instituteurs dans la préparation du conflit, la place des femmes, épouses ou mères. Elles témoignent de l’intérêt soulevé par cette communication. Nous conclurons avec le conférencier que la lecture du plus grand nombre possible de témoignages sur la durée de la guerre reste absolument indispensable pour éviter clichés et caricatures. Un grand merci à Frédéric Rousseau pour avoir libéré, dans un emploi du temps très chargé, un moment pour notre Société.

                                                                                                                  Patrice Foissac


Frédéric Rousseau au micro en compagnie de Geneviève Dreyfus-Armand

 

SÉANCE PUBLIQUE DU SAMEDI 5 DÉCEMBRE 2015

 

« L’année 1815, la fin de l’Empire et l’arrestation du Maréchal Ney dans le Lot »

En cette année 2015, nous avons souhaité nous souvenir d’un bicentenaire quelque peu oublié, celui de la chute de l’Empire et de la Restauration. Jean-Pierre Baux, l’un de nos distingués sociétaires, officier supérieur de gendarmerie et spécialiste d’histoire militaire, nous ayant aimablement proposé de nous entretenir en séance de l’arrestation du maréchal Ney dans le Lot, au château de Bessonies, il nous a paru opportun de plutôt lui consacrer notre séance publique annuelle.

« “Le Brave des braves”  face à son destin », tel est le sous-titre choisi par le conférencier pour illustrer la destinée tragique de celui qui fut fusillé le 7 décembre 1815, il y a deux cents ans presque jour pour jour, place de l’Observatoire à Paris, pour avoir trop hésité entre deux fidélités, celle jurée à Napoléon, auquel il devait tout et qu’il avait loyalement servi au péril de sa vie, et le serment prêté à Louis XVIII d’arrêter « Buonaparte », l’usurpateur. Pour bien marquer la gravité exceptionnelle du moment, Jean-Pierre Baux nous fait d’emblée revivre l’émouvante scène de l’exécution par la lecture d’un extrait de l’ouvrage « Les derniers feux » de Louis Garros. La mort courageuse du maréchal frappe les esprits : il refuse qu’on lui bande les yeux et lance : «  Ignorez-vous que depuis vingt-cinq ans, j’ai l’habitude de regarder en face les balles et les boulets ? » Et, lorsque les fusils s’abaissent, il porte sa main droite au cœur et commande : « Camarades… Faites votre devoir, frappez là ! ».

L’orateur revient sur la carrière fulgurante de Michel Ney qui est celle de tous ces maréchaux d’Empire d’origine populaire passés par l’armée royale et que les guerres de la Révolution distinguent rapidement, souvent plus par leur intrépidité que par de véritables qualités militaires, à l’exception notable de Davout et quelques autres. En dépit de réticences politiques – il a servi sous Moreau –, Ney se rallie à Napoléon qui le range dans la première promotion de maréchaux le 18 mai 1804. Placé à la tête du 6e Corps au camp de Boulogne, Ney remporte la bataille d’Elchingen au début d’une campagne qui s’achèvera par le triomphe d’Austerlitz ; ce sera son premier titre ducal. Il participe à la plupart des grandes batailles de l’épopée impériale mais se couvre de gloire en Russie lors de celle de La Moskowa, dont il est fait prince, et plus encore au cours de la retraite où il fait le coup de fusil avec les survivants de la Grande armée. Rallié avec les autres maréchaux à Louis XVIII, son destin bascule lorsque, le 7 mars 1815, Napoléon débarque à Golfe Juan et entame sa marche vers Paris, le « vol de l’aigle ».

Jean-Pierre Baux marque alors une pause dans la biographie du maréchal Ney pour évoquer le contexte de la Première restauration dans une France qui aspire à la paix – et on se souvient alors du tableau qu’en avait fait Étienne Baux lors du 59e Congrès de la FHMP dans cette même salle, « Insoumis et déserteurs en Quercy sous le Premier Empire ». Louis XVIII fait preuve d’une certaine modération en dépit des exigences des « ultras » et procède à une épuration très limitée de l’administration impériale ; ainsi les maréchaux, dont Ney, sont nommés pairs de France. Le nouveau régime n’en reste pas moins impopulaire par les exigences des émigrés, le retour du drapeau blanc, la hausse des contributions indirectes pour financer l’occupation alliée.

Rappelé en urgence le 6 mars, Ney est placé à la tête des troupes chargées de barrer la route de Napoléon. Le maréchal, pour son malheur, se laisse aller à une déclaration de fidélité enflammée au roi qui le reçoit, lui promettant de ramener Bonaparte « dans une cage de fer » ! Arrivé à Besançon pour prendre son commandement, il récidive par une autre déclaration imprudente : « Le débarquement de Bonaparte est un évènement heureux pour la France : ce sera le cinquième acte de sa tragédie. » Laissé sans ordres, comprenant la profonde réticence des troupes à combattre leur ancien chef, Ney hésite et, finalement, approché par un émissaire impérial porteur d’une lettre de Napoléon, change de camp.

On connaît la suite, l’arrivée tardive de Ney devant Waterloo, ses lourdes erreurs tactiques sur le champ de bataille mais aussi son courage lorsque la défaite se dessine : « venez voir comment meurt un maréchal de France ! » Le destin de Ney semble rapidement scellé quand Louis XVIII publie de Cambrai  sa première proclamation : « Le sang de mes enfants a coulé par une trahison dont les annales du monde n’offrent pas d’exemple. Je dois donc excepter du pardon les instigateurs et les auteurs de cette trame horrible : ils seront désignés à la vengeance des lois par les deux chambres que je me propose de rassembler incessamment. » Ney fuit Paris le 6 juillet sans sa femme déjà réfugiée chez sa nièce à Bessonies. Entre temps, la liste des proscrits dressée par Fouché, même réduite à 37 noms par le toujours magnanime Louis XVIII, place Ney en tête des personnes à arrêter. Caché à Saint-Alban, près de Montbrison, Ney hésite à passer en Suisse et rejoint finalement Bessonies. C’est là qu’un concours malheureux de circonstances, des indiscrétions et maladresses, peut-être de Ney lui-même, font remonter la nouvelle de sa présence au préfet du Cantal tout proche qui missionne une troupe de gendarmes pour aller procéder à l’arrestation du maréchal. Ce dernier, sans doute lassé de fuir ou inconscient du danger qui le guette, n’oppose aucune résistance lorsque, le 3 août 1815 au petit matin, le détachement de gendarmes se présente au château. D’Aurillac, Ney est ramené à Paris où il arrive le 17 août. S’ensuivent plusieurs jugements : celui du Conseil de guerre présidé par Jourdan après le courageux désistement de Moncey, celui de la Chambre des pairs après la déclaration d’incompétence du Conseil de guerre. Malgré les efforts désespérés de la maréchale, la mansuétude du jeune duc de Broglie, la sentence de mort est votée par 128 voix (dont celle de ses anciens compagnons, les maréchaux Sérurier, Kellermann, Pérignon et Marmont…)

Nous connaissons le dénouement et l’orateur laisse le mot de la fin à Napoléon qui apprend la tragique nouvelle à Sainte-Hélène : « C’est une faute de l’avoir laissé exécuter, car on vient d’en faire un martyr. Or c’était un brave homme et un homme brave, voilà tout. Il ne fallait pas lui demander des choses qui le dépassaient, j’en ai fait moi-même l’expérience… »

Félicitons Jean-Pierre Baux pour cette dynamique et riche conférence. Les lecteurs du BSEL auront le plaisir de le lire dans notre prochain numéro ; ils pourront également retrouver la période évoquée grâce aux recherches de M. Max Aussel qui nous offre un épisode tout à fait croustillant des tensions entre « impériaux » et royalistes à Montfaucon. 

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SÉANCE PUBLIQUE DU 6 DÉCEMBRE 2014

« Le Quercy au crépuscule du Roi-soleil »

 Notre invité, Patrick Ferté, professeur à l’Université de Toulouse II-Jean Jaurès, est un historien moderniste bien connu des  Cadurciens pour avoir consacré ses premières recherches à l’Université de Cahors dont il évoque « le coma au siècle des  Lumières » dans son mémoire de maîtrise soutenu en 1974. Il prolonge cette étude par un doctorat en histoire obtenu en 1979.    Pionnier des études prosopographiques, il va bientôt achever une entreprise qualifiée par Pierre Julia de « travail de bénédictin »,  le  Répertoire prosopographique des étudiants du Midi de la France dont le tome 2 est consacré au diocèse de Cahors.

 Ce n’est pourtant pas des étudiants que P. Ferté vient nous entretenir aujourd’hui mais d’un travail de recherches entièrement  consacré à La grande Généralité de Montauban sous Louis XIV d’après le Mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne (1699)  et  son complément par A. Cathala-Coture (1713), couronné par l’édition au CTHS de deux forts volumes. Dans la première partie  de  son exposé, l’auteur nous retrace la genèse de l’ouvrage : une enquête initiée par le duc de Beauvillier et l’illustre Fénelon, le  « cygne  de Cambrai », pour parfaire l’instruction du dauphin, le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Il s’agit d’aider le futur  roi à avoir  une connaissance synthétique de son royaume grâce au rapport de chaque intendant, l’agent royal placé à la tête de la  plus  importante des divisions administratives du royaume, la Généralité. Celle de Montauban, créée en 1635, couvre alors,  rappelons-le,  le Quercy, le Rouergue, la Gascogne et le pays de Foix avant d’être ramenée au XVIIIe siècle au Quercy et au  Rouergue. C’est  l’intendant Le Pelletier de La Houssaye (1663-1723), futur contrôleur général des finances, qui va dresser l’un des tableaux les plus  dynamiques des paysages, ressources humaines et économiques de sa circonscription. Mais il sera  reproché à La Houssaye d’avoir négligé l’enquête historique et le nouvel intendant, Le Gendre, charge un « obscur juriste érudit », Antoine de Cathala-Coture de combler cette lacune. Notre érudit se lance alors, dix ans durant, dans une investigation démesurée depuis la nuit des temps qui aboutit en 1713 à un mémoire manuscrit de près de 900 pages resté malheureusement enfoui dans les tiroirs des bibliothèques (dont celle de Cahors) jusqu’à ce que Patrick Ferté en exhume les exemplaires survivants et les étudie dans une édition critique. Le conférencier invite les auditeurs quercinois à ne pas confondre ce « premier » Cathala-Coture, Antoine, avec son fils Jean, auteur d’une plus célèbre Histoire politique, littéraire et ecclésiastique du Quercy (1788) nourrie des recherches paternelles.

Après ces indispensables précisions méthodologiques, le conférencier nous livre quelques extraits des nombreuses observations relevées tant par La Houssaye que par Antoine de Cathala-Coture – leur proximité chronologique étant relativisée par le terrible hiver de 1709 –, toutes limitées au territoire actuel du département du Lot, c’est-à-dire aux élections de Cahors et Figeac, la vicomté de Turenne étant fiscalement hors du territoire étudié. Les premières informations intéressantes sont d’ordre démographique : l’intendant se livre à une estimation de la population urbaine qui accorde à Cahors 8 000 habitants, Figeac 3 000, Lauzerte 2 500, Gourdon et Martel 2 000, etc. Ces estimations parfaitement étayées par d’autres études montrent le sérieux de l’enquête. Le goût pour la statistique va ainsi s’étendre au bétail, aux charrues (2 500 pour l’élection de Cahors), aux récoltes. L’enquête insiste sur les productions, elle souligne dans les deux élections l’insuffisance de la culture du « bled » (même dans celle de Cahors « il suffit à peine pour la nourriture des habitans [sic] de l’élection ») mais relève la bonne santé du commerce des vins « qui descendent par le Lot et la Garonne à Bordeaux » depuis les grands travaux réalisés sous Colbert ou bien, dans le Figeacois, le commerce des toiles de chanvre. L’intendant insiste à plusieurs reprises sur la faiblesse des ressources et leur précarité, ainsi la culture du safran ou celle du « redoul » (coroyère à feuille de myrte) dont il rappelle qu’il se faisait « un débit assez considérable non seulement dans le royaume, mais aussi pour les pays étrangers. Comme la guerre a interrompu le commerce, on a fort négligé cette plante ». Patrick Ferté développe particulièrement cet aspect et accorde ensuite une large place au témoignage de Cathala-Coture sur les difficultés rencontrées par les Quercinois à la suite du « grand hiver » de 1709 qui s’ajoute à la guerre de Succession d’Espagne et sa pression fiscale. Il faudra un siècle pour que les cultures fruitières s’en remettent enfin. Interrompant cette litanie des productions agricoles et du commerce, le conférencier signale une originalité qui ne manque pas de surprendre l’assistance : la description détaillée (sans les peintures) de la grotte du Pech-Merle que l’on croyait découverte en 1922 seulement.

Chaleureusement applaudi, Patrick Ferté, répond ensuite à de nombreuses questions de la salle sur la faiblesse de l’émigration quercinoise comparée à celle de nos voisins rouergats, la richesse du fonds ancien de la Bibliothèque municipale, la différence entre foyers fiscaux et foyers réels, etc.

Nous remercions l’orateur qui a su passionner une salle très honorablement peuplée, le tout sans projeter la moindre image, ce qui n’est pas un mince exploit. Pour nos lecteurs et sociétaires qui souhaiteraient approfondir la question, signalons que l’ouvrage de Patrick Ferté est disponible en librairie ou en commande sur le site de l’éditeur : http://cths.fr/ed/selec.php?sc=ed